La web-TV de La voix des Rroms

vendredi, janvier 29, 2010

Bonnes nouvelles de Montreuil

Nous avions promis de vous tenir au courant des développements concernant les quelques familles rroms qui, le 4 décembre 2009, occupaient une maison vide au 83, avenue du président Wilson à Montreuil (93). La solidarité des montreuillois, qui avait rendu possible ce relogement par une réquisition citoyenne, s'est poursuivie dans la mise en état de cette belle maison volontairement dégradée par le propriétaire pour empêcher un squat. Cependant, cette solidarité n'avait pas permis d'assurer la fourniture en eau des habitants. 

Hier, 28 janvier, nous nous rendions tous au service administratif de la mairie de Montreuil; les habitants de la maison, des membres de La voix des Rroms et certains des montreuillois qui ont toujours été à nos côtés pendant les dernières semaines. Notre objectif: faire installer l'eau à la maison. 

Les agents de sécurité nous ont vigoureusement bloqué l'accès à l'étage, au service concerné. Nous nous retrouvions donc au rez-de-chaussé, où des responsables municipaux et des élus nous ont rejoints. Quelques policiers, visiblement agités communiquaient à l'extérieur à l'aide de leurs radios et téléphones portables. Une délégation de cinq personnes partait quelques temps après vers la mairie pour discuter. Evidemment, on nous a reproché notre méthode et même informés que les agents déposeraient plainte parce qu'ils auraient reçu des coups. Ayant été présents, nous infirmons ces allégations, mais notre parole ne convainc pas. Avec quelque mal, nous arrivons quand même à nous concentrer sur le sujet: l'eau. On nous répète à nouveau que ce n'était pas sous la pression que nous obtiendrions satisfaction. Nous informons alors les présents que, toujours aux services de la mairie, nous nous sommes rendus à 5 reprises avant de pouvoir déposer des dossiers pour scolariser 4 enfants, voici 3 semaines. Une élue devrait nous appeler pour poursuivre la procédure dans les 2-4 jours, et nous n'avons toujours pas de nouvelles. Une certaine ouverture s'annonce de la part de la mairie, et rendez-vous est pris pour ce matin vendredi.

Aujourd'hui, les discussions sur la méthode utilisée la veille ont fait encore office de préliminaire. Un habitant répond alors qu'il s'était déjà présenté seul, accompagné uniquement de ses enfants à la mairie, et que les agents de sécurité l'ont repoussé. Le directeur des services prend note et assure qu'il donnera les instructions nécessaires aux agents pour que cela ne se produise plus. Nous passons donc aux sujets évoqués hier et apprenons que:
1. Mme. la maire prendrait cet après-midi un arrêté afin que la compagnie des eaux ouvre la vanne et qu'enfin les Rroms du 83, avenue du Pdt. Wilson puissent avoir l'eau à leur domicile.
2. Le processus de la scolarisation des enfants s'accélèrera et tous seront scolarisés dans les écoles de la ville.

Voilà donc un certain progrès après lequel nous pouvons souhaiter à nos interlocuteurs municipaux bonne chance aux élections régionales qui approchent. 

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mercredi, janvier 27, 2010

Auschwitz 1945 et Clichy la Garenne 2010


Le même jour qu'on commémore les victimes du camp d'Auschwitz, où entre autres 21.000 Rroms trouvèrent la mort, on expulse 83 Rroms à Clichy la Garenne, parmi lesquels des enfants et des vieillards. Des uniformes ont agi il y a 65 ans, des uniformes agissent aujourd'hui aussi. En 1945,  l'Armée Rouge libère ceux qui étaient encore vivants à Auschwitz. En 2010, 60 policiers et CRS français chassent 60 Rroms aux portes de Paris, qui sont encore bien vivants.
Nous sommes le 27 janvier 2010, et nous commémorons le 65ème anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz. "Cette commémoration est un devoir d'humanité", a déclaré le président Sarkozy dans un message lu pendant la cérémonie à Auschwitz. Sans doute, l'envoi de la force publique à Clichy la Garenne était l'autre face de la médaille, "un devoir de fermeté". Humain pour le passé, ferme dans le présent, voilà ce qu'est le pouvoir français, qui aime à chaque instant dire "fermeté et humanité". Merci à tous ceux et celles qui l'ont choisi et qui le maintiennent en place, par leur vote, par leur voix, par leur silence ou par autre chose.


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dimanche, janvier 24, 2010

Chronique de complicités dangereuses


Le 24 décembre 2009, le vice président de la Ligue des Droits de l’Homme laissait entendre dans un article du quotidien l’Humanité que le placement de Rroms dans des dispositifs de prise en charge pourrait être un but légitime d’expulsion de leurs lieux de vie. Cet article faisait écho à un communiqué signé par une vingtaine d’associations, pour la plupart membres du collectif Romeurope.

Puisque les « dispositifs de prise en charge» par excellence depuis 2006 sont les « villages d’insertion », non expressément mentionnés dans l’article, La voix des Rroms demandait le 29 décembre à toutes les associations signataires du communiqué de se positionner clairement et publiquement sur ces dispositifs. Hasard de calendrier, M. Salemkour cautionnait ces « villages d’insertion » dans un autre article de l’Humanité, publié le même jour. Caution à peine modérée par un questionnement flou sur leur « logique ethnique ». 
Au 24 janvier 2010, seules deux associations ont répondu à la demande de La voix des Rroms. Nous les citons d'autant plus volontiers qu'il s'agit de petites associations locales dont vous ne risquez pas d'entendre parler au journal TV de 20h:

L’association « Rues et Cité » se dit favorable à la manière dont la MOUS est mise en œuvre à Montreuil et prend ses distances avec les « villages d’insertion » ailleurs. De son côté, l'association de solidarité avec les familles roumaines de Palaiseau, soutient ces "villages" faute de mieux. 

Quant aux autres associations, telles que la Cimade, la Fondation Abbé Pierre, France Terre d’Asile, Médecins du Monde, Secours catholique etc., maintiennent un silence assourdissant de complicité. Enfin, pourquoi ces grands se baisseraient-ils à répondre à des tsiganes qui disent autre chose que "merci"?

Au début de l’année, Médecins du Monde annonçait commencer une campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1). Ceci au moment même où on se rend compte du fiasco que fut cette campagne, du surplus de doses commandées aux laboratoires, de la l’exagération, si ce n’est de la fausseté de l’alerte, et où la question des effets secondaires du vaccin se pose avec le plus d’acuité. La voix des Rroms fait savoir à Médecins du Monde que cette décision, relayée par la presse, est pour le moins inopportune. Ceci n’ayant pas entamé la détermination pathologique de MDM, La voix des Rroms lui adresse alors un avertissement public, en alertant aussi l’OMS, le ministre français de la santé, le Conseil de l’Europe et l’Agence européenne des droits fondamentaux. La campagne se poursuivra quand même.

Pouvons-nous encore nous entêter à faire confiance à « nos amis gadjé », pour reprendre à l’inverse l’expression que ces bonnes âmes utilisent souvent pour parler des Rroms ? Non, parce qu'à bien y voir, il n'y a pas à distinguer entre vrais méchants et faux gentils.

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lundi, janvier 11, 2010

Grippe porcine: les Rroms trop patients des docteurs Folamour?


Avertissement de La voix des Rroms
aux services sanitaires et sociaux institutionnels et associatifs
relatif à la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1).


Considérant que l’état actuel quasi nul de la menace sanitaire infirme désormais l’hypothèse catastrophiste de l’OMS, relayée par l’Etat ;

Que cette campagne en conséquence est un fiasco ;

Etant donné que la somme gaspillée dans cette campagne excessive et inutile aurait pu contribuer à la résolution sur le territoire français du problème de la grande précarité ;

Qu’au lieu de cela, la campagne a ruiné un peu plus les comptes de la sécurité sociale et un peu plus enrichi les laboratoires GlaxoSmithKline, Sanofi-Pasteur, Baxter et Novartis ;
`
Que le surplus de vaccins (avec dates de péremption) est vendu par l’Etat, grâce à la diplomatie de Monsieur Kouchner à des Etats du tiers-monde ;

Considérant que le choix logistique de suspendre les médiations traditionnelles que sont les hôpitaux publics et les cabinets libéraux a produit un dispositif ad hoc qui met l’Etat et l’Individu dans une étrange intimité ;

Que des associations sanitaires (Croix Rouge et Médecins du Monde) ont déclaré dans la presse commencer le 7 janvier une campagne de vaccination des populations précaires dont des Rroms roumains et bulgares, par l’envoi à leur domicile d’équipes mobiles de vaccination ;

Que la langue dans laquelle le discours du docteur relayant l’ordre de l’Etat est pour les Rroms une langue étrangère et intimidante qui n’est pas la langue de leur corps, mais la langue de leur administration et souvent, pour des raisons historiques, de leur peur ;

L’association La Voix des Rroms demande aux services sanitaires et sociaux institutionnels et associatifs d’arrêter immédiatement toute vaccination contre la grippe A (H1N1) par le biais d’équipes mobiles.

Paris, le 9 janvier 2010

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mercredi, janvier 06, 2010

Parlez maintenant ou taisez-vous à jamais !

Depuis 2006, des « villages d’insertion pour les Roms » sont mis en place dans des villes de la Seine-Saint-Denis. Y sont placées des familles sélectionnées après une enquête sociale menée par Pact Arim, une association mandatée par la préfecture. Les bénéficiaires, Rroms roumains et bulgares, n’obtiennent aucun titre de travail de la préfecture et ne peuvent donc travailler légalement. Pour ce faire, ils doivent suivre, comme tous leurs concitoyens, la procédure mise en place à la veille de l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’Union européenne, qui dans les faits rend l’obtention d’un titre de travail quasiment impossible.
Ces derniers jours une information a fait surface depuis le fond opaque où sont développés ces projets pilotés conjointement par la préfecture, des municipalités de gauche, des entreprises et la solidarité bienveillante d’associations dites « humanitaires » qui bouchent les trous  ou forment des judas : 75% du budget de ces villages est consacré au gardiennage et à la surveillance. En effet, des vigiles de sociétés privées sont chargés de garder ces lieux fermés, dont l’accès est interdit à toute personne extérieure, sauf autorisation spéciale délivrée par le gestionnaire.
Ces éléments révèlent que la finalité réelle de ces projets est le contrôle et la surveillance d’une partie des Rroms migrants originaires de Roumanie et de Bulgarie, quand la partie restante, la majorité, est condamnée  à courber l’échine sous la matraque et s’en aller. D’une part les lois  privent des hommes et des femmes, entre autres, de leur droit élémentaire au travail, d’autre part ces projets font croire que la seule manière d’insérer les « hors-la-loi » qu’elle a fabriqués est  de les coincer « dans des villages d’insertion pour Roms ». L’accompagnement social vers l’emploi de personnes qui n’ont pas le droit de travailler relève du camouflage de cette politique d’enfermement et de contrôle menée par les autorités. Cette politique exclut simplement les Rroms qu’elle prétend insérer du champ d’application de la déclaration des droits de l’homme, donc de l’humanité. Que fait la société civile ?
Le collectif Romeurope, rassemblant des associations dites de soutien aux Rroms et financé par la Fondation Abbé Pierre, ne s’est jamais exprimé au sujet de ces projets. Une vingtaine d’associations, pour la plupart membres de ce collectif, dénonçaient fin 2009 l’expulsion de 2200 Rroms de leurs lieux de vie dans la région parisienne. Cependant, aucune mention n’est faite dans le communiqué des « villages d’insertion », par ailleurs présentés comme des alternatives à ces expulsions répétées.
Un article de l’Humanité cite M. Malik Salemkour, vice-président de la Ligue des Droits de l’Homme : « Si encore ces expulsions avaient pour but de mettre ces personnes dans un dispositif pour les prendre en charge… Mais ce n’est pas ça ». Quelques jours plus tard, le 29 décembre, dans un autre article intitulé « Villages d’insertion, un début de solution ? », M. Salemkour s’exprime en ces termes : « Ils sont clairement discutables, autant l’accompagnement social d’insertion par le travail et le logement est une bonne chose, autant il y a lieu de s’interroger sur sa logique ethnique puisque, dans ces villages, il n’y a que des Roms. ». Peut-on rester dans la langue de bois pendant qu’on considère des humains comme de la matière première ? Car « s’interroger » est une chose, répondre à ses questionnements c’en est une autre. Qualifier quelque chose de « discutable » c’est une chose, la discuter réellement c’en est une autre. Pourquoi M. Salemkour, la LDH, Romeurope etc. ne discutent pas ce sujet et ne répondent pas aux questions qu’ils se posent? Qu’est-ce qui les retient ?
La voix des Rroms a demandé par courrier adressé le 29 décembre 2009 à toutes les associations signataires du communiqué susmentionné de prendre une position claire et publique sur les « villages d’insertion », comme La voix des Rroms l’a fait depuis 2007. Sans réponse au 4 janvier, elle a renvoyé un rappel, mais le silence se poursuit.
Dans ces conditions, La voix des Rroms demande à toutes les structures se disant soutenir « les Rroms migrants » : Soit de dire publiquement, clairement et rapidement leur position vis-à-vis des « villages d’insertion », soit de se taire une bonne fois pour toutes et de ne plus « s’indigner » des conséquences d’un traitement qu’elles refusent de dénoncer.
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