LA VOIX DES RROMS
LES RROMS DEBOUT ET ACTEURS! Oui, parce que nous ne sommes pas forcément ce que les autres voient en nous. C'est en partant de ce constat qu'un groupe de copains, Rroms, étudiants ou universitaires, créaient l'association "La voix des Rroms" au printemps 2005. Depuis, nous avons fait de la route. Notre ancien blog est toujours accessible à l'adresse http://lesrroms.blogg.org Vous y trouverez des infos générales sur les Rroms ainsi que des actualités jusqu'au 4 octobre 2009.
mardi, novembre 15, 2011
mardi, novembre 01, 2011
Les enfants rroms ne tourneront jamais aussi mal que vous, M. Klarsfeld !
On aurait pu imaginer qu’après avoir reproché aux Rroms de faire trop d’enfants, Arno Klarsfeld aurait présenté des excuses, ou au moins aurait modéré en quelque sorte ces propos infâmes et débiles. Absolument pas ! Il les réitère et récidive. « Quand on a autant d'enfants, ils peuvent se retrouver exploités par les mafias qui organisent la mendicité infantile », - dit-il au journal Nord Eclair. Il mentionne l’ostracisme dont sont victimes les Rroms, mais insiste et dénonce surtout sur les mafias qui, selon lui, les exploitent. Il en veut pour preuve « les maisons somptueuses que certains se font construire au centre des grandes villes comme Timisoara ». Evidemment, selon Arno Klarsfeld, un Rrom est nécessairement pauvre, et donc, des Rroms riches, ça ne peut être que des criminels mafieux. Ce raisonnement ne vous rappelle-t-il donc rien, maître Klarsfeld ? Une affaire judiciaire pas très ancienne, suite au meurtre d’un jeune juif, présumé riche par ses bourreaux parce que juif ?
Pour M. Klarsfeld il y a une prédisposition à la délinquance qui tient au simple fait d’être Rrom : quand ils ne sont pas mafieux, les Rroms sont victimes de mafieux. Et le problème accroîtra automatiquement avec l’accroissement de la population rrom. Il faut donc « qu’ils fassent moins d’enfants ». Le courage de M. Klarsfeld ne va pas jusqu’à préconiser des mesures concrètes en ce sens, mais il n’est pas impossible qu’il évolue sur ce point.
Puis, « les Roms portent, eux aussi, la responsabilité de faire émerger leurs propres leaders, leur élite. Ce qu'ils n'ont jamais réussi à faire ». A supposer même que ces propos reflètent la réalité, ils doivent nous pousser à la réflexion. Quel genre d’élite ? Ces élites qui sont contestées un peu partout par les Indignés ? Il y a du bon à avoir un train de retard lorsque celui qu’on était censé prendre déraille.
M. Klarsfeld s’inquiète de l’avenir de ces enfants rroms dont les parents n’auraient pas les moyens de leur assurer un avenir correct. Il faut en effet que les enfants aient un avenir meilleur que leurs parents et qu’ils rendent fiers ces derniers. Mais de ce point de vue là, la probabilité est infime qu’un enfant rrom tourne aussi mal qu’Arnaud Klarsfeld !
Enfin, M. Klarsfeld, parce qu’il faut bien qu’on s’arrête à un moment, on ne peut pas répondre à toutes vos inepties sauf à n’avoir rien d’autre à faire, s’agissant du logement vous répondiez à Nord éclair :
« Vous voulez les loger alors que la France est en crise, alors que les étrangers en situation régulière ne trouvent pas de logement ? Ce serait mal accepté par l'opinion publique, difficile budgétairement et cela susciterait un appel d'air. »
Vous mentez, M. Klarsfeld ! Les Rroms dont vous parlez ne sont pas en situation irrégulière au vu des règles en vigueur au sein de l’Union européenne, à moins que pour l’OFII le seul fait d’être Rrom suffit pour qualifier l’irrégularité. Mais, à supposer même qu’ils soient en séjour irrégulier, vous connaissez mal les Français. Ils sont habitués depuis quelques années à entendre, lire et voir tellement d’erreurs et d’horreurs de ce que vous appelez « élite » et dont vous faites partie..., mais bon, là encore on ne vous demande pas de connaître les Français, mais de « gérer » les étranger. Ainsi donc, pour rester dans le domaine que l’on vous a confié, les Rroms roumains et bulgares représentent chaque année un tiers des étrangers expulsés depuis 2006, alors qu’ils disposent du droit à la libre circulation en tant qu’Européens et reviennent en France. Cela représente des centaines de millions d’Euros, avec lesquels on aurait pu construire beaucoup de logements, pour tous les sans abris et les mal logés. Certes, on ne vous demande pas de pousser la réflexion aussi loin, mais seulement de songer que d’autres, comme les lecteurs de Nord Eclair, peuvent se livrer à un tel exercice.
jeudi, octobre 27, 2011
Mme. Calendra, contrairement à vos plans, les Rroms ne disparaîtront pas!
Hier mercredi 26 octobre, La voix des Rroms et le collectif de la Baraka dont elle fait partie avaient appelé à une rencontre avec les sinistrés du 163 Rue des Pyrénées afin d’organiser la solidarité exprimée par de nombreuses personnes depuis l’incendie qui a détruit leurs habitations et qui a coûté la vie à Ion Salagean, un homme de 55 ans. Une centaine de personnes étaient au rendez-vous, mais pas les sinistrés, à l’exception de deux familles hébergées pour quelques nuits dans un hôtel à deux pas du lieu du rendez-vous. En effet, dispersées sur plusieurs centres d’hébergement soumis à des règles strictes concernant l’heure d’entrée et de sortie, ceux des sinistrés ayant pu être avertis du rendez-vous n’ont pas pu s’y rendre. Connaissant les sinistrés depuis des années, La voix des Rroms et le collectif de la Baraka, né à l’occasion de la réquisition citoyenne du bâtiment de la Rue des Pyrénées souhaitaient tout simplement poursuivre le travail d’accompagnement et, dans les circonstances nouvelles, de relogement effectif et durable. La demande d’un rendez-vous avec la mairie a été rejetée par cette brève déclaration de M. Sébastien Roy, qui après lecture s’est dérobé rapidement et n’a pas voulu discuter:
Nous étions présents depuis le début pour aider cette centaine de personnes à vivre dans la dignité. Nous étions présents le soir de l’incendie et avons servi d’interprètes, de médiateurs, y compris pour faire la liste des personnes à héberger. Notre dernière tentative d’appeler à la raison Mme Calendra (voir ci-dessous) a échoué, mais l’absence de responsabilité d’élus ne nous arrêtera dans notre quête de justice sociale, bien au contraire.
Rassemblement devant la mairie du 20e suite à... par Tele-liberte
La demande d’entretien avait été faite au nom de La voix des Rroms et de “Harissa sauce blanche”, toutes deux membres du collectif de la Baraka. Ce collectif avait été reçu à la mairie du 20e arrondissement, qui était bien au courant du rôle qu’il jouait. La mauvaise foi de la mairie du 20e arrondissement est déconcertante. Les déclarations mensongères que Mme. Calendra a fait au journal Métro, visant à discréditer le travail des bénévoles associatifs sont d’autant plus une honte que leur but final est de faire disparaître les sinistrés une fois les nuitées d’hôtel terminées. Ceci en les dispersant dans différents lieux mais aussi en les coupant des associations et individus qui se battent à leurs côtés pour la justice et leur droit de vivre dans la dignité. L’exclusivité donnée à “Emmaüs Coup de main”, qui propose aussi “l’aide au retour volontaire” en Roumanie le prouve.“Bonsoir, je suis Sebastien Roy, le directeur de cabinet de Frédérique Calandra, j’ai une brève déclaration à vous lire.Il n’y a pas lieu de recevoir une délégation constituée de personnes dont on ne connait pas la légitimité, dans la mesure où chaque sinistré a été reçu individuellement en mairie le soir même du sinistre en présence d’un éducateur de l’association « Harissa Sauce Blanche ».Ces mêmes sinistrés sont suivis actuellement individuellement par le service social départemental de la ville de Paris et l’association « Emmaüs Coup de main » mandatée par la ville.”
Nous étions présents depuis le début pour aider cette centaine de personnes à vivre dans la dignité. Nous étions présents le soir de l’incendie et avons servi d’interprètes, de médiateurs, y compris pour faire la liste des personnes à héberger. Notre dernière tentative d’appeler à la raison Mme Calendra (voir ci-dessous) a échoué, mais l’absence de responsabilité d’élus ne nous arrêtera dans notre quête de justice sociale, bien au contraire.
E-mail envoyé à Mme. Calendra:
Rassemblement devant la mairie du 20e suite à... par Tele-liberte
lundi, septembre 12, 2011
Quand le pouvoir mise sur la niaiserie des Français pour se maintenir
A quelques heures d’espace, deux proches de N. Sarkozy s’expriment sur la sécurité. H. Guaino critiquait la forme du discours de Grenoble et de la circulaire anti-Rroms du 5 août 2010, puis C. Guéant annonçait une fois de plus de « nouvelles » mesures contre la « délinquance des mineurs roumains ». Au même moment, le même ministre de l’intérieur annonce la suppression de 3000 postes de policiers pour 2012, à cause de la crise.
Par un hasard déconcertant, tout ceci se passe quelques heures après les Journées d’été Marine Le Pen, où l’invité d’honneur - invité-surprise était l’ancien patron des renseignements généraux, qui, s’il était encore en poste, serait aujourd'hui sous la tutelle de Claude Guéant. A cette vitesse là, on attrape le tournis. Asseyez-vous donc, prenez un verre d’eau fraîche et réfléchissez. On vous prend pour des niais. C’est une présomption, et il vous appartient désormais de faire la preuve du contraire.
La délinquance roumaine dont on vous rabat les oreilles :
Bien évidemment, elle existe, et existera tant que les Roumains existeront, comme la délinquance rrom existera tant que les Rroms existeront, puisque la délinquance française tant que les Français existeront. Il n’est donc pas question ici de nier une évidence triviale. Seulement, à y regarder de plus près, il y a une contradiction: lors d’une réunion Place Beauvau en 2004, Mme. Mignon, conseillère juridique de M. Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, disait qu’il n’y avait pas plus de délinquance parmi les Rroms roumains précaires que dans l’ensemble de la population. Certes les choses ont pu changer depuis, mais en arriver à ce "qu'une sur dix des personnes présentées à la justice est un Roumain" (Guéant), ce n'est plus un changement, c'est un tsunami... Par ailleurs, depuis 2003 une intense coopération policière est en place entre la Roumanie et la France, avec des échanges de policiers chevronnés pour démanteler des réseaux criminels, et depuis un an leur contingent nombre a même été augmenté. Il est bien donc curieux qu’après huit ans aucun réseau ne soit démantelé, non ?
En même temps, le ministre, afin d'illustrer la délinquance roumaine, nous cite le « clan Hamidović », effectivement un réseau démantelé il y a quelques mois, mais il s’agissait là de Bosniaques, comme le nom l’indique.Certes il n'est pas ministre des affaires étrangères ni géographe, mais tout de même...
Quant aux chiffres affichés, vous avez toute liberté de les croire en bloc. Or, la méthode utilisée était celle du carrotage - bien connue pour son caractère spécieux : ainsi, imaginez un seul instant un contrôle fiscal dans les 8e, 16e et 17e arrondissements de Paris, avec la coopération de banques étrangères dans les paradis fiscaux. Puis, une comparaison avec les résultats de la délinquance fiscale des Parisiens entre 2011 et 2010, sachant qu’en 2010 l’administration fiscale n’a contrôlé que de manière aléatoire, ceci dans l'ensemble de la ville. Gageons qu'il y aurait une augmentation, et peut-être sérieuse - qui sait même supérieure à celle que le ministre affirme voir dans sa fameuse « délinquance roumaine ».
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samedi, juillet 16, 2011
«Campement illicite»: retour sur l'expulsion des «roms»
Un excellent article de Pierre Chopinaud sur le cirque élyséen d'il y a un an:
«Campement illicite»: retour sur l'expulsion des «roms»
«Campement illicite»: retour sur l'expulsion des «roms»
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