La web-TV de La voix des Rroms

jeudi, mai 26, 2011

Un spectacle sur les Tsiganes français sous l’Occupation censuré par le Bureau de liaison de la Commission européenne au Kosovo

« Mérignac-Beaudésert, Tsiganes français sous l’Occupation », est une adaptation de documents historiques relatifs à l’internement et la déportation de Tsiganes français pendant la seconde guerre mondiale. Ce texte a été édité aux éditions l'Espace d'un instant, en partenariat avec La voix des Rroms, les Nouvelles alternatives transeuropéennes et la Fédération nationale des déportés et internés, résistants et patriotes. Il a également fait l'objet d'un spectacle mise en scène par Christophe Sigognault, dans le cadre d'une résidence de création à la Maison d'Europe et d'Orient, qui a notamment été représenté en ouverture du festival du Printemps de Paris, le 9 mai dernier, jour de la fête de l'Europe. 

Ce spectacle a été programmé dans le cadre du « Festival of Roma, Ashkali and Egyptian culture » au Kosovo, financé par l’ECLO (Bureau de liaison de la commission européenne au Kosovo), et produit en délégation par la KFOS (Fondation Soros).

Mais l’ECLO a considéré que le contenu de cette création artistique était « inopportun » (inappropriate) et ordonné à la KFOS que ce spectacle soit retiré de la programmation. 

A notre demande de démenti, l'ECLO a répondu qu’il ne s’agissait pas de « censure » mais d’un « changement de programmation », pour la raison qu’il souhaitaient « privilégier à travers le festival la promotion du riche patrimoine culturel de ces communautés au Kosovo afin de contribuer à faciliter leur intégration dans la société kosovare et les échanges avec les autres communautés ». L’ECLO ajoute qu’il ne veut « nullement mettre en cause l'importance de ce douloureux évènement historique ni la qualité de la performance artistique proposée », mais que « [ses] partenaires pour la mise en œuvre sont tenus de [le] consulter et de [lui] présenter le détail du programme pour approbation avant toute confirmation des activités », et qu’il aurait souhaité « [en] discuter et [en] informer [ses] collègues de l'Ambassade de France au Kosovo ». 

Nous exprimons notre indignation face à de tels agissements. Nous ne connaissons que trop bien la réalité que recouvre un tel discours : restreindre la culture rromani à une image d’Epinal de quelques musiciens plus ou moins désespérés flanqués de femmes potentiellement faciles dansant sur les tables, et faire l’impasse sur un travail de mémoire pour ne pas froisser quelques camarades diplomates. Nous savons aussi parfaitement à quoi correspond la volonté d’asservir le contenu d’une œuvre d’art à un financement. Nous voyons bien que l’ECLO considère que ce travail sur une mémoire commune est nuisible à l’intégration et à l’échange. Le pire, sachant que l’ECLO considère la chose comme un « malentendu », est peut-être finalement qu’il ne se rend même pas compte de la teneur de sa politique : c’est une chose normale, acquise. On imagine l’écho qu’aurait reçu une proposition de programmation du film « Liberté » de Tony Gatlif dans un tel contexte.
Nous pensons que le fait que des professionnels des arts et de la culture, français et kosovars, accomplissent ce devoir de mémoire, et particulièrement envers la communauté rromani, est un honneur et une fierté pour la France, le Kosovo et l’Europe toute l’entière. Nous pensons que ce sont bien ceux qui ne l’ont pas encore compris qui font, malheureusement, passer la Communauté européenne pour une république bananière.
Nous invitons tous ceux qui partagent ce point de vue à le faire savoir au chef de l’ECLO (Khaldoun.SINNO@eeas.europa.eu), ainsi qu’à la Vice-présidente de la Commission européenne chargée de la Justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté (viviane.reding@ec.europa.eu), et à diffuser ce message le plus largement possible.

Le spectacle se jouera à Prishtina, hors du programme officiel, grâce à la détermination des signataires.

Marcel Courthiades, commissaire à la langue et aux droits linguistiques de l’Union rromani internationale,
Dominique Dolmieu, artiste associé à la Maison d’Europe et d’Orient,
Saimir Mile, président de La voix des Rroms,
Jeton Neziraj, directeur artistique du Théâtre national du Kosovo,
Christophe Sigognault, metteur en scène de la compagnie Saudade

samedi, mai 21, 2011

Le peuple espagnol à Puerta del Sol

Parce que ça ne passe pas à la télé, parce que les journaux n'en parlent qu'à demi mot, et parce que ceci est peut-être plus important que des sujets hautement médiatisés, voici les images en direct de Puerta del Sol à Madrid:

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CAPTURE D'HOMMES ET FEMMES RROMS ET MISE EN RETENTION



Le matin du 18 mai à 7 heures du matin la police a  arrêté 13 personnes sur un campement situé rue Anatole France à Noisy le Sec,  propriété du Conseil Général de la Seine-Saint-Denis.

Ces personnes étaient toutes en possession d’une Obligation de quitter le territoire français suite à une expulsion le 14 mars 2011 d’un terrain appartenant à Réseau Ferré de France. Toutes avaient formé un recours et demandé l'aide juridictionnelle afin de se défendre devant le juge. Pour l'instant, elles n'ont pas eu de réponse à ces demandes, mais une attestation du TGI de Bobigny prouve leurs démarches.

Malgré tout, les personnes arrêtées ont été gardées au commissariat de Noisy le Sec jusqu’à 14 heures. Ils ont été ensuite transférés à L’UTILE au Commissariat de Bobigny.  Trois personnes ont été libérées et 10 placés dans trois différents centres de rétention administrative à Paris, Vincennes et Mesnil Amelot, 5 femmes et 5 hommes.

L’avocate qui s’occupe de leurs dossiers, a été prévenue dès le matin et a entrepris toutes les démarches nécessaires. Un petit collectif d’habitants de  Noisy est en contact avec les personnes et une visite au centre de rétention de Paris a été faite jeudi après-midi.

Un jugement a eu lieu vendredi 20 mai en début de soirée au TGI de Paris. Toutes les personnes ont été maintenues en rétention.
Un appel est en cours.

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mardi, mai 03, 2011

Appel à soutien en vue d’une action à Bondy-Bobigny

Pont de Bondy, entre Bondy et Bobigny le long du canal, du côté du pont opposé à celui où était le terrain dit de la place Saint Just :

Sur ce terrain habitent des bulgares, ils étaient une centaine il y a deux semaines, sans doute moins aujourd’hui. Pris dans la procédure qui a concerné l’ensemble des terrains du pont, et dont l’expulsion a fait la une des médias il y a un mois, ce terrain n’a pas encore fait l’objet d’une intervention "armée". Mais ça ne saurait tarder. Il appartient pour partie à la mairie de Paris et de nombreux enfants sont scolarisés à Bobigny. Les agents de la mairie de Paris attendent que le terrain se vide pour le détruire et menacent dans le cas contraire de faire appel à la force armée. Les gens n’ont nulle part où aller etc....etc.... Les habitants ont une idée mais il semble qu'elle ne peut fonctionner qu’à condition qu'ils soient organisés et accompagnés de soutiens non habitants du terrain. La seule chose est de savoir si une telle organisation pourrait exister à cet endroit.

Leur idée est intéressante. Mais nous ne pourrions en parler que sur le terrain (Pont de Bondy, entre Bondy et Bobigny le long du canal, du côté du pont opposé à celui où était le terrain dit de la place Saint Just). Si vous voulez vous joindre, écrivez-nous 

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