mardi 28 juin 2011

Si quelqu’un doit dégager de Bagnolet, ce n’est pas les Rroms !

Après trois ans de mise en œuvre d’une MOUS (maitrise d’œuvre urbaine et sociale) à Bagnolet, une partie des Rroms sélectionnés pour bénéficier du « village d’insertion » sont sommés à quitter les lieux. Le sous-préfet et le maire leur ont adressé un courrier à cet effet, justifiant cette décision par leur non-insertion au bout de trois ans. C’est une première en la matière. En effet, le premier projet de ce type, à Aubervilliers, mené par les mêmes structures dites d’insertion, a été prorogé au-delà de la date de fin. 

Le projet de Bagnolet a ceci de particulier qu’à l’origine il a été mis en place à la seule initiative de la ville, suite à l’engagement de celle-ci, avec un soutien financier du conseil régional. Lorsque l’Etat s’est joint, en 2007, il a imposé déjà une sélection des bénéficiaires, exigence à laquelle la ville s’est pliée, allant ainsi à l’encontre de son engagement de départ de ne laisser personne sur le carreau. Un an plus tard, en été 2008, les « professionnels de l’insertion » se sont implantés sur place, avec les subventions qu’ils avaient obtenues. Désormais, leurs subventions s’arrêtent et ils (vigiles et travailleurs sociaux) se retirent. Les installations sanitaires du « village », délabrées depuis très longtemps, ont été réparées il y a quelques semaines seulement, pendant que courait déjà le bruit de l’arrêt du financement. 

Bilan provisoire :

• 5 familles se sont vu promettre un relogement, mais sans plus de détails ni de garanties.
• Une trentaine de personnes doivent quitter les lieux au 1er juillet, car elles n’ont pas été insérées
• Une dizaine doit quitter les lieux à la fin du mois de juillet...
• Le financement de la MOUS est arrêté
• Les habitations préfabriquées sont toujours là, et juste avant de partir, les gestionnaires ont remis en état les sanitaires. 

Logique simple :

S’il n’y a plus d’argent pour les vigiles qui interdisaient l’accès aux personnes extérieures et pour les travailleurs sociaux qui n’ont pas réussi en trois ans leur mission, ceux-ci peuvent effectivement partir. En attendant, les logements sont toujours là, et les personnes qui en ont besoin sont dedans. Ils peuvent les habiter y compris en absence des vigiles et des travailleurs sociaux, sans que leur absence leur soit nuisible. La voix des Rroms se porte garante que personne ne s'en suicidera!

Bookmark and Share

La fabrique du Macadam - OQTF

Bookmark and Share

Bagnolet - village d'insertion, village d'éjection!

Communiqué des Rroms et leurs soutiens 
Bagnolet, le 27 juin 2011

Fermeture précipitée cet été du "village d'insertion" pour les Rroms de Bagnolet. C'est une première.  Le "village d'insertion " d'Aubervilliers, le premier créé, a été prolongé au delà de la durée prévue de trois ans.

Les personnes restant du groupe des Rroms de l'incendie du bidonville de 2004 à Bagnolet, hébergés encore actuellement dans les Algeco du 133-135 av Galliéni à Bagnolet, se sont vues pour une vingtaine d'entre eux notifier il y a une semaine et demie un départ précipité (le 1er juillet au lieu du 31 juillet initialement prévu).

Il s'agit de 21 personnes (cinq couples dont un avec un enfant, quatre célibataires, une mère et ses deux jeunes fils et un couple avec deux ados).

Ils ont reçu des lettres signées du maire de la ville M. Everbecq et du sous préfet M. Lime leur expliquant que le dispositif préfectoral de la MOUS (Maîtrise d'Oeuvre Urbaine et Sociale) devait s'arrêter le 31 juillet, mais pour ceux dont la situation n'aurait pas assez évoluée ce serait le 1er juillet. On ne connait pas non plus les garanties pour le petit groupe (une dizaine de personnes) restant jusqu'au 31 juillet pour lequel dans ce cas précis on promet des solutions concrètes de logement?

Après des années sur la ville de Bagnolet (bidonville, centre de loisir désaffecté, hôtel, trois à quatre ans en "village d'insertion"), en quinze jours ils doivent accélerer l'évolution de leur situation (travail, papiers, logement) avec des services publics ne prenant pas leurs responsabilités et avec des associations promptes à toucher des financements et à établir des enquêtes sociales mais à jouer les fantômes sur le terrain quand il s'agit de trouver des solutions concrètes comme le Pactarim 93.


Dans cette lettre la seule proposition concrète à cette expulsion dont on se pose la question du caractère urgent, est, alors que cette population souhaite bien évidemment rester sur le territoire français, l'offre de "l'aide au retour humanitaire assortie d'un accompagnement social qui vous permettra de vous réinsérer durablement dans votre pays d'origine"!!!!! alors que la majorité des destinataires ont des papiers!!!


Rendez vous demain 14h30 devant le 133-135 avenue Gallieni (la rue des puces de Bagnolet) M° Galliéni Bagnolet
Bookmark and Share