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lundi 18 janvier 2016

L'arbitraire policier contre les Rroms en appel ! mardi 19 janvier 2016 à 9h à la Cour d'appel de Paris Pôle 4 Chambre 11


Le 17 juillet 2015, trois Rroms roumains ont comparu devant le Tribunal de grande instance de Meaux dans le cadre d'une procédure de CRPC (comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité).




Ils étaient accusés d"installation illicite sur le terrain d'autrui après avoir été interpellés par la police alors qu'ils faisaient partie d'un groupe de personnes qui cherchaient un endroit où se poser après avoir été victimes d'expulsions à répétition.

Ils ont semble-t-il été choisis au hasard par les forces de l'ordre et, bien que dénués du moindre antécédent judiciaire, condamnés à deux mois de prison avec sursis et deux ans d'interdiction de séjour en Seine et Marne.

Ils n'ont accepté cette peine que parce qu'ils ont compris qu'ils seraient incarcérés s'ils la refusaient et parce qu'ils se sont retrouvés démunis face à l'institution judiciaire.

Ils ont ensuite décidé de faire appel d'une condamnation qui ne peut se justifier ni en droit ni en opportunité.


L'audience se tiendra le mardi 19 janvier 2016 à 9h à la Cour d'appel de Paris Pôle 4 Chambre 11.

Contact :
Henri Braun (avocat) 06 63 71 38 10Bookmark and Share

mercredi 6 janvier 2016

Le jour de La sirène de janvier 2016 : Aujourd'hui mercredi 6 janvier de 17h à 18H sur FFP 106.3 FM ou www.rfpp.net


Ne ratez pas la première émission de 2016 du 

JOUR DE LA SIRÈNE


L'émission de La voix des Rroms et Radio.graphie

où vous entendrez l'entretien réalisé par Maïssoun avec

SACHA ZANKO




Rrom et Voyageur représentant des "gens du voyage" de Toulon venu à Paris pour une rencontre à l'Assemblée Nationale en vue de la remise en fonction de la commission de consultation des "gens du voyage"

Il sera donc question des "aires d'accueil" avec entre autres lecture du texte de Lise Foisneau, Valentin Merlin et Cécilia Demestre
paru récemment dans Médiapart.



L'émission sera disponible en podcast comme toujours, ici-même et sur http://radio-graphie.net



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mardi 21 juillet 2015

APPEL ! Marche de la Dignité : 31 octobre 2015.

Collectif Marche des Femmes pour la Dignité (MAFED), avec Angela Davis


"contre l'humiliation quotidienne, contre le mépris, contre l'islamophobie, la négrophobie, la rromophobie, galopantes, contre les crimes policiers, s'impose une nouvelle marche : la marche de la dignité. Notre réaction puissante, organisée, confiante est la seule façon d'enrayer notre écrasement collectif annoncé."


En octobre 2005, étaient fauchées à Clichy-sous-Bois, les jeunes vies de Ziad et Bouna, une tragédie mettant en cause des fonctionnaires de police. Depuis, la stratégie de l'État français, loin de chercher à châtier les coupables, consiste uniquement à fuir ses responsabilités. Comme il l'a fait dans les dizaines de crimes policiers depuis des décennies.

Ce même mois d'octobre 2005, comme réponse à leur mort, un vent de colère secoua toutes les banlieues de France pendant des semaines. Les interprétations les plus courantes de ces émeutes incriminèrent à juste titre la déshérence des quartiers, les conditions sociales lamentables, le chômage, la vie dure : une véritable guerre sociale faite aux pauvres. Mais elle ne dirent pas assez combien au cœur de cette révolte, figurait, forte, l'exigence de respect. La dénonciation du mépris par lequel avait été traitée la mort de ces deux adolescents et à travers leur cas, la dénonciation du mépris souverain dans lequel sont tenus les habitants des quartiers, leur attachement à la dignité collective.

"Nous ne sommes pas du gibier à flics, nous sommes des êtres humains !"

Vingt ans plus tôt en 1983, ce sont déjà d'autres violences policières qui poussèrent des jeunes issus de l'immigration post-coloniale à mener à travers la France la Marche de 1984, la fameuse marche pour l'égalité. Égalité sociale, bien sûr mais aussi égalité de considération. Les jeunes disaient "Nous ne sommes pas du gibier à flics, nous sommes des êtres humains !" L'État se devait de la briser. Il mit alors tout en oeuvre pour saboter cette auto-organisation en médiatisant à outrance certaines officines pseudo-antiracistes. Celles-ci s'employèrent de tous leurs moyens financiers à étouffer la Marche pour l'égalité sous les milliers de décibels de concerts gratuits et leur anti-racisme de pacotille.

Aujourd'hui, comme il y a 30 ans, comme il y a 10 ans, loin d'avoir renoncé à ses comportements passés, l'État français ne sait que renforcer tous ses dispositifs de surveillance et de répression. En plus des conditions sociales toujours plus déplorables, le harcèlement des populations des quartiers, leur humiliation, constituent le quotidien pour les Noirs, les Arabes, les Rroms, les Blancs des quartiers. Dans ce paysage dévasté, le crime policier n'est jamais fortuit. Il est l'aboutissement de toute la logique d'un État qui n'a pour nous que désintérêt et mépris.

"l'État français ne sait que renforcer tous ses dispositifs de surveillance et de répression."

Le crime policier est l'expression achevée du racisme d'État. C'est celui-ci qui conditionne des fonctionnaires puissamment armés à passer à l'acte, c'est lui qui les dispense de réfléchir au moment tragique, qui leur donne le temps de se saisir de leur arme, d'ajuster et de tirer à mort ou d'écraser la poitrine et la gorge de leur proie sous la clef d'étranglement. Le message implicite que délivre le crime policier est simple. "Non seulement vous n'êtes pas des êtres humains comme les autres, mais avec vous nous pouvons aller jusqu'à la mise à mort et les meurtriers sont assurés de l'impunité". À ce jour, rarissimes sont les procès ayant abouti favorablement. Le crime policier n'est jamais un homicide involontaire, il n'est jamais gratuit, il est là pour répandre la consternation, la désolation dans les cœurs et les esprits des familles endeuillées, pour nous faire renoncer à être traités comme des êtres humains. Il n'épargnera personne, il est là pour nous terroriser. C'est pourquoi comme il y a 30 ans, comme il y a dix ans, contre l'humiliation quotidienne, contre le mépris, contre l'islamophobie, la négrophobie, la rromophobie, galopantes, contre les crimes policiers, s'impose une nouvelle marche : la marche de la dignité. Notre réaction puissante, organisée, confiante est la seule façon d'enrayer notre écrasement collectif annoncé.

C'est à cette grande Marche de la Dignité que nous vous convions le 31 octobre prochain.
Amal Bentounsi, le 8 mai 2015, à Saint-Denis, au nom du collectif Marche des Femmes pour la Dignité (MAFED)


Amal BENTOUNSI, Sihame ASSBAGUE, Rachida AZZIZ, Paola BACCHETTA, BAMS Hind BEN FARES, Nargesse BIBIMOUNE, Houria BOUTELDJA, Sarah CARMONA, CASEY, Samia CHALA, Ismahane CHOUDER, Rokhaya DIALLO, Eva DOUMBIA, Soraya EL KAHLAOUI, Mireille FANON-MENDES France, Tauana Olivia GOMES-SILVA, Nacira GUENIF-SOUILAMAS, Hanane KARIMI, Fatima KHEMILAT, Stella MAGLIANI-BELKACEM, Zakia MEZIANI, Karima MONDON, Samia MOUCHARIK, Ndella PAYE, Maboula SOUMAHORO, Hanifa TAGUELMINT, Nadia TENGOUT, Vanessa THOMPSON, Joby VALENTE, Françoise VERGES, Louisa YOUSFI
Soutiens collectifs (associations/ organisations subissant le racisme/ issues des immigrations et des quartiers)
Association des travailleurs maghrébins de France, Association pour la reconnaissance des droits et libertés aux femmes musulmanes (Tourcoing), Azira's way, Brigade Anti-Négrophobie, Bruxelles Panthères, Collectif Ali Ziri, Collectif des filles et fils d'Africains déportés, Collectif des Musulmans de France, Droit à la différence, Falsafa (Angers), Fondation Frantz Fanon, Front Uni de l'Immigration et des Quartiers Populaires, La Voix des Rroms, Les Indivisibles, Mamans Toutes Égales, Mémoires en marche, Parti des Indigènes de la République, Romano Godjako Truj, Urgence Notre Police Assassine, Collectif Afro-Fem, Collectif contre Exhibit B.
Soutiens individuels (personnalités, artistes, intellectuels…)
Aminata Traoré (ancienne ministre de la Culture du Mali, écrivaine/Mali), Said Bouamama (sociologue/FUIQP), Asma Lamrabet (Directrice du centre d'études féminines en Islam/ Maroc), Amina Annabi (artiste), Saidou ZEP (artiste), Baro Sintax (artiste), Princesse Erika (artiste), Esperanza Fernandez, Skalpel/ Première Ligne / Bboykonsian (artiste), Raphael Confiant (écrivain/Martinique), Malika Hamidi (Sociologue, Directrice du European Muslim Network/Belgique), Ali Rahni (militant associatif), Angela Davis (activiste/USA), Esse Lawson (comédienne)
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jeudi 20 mars 2014

LES ROMS ONT-ILS VOCATION A PRENDRE LE BUS ?

Témoignage de M. G. Faysal

Mercredi 19 mars 2014, vers 15 heures, dans la gare routière de la Courneuve, je fus témoin d'une discrimination raciste explicite et totalement décomplexée.

Le conducteur de la ligne veolia numéro 610 reliant La Courneuve à Sevran refusa clairement et simplement à un jeune homme et une personne âgée l'accès au bus. Le jeune homme protesta timidement en montrant les titres de transport qu'il s'apprêtait à composter, mais en vain : « Je ne prends pas de Roms dans mon bus » déclara fièrement le conducteur.

Très apeurées, honteuses, les deux personnes discriminées firent demi-tour ; lorsque je me mis à protester auprès du conducteur en parlant de plaintes et de poursuites, elles me prièrent d'arrêter visiblement effrayées par la perspective de voir cet événement peut-être banal pour elles, mais ô combien choquant pour moi, prendre des proportions qu'elles ne souhaitaient pas lui donner.

Il s'agit d'une discrimination raciste explicite, l'accès au bus – à un service public donc (la responsabilité de l'Etat - en principe antiraciste - est engagée même s'il s'agit d'une entreprise privée) ayant été refusé uniquement sur des critères physiques. Qu'il s'agisse là d'une conséquence de la stigmatisation des Roms assumée par plusieurs hauts responsables politiques français est une évidence. Les propos infamants de plus en plus banalisés tenus sur cette population autorisent implicitement, excusent par avance, voire encouragent purement et simplement de tels actes abjects, illégaux et absolument inacceptables.


Note de la rédaction:

Ce récit ne relate pas de faits exceptionnels. C'est malheureusement un comportement assez courant, chez les conducteurs de bus comme chez d'autres professionnels. Il nous rappelle d'une part l'histoire de Rosa Parks, cette femme noire qui dans l'Amérique ségrégationniste, le 1er décembre 1955 refusa de céder sa place dans le bus à un homme blanc. 

Il nous pousse aussi à nous interroger: s'il est inacceptable de caillasser des bus, comme cela arrive parfois, l'est-il plus de se laisser traiter pire qu'un chien? Certainement pas.

Ainsi, si à l'avenir vous êtes témoin de ce genre de comportement et que cela vous est possible, merci de prendre un numéro de téléphone où la victime de discrimination peut être jointe et de nous le communiquer.