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lundi 3 août 2015

Pétition: M. le maire, laissez vivre les habitants de la Place du Samaritain

Jozsef, 17 ans, est volontaire en service civique à l'association "Les enfants du Canal". Parlant couramment 6 langues, ayant un contact aisé, il fait un travail d'interprète et d'accompagnateur social. Avec sa voix exceptionnelle, il a été aussi sélectionnée pour la prochaine édition de "The Voice". Seulement, il risque de devenir SDF dans quelques jours. Comme 300 de ses compatriotes, il est acculé à vivre dans un bidonville à La Courneuve, dont la dureté des conditions de vie ne l'a pas empêché d'avancer. Car  Jozsef est courageux, comme ses voisins aussi, qui contre vents et marées ont, pour beaucoup d'entre eux, réussi à construire une vie à peu près normale: trouver un travail, scolariser leurs enfants... La Fondation Abbé Pierre et l'ONG Médecins du Monde ont conçu un projet pour améliorer leurs conditions de vie en mettant en place l'eau courante, l'enlèvement des ordures et aussi un accompagnement social pour que ces personnes puissent quitter le bidonville, comme ils le souhaitent, et retrouver une vie normale. Bien qu'ayant rencontré le soutien de nombreux acteurs (la DIHAL, le préfet délégué à l'égalité des chances, la communauté Plaine Commune etc), le projet est mis en danger par la demande d'expulsion formulée par le maire de La Courneuve. Environ 300 femmes, hommes et enfants sont mis en danger par cette décision à la fois inhumaine et insensée. C'est pourquoi Jozsef a lancé cette pétition que La voix des Rroms soutient et relaie. Nous vous demandons d'en faire autant, afin que le maire de La Courneuve revoie sa position et permette à ces personnes de vivre dans la dignité.

"Au nom des enfants, des femmes et des hommes de la « Place du Samaritain », je demande à tous les Courneuviens et à tous ceux qui croient au potentiel unique de chaque individu à qui on laisse sa chance de signer et partager cette pétition pour faire prendre conscience à Gilles Poux, aux membres de son conseil municipal et à son groupe politique du danger dans lequel il nous met tous malgré le fait que, pour une fois, toutes les conditions sont réunies pour nous permettre de nous en sortir."
Pour consulter et signer la pétition, cliquez ICI

vendredi 24 octobre 2014

Les Roms de Bobigny, intéressés par l'annonce des autorités et vigilants quant à sa mise en acte

A l'issue de leur réunion, la Mairie de Paris les autorités préfectorales ont annoncé aux associations qui accompagnent les Roms de Bobigny leur maintien jusqu'à samedi ou lundi matin dans le gymnase Marie Paradis et la prise en charge de 59 d'entre eux dans deux structures d'hébergement avec diagnostic social pour évaluer leur "efforts d'insertion".

Ayant été soumis à deux reprises à un diagnostic social, les expulsés et les associations qui les accompagnent sont intéressés par l'annonce mais vigilants quant à sa mise en acte.

En particulier, nous continuons de demander :

1. La mise en place de solutions pérennes quant au logement dans des conditions dignes, ce qui ne semble pas être le cas pour tous ceux qui ont été relogés après l'expulsion.
2. La continuation de la scolarisation des enfants dans leur école à Bobigny dès la rentrée des classes lundi 3 novembre.

3. La prise en charge de toutes les personnes expulsées : pas seulement les 59 hébergées dans le gymnase mais aussi toutes celles qui sont obligées de vivre dans la rue depuis l'expulsion, parfois avec des enfant en bas âge, certains scolarisés.

Les familles expulsées et les associations qui les accompagnent rappellent que les "efforts d'insertion" ne sont, ni selon la circulculaire interministérielle du 26 août 2012, ni selon la DIHAL, chargée de sa mise en oeuvre, un critère d'exclusion de l'accompagnement dont chacun doit bénéficier.
Elles demandent la mise en place urgente d'un dialogue direct et structuré avec les pouvoirs publics, afin de rendre plus efficace la recherche de solutions adaptées.

Signataires :
La voix des Rroms, Association Rromeurope, Collectif de soutien aux Roms et Bulgares de Bobigny, Collectif de soutien aux Roms de Clichy sous bois et environs, Convivances, Ecodrom 93, Entraides citoyennes, Les enfants du canal, Mouvement antiraciste européen EGAM, MRAP 93, RACED, Réseau 1427 Saint-Denis, RESF 93, SOS racisme, Union juive française pour la paix

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jeudi 21 novembre 2013

Hidalgo, NKM, l'hystérie antitsigane et la guerre pour Paris

Le 18 octobre 2013, La voix des Rroms écrivait aux deux candidates principales à la mairie de Paris. Le but de ces courriers était d’attirer leur attention sur leurs déclarations respectives sur les Rroms, déclarations très problématiques. Nous demandions à chacune d’entre elles de nous accorder entretien serein sur ce sujet en dehors de l’espace public, saturé alors d’irrationalité antitsigane.

Sans réponse plus d’un mois après, nous regrettons de devoir en conclure que mesdames Hidalgo et Kosciusko-Morizet ne sont intéressées que par l’hystérie antitsigane dont elles pensent tirer un avantage électoral.

Par conséquent, aujourd’hui nous rendons publics les courriers adressés à ces deux candidates, afin d’en porter le contenu à la connaissance du plus grand nombre. Nous croyons en effet que le plus grand nombre ne sera pas irresponsable comme les destinataires de ces courriers.



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mercredi 10 avril 2013

Leader Price interdit aux chiens et aux Rroms

 Il n'y a pas de panneau "Interdit aux chiens et aux Rroms", parce qu'on n'interdit l'accès qu'aux Rroms. Témoignage d'un client du magasin:

Mercredi 10 avril 2013

A Saint-Denis Porte de Paris, une dizaine de personnes attendent à l’entrée du magasin Leader Price. L’entrée leur est interdite. Pourquoi ? Parce qu’ils sont « Roumains » me dit le vigile. Ils sont Roumains et Rroms. Il prétend les reconnaître. Il affirme que ce sont tous des voleurs. Ils vivent sur un terrain situé en face du magasin. Le directeur lui a donné l’ordre de ne les laisser passer qu’un par un. Celui ou celle qui entre fait les courses pour les autres. 


Ainsi, ceux qui ont le faciès « roumain » restent à l’entrée, avec les sacs et les animaux. Un Maghrébin, confondu avec un « Roumain », est bloqué au portique. Délit de sale gueule. Il se justifie en disant qu’il est Français, qu’il n’est pas Roumain. L’entrée lui est finalement autorisée. Derrière la barrière, les « Roumains » s’impatientent et s’énervent. L’un d’entre eux hausse le ton. Le vigile le jette aussitôt dehors, comme un chien. Je lui fais remarquer qu’il s’agit de discrimination. Il me confie qu’il est fatigué, qu’il en marre de courir après les « roumains ». Il est seul pour assurer la sécurité et semble dépassé par la situation.

Julien R


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lundi 12 septembre 2011

Quand le pouvoir mise sur la niaiserie des Français pour se maintenir

A quelques heures d’espace, deux proches de N. Sarkozy s’expriment sur la sécurité. H. Guaino critiquait la forme du discours de Grenoble et de la circulaire anti-Rroms du 5 août 2010, puis C. Guéant annonçait une fois de plus de « nouvelles » mesures contre la « délinquance des mineurs roumains ». Au même moment, le même ministre de l’intérieur annonce la suppression de 3000 postes de policiers pour 2012, à cause de la crise.


Par un hasard déconcertant, tout ceci se passe quelques heures après les Journées d’été Marine Le Pen, où l’invité d’honneur - invité-surprise était l’ancien patron des renseignements généraux, qui, s’il était encore en poste, serait aujourd'hui sous la tutelle de Claude Guéant. A cette vitesse là, on attrape le tournis. Asseyez-vous donc, prenez un verre d’eau fraîche et réfléchissez. On vous prend pour des niais. C’est une présomption, et il vous appartient désormais de faire la preuve du contraire.


La délinquance roumaine dont on vous rabat les oreilles :

Bien évidemment, elle existe, et existera tant que les Roumains existeront, comme la délinquance rrom existera tant que les Rroms existeront, puisque la délinquance française tant que les Français existeront. Il n’est donc pas question ici de nier une évidence triviale. Seulement, à y regarder de plus près, il y a une contradiction: lors d’une réunion Place Beauvau en 2004, Mme. Mignon, conseillère juridique de M. Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, disait qu’il n’y avait pas plus de délinquance parmi les Rroms roumains précaires que dans l’ensemble de la population. Certes les choses ont pu changer depuis, mais en arriver à ce "qu'une sur dix des personnes présentées à la justice est un Roumain" (Guéant), ce n'est plus un changement, c'est un tsunami... Par ailleurs, depuis 2003 une intense coopération policière est en place entre la Roumanie et la France, avec des échanges de policiers chevronnés pour démanteler des réseaux criminels, et depuis un an leur contingent nombre a même été augmenté. Il est bien donc curieux qu’après huit ans aucun réseau ne soit démantelé, non ?

En même temps, le ministre, afin d'illustrer la délinquance roumaine, nous cite le « clan Hamidović », effectivement un réseau démantelé il y a quelques mois, mais il s’agissait là de Bosniaques, comme le nom l’indique.Certes il n'est pas ministre des affaires étrangères ni géographe, mais tout de même...


Quant aux chiffres affichés, vous avez toute liberté de les croire en bloc. Or, la méthode utilisée était celle du carrotage - bien connue pour son caractère spécieux : ainsi, imaginez un seul instant un contrôle fiscal dans les 8e, 16e et 17e arrondissements de Paris, avec la coopération de banques étrangères dans les paradis fiscaux. Puis, une comparaison avec les résultats de la délinquance fiscale des Parisiens entre 2011 et 2010, sachant qu’en 2010 l’administration fiscale n’a contrôlé que de manière aléatoire, ceci dans l'ensemble de la ville. Gageons qu'il y aurait une augmentation, et peut-être sérieuse - qui sait même supérieure à celle que le ministre affirme voir dans sa fameuse « délinquance roumaine ».