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mercredi 15 juin 2016

Au Bourget, policiers et riverains sont-ils « tout permis » contre les Rroms ?

Le 13 juin dernier,  la police municipale du Bourget a procédé à l’expulsion brutale et probablement illégale d’une maison vide occupée par 7 hommes, femmes et enfants Rroms.  Les occupants étaient depuis des jours l’objet d’intimidations et menaces de leurs voisins. Alors que l’ONU s’inquiète des violences policières en France, La voix des Rroms s’alarme de la gravité de leurs conséquences sur la vie quotidienne des personnes les plus vulnérables. Le pôle « Déontologie de la sécurité » du Défenseur des Droits a été saisi.





Le 18 avril dernier La voix des Rroms était invitée à Genève pour témoigner devant le Comité contre la torture de l'ONU qui examinait la situation française, notamment sous l’aspect des violences policières.

Depuis, la réalité témoigne quotidiennement de l’intensité et de la banalité de cette violence en direction des Rroms migrants.

"une nouvelle expulsion particulièrement  violente" 


Ainsi, 7 hommes, femmes et enfants, anciens résidents du Bidonville du Samaritain, -dont l’expulsion brutale avait fait en Aout 2015, l’objet de condamnation fermes du Défenseur des Droits, et du Commissaire aux Droits de l'Homme de l'ONU- ont fait l’objet, le soir du 13 juin dernier, d’une nouvelle expulsion particulièrement  violente et dont la justice devra décider de la probable illégalité.

Depuis 10 jours, Costel, Rrom de nationalité roumaine, son fils, et une autre famille composée d’un couple, une grand-mère et deux enfants, s’étaient installés dans une maison vide au milieu de quartier pavillonnaire de classe moyenne blanche de la commune du Bourget, après avoir été victimes d’une nouvelle expulsion.

Lors de la première visite de la police nationale à leur nouveau logis, Costel et ses amis ont présenté une preuve de ce que leur occupation avait plus de 48 h d’ancienneté. Cette preuve a été reconnue par ces policiers du commissariat de La Courneuve. Elle garantissait donc qu’une éventuelle expulsion ne pourrait être que le fait d’une décision de justice, laissant ainsi  aux occupants  de la maison un certain  répit.  

Mais visiblement ce souci de la justice ne semblait pas être du goût de tous. En effet, les jours d’après, des voisins, au premier chef desquels un homme se présentant comme étant un gendarme à la retraite et disant être le propriétaire, sont venus avec l’intention de déloger Costel et ses amis par la force. Ces derniers témoignent avoir été l’objet de menaces de mort. Cette stratégie illégale d’intimidation  ne  fit qu’aller crescendo chaque jour.

« les papiers ce sera poubelle » 


Jusqu’au soir du 13 juin, ou des hommes de la police municipale du Bourget, qui n’est pas habilitée à procéder à des expulsions (hors exécution d'un arrêté municipal), sont venus mettre à exécution les menaces portées par les voisins des jours durant. Costel raconte avoir été giflé par un policier,  ainsi que son fils, menacés d’être "gazés", et sortis de force de la maison.  Les deux femmes arrivent alors et demandent d’entrer dans la maison pour récupérer leurs papiers. Ce à quoi un policier répond : « les papiers ce sera poubelle ».  Lorsque l’une d’entre elles lui présente la preuve de l’ancienneté de leur occupation et donc de la légalité de leur présence, ce policier la déchire devant elle. Il affirme par ce geste devant cette femme, qu’entre elle et la police, il n’est pas question de justice, mais de force, c’est-à-dire de violence !

Afin ne pas laisser impuni le comportement illégal et dangereux des forces de l’ordre, le Pôle juridique du Mouvement du 16 Mai, réseau d’organisations dont fait partie La voix des Rroms a saisi le pôle « Déontologie de la sécurité » du Défenseur des Droits qui  a ouvert un dossier. En outre, une plainte a été déposée contre le  gendarme à la retraite pour « menaces de mort ».  Ce sera à la justice de décider si  désormais en  France  la loi est faite par  seul le pouvoir  de la violence  qu’elle soit institutionnelle ou privée.



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lundi 29 juin 2015

Manuel Carlos VALLS devant la Cour d'appel de Paris

La Voix des Rroms a fait citer M. Manuel Valls devant la Cour d'appel de Paris du chef de provocation à la haine raciale contre les Rroms. Cette procédure concerne des propos que Manuel Valls a tenu en 2013, lorsqu'il était ministre de l'intérieur. En première instance, le tribunal s'était déclaré incompétent. L'audience se déroulera le 2 juillet à 13h30 à la Cour d'appel de Paris (pôle 2, chambre 7).

En première instance, les juges se sont déclarés incompétents, jugeant que Manuel Valls s'exprimait en tant que ministre sur une politique du gouvernement et que, par conséquent, il ne pouvait être poursuivi que devant la Cour de justice de la République.

La Voix des Rroms estime cependant que la République française, sauf à renier ses principes fondateurs, ne peut tolérer des politiques menées sur une base raciale et donc, qu'en parlant de manière générale et méprisante d'un groupe ethnique, M. Valls ne pouvait en aucun cas avoir agi dans le cadre de ses fonctions gouvernementales. En effet, M. Valls a affirmé notamment : "Il y a évidemment des solutions d'intégration mais elles ne concernent que quelques familles, c'est illusoire de penser qu'on règle le problème des populations roms à travers uniquement l'insertion". Si ses propos ne sont pas ceux d’un simple citoyen, mais ceux d'un ministre, alors il s’agit d’une faute grave de l’Etat, d'une violation du principe d'égalité.

Ces propos, comme d'autres que M. Valls a répétés à plusieurs reprises, participent de la stigmatisation à grande échelle des Rroms et de la montée de l'antitsiganisme qu'ont constaté plusieurs acteurs, nationaux et internationaux, parmi lesquels l'ONU. C'est pourquoi La voix des Rroms est déterminée à poursuivre son action aussi longtemps qu'il faudra devant la justice, afin que cesse le racisme structurel et la fragmentation de la société en segments dressés les uns contre les autres.

Télécharger ici la citation directe, contenant l'ensemble des propos poursuivis.



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jeudi 25 juin 2015

Prochaine condamnation, celle de Valls pour incitation à la haine raciale?

C’est une victoire judiciaire historique inespérée pour les associations du Collectif "Stop le contrôle au faciès". Mais celle-ci n’arrête pas le combat, elle incite à le poursuivre jusqu’à ce qu’elle soit inscrite dans la loi, et palpable au quotidien, pour tout le monde… Membre du collectif, La voix des Rroms marquera la prochaine  étape le 2 juillet prochain. Elle a cité à comparaître Manuel Valls pour incitation à la haine raciale avec des propos qu'il a tenus en 2013.

Le 24 juin 2015, pour la 1ère fois en France, l’Etat est condamné pour contrôle au faciès. Un peu plus de trois ans après leur plainte via le pôle juridique du Collectif Stop le Contrôle au Faciès, les treize plaignants ont ainsi découvert le délibéré de l’une des plus grandes instances juridiques de la République, la Cour d’Appel de Paris. Pour cinq d’entre eux, la justice a estimé que l’Etat avait commis une faute lourde et qu’il leur était redevable de 1500 euros de dommages et intérêts.

Une victoire inespérée pour l’ensemble des associations du Collectif Stop le Contrôle au Faciès, coalition d’associations de quartiers populaires, d’associations antiracistes, et d’associations de lutte contre les violences policières, qui – depuis 2011 – mènent collectivement ce combat avec l’appui de membres de la société civile,  de célébrités et de personnalités politiques engagées.

Loin d’être un aboutissement, cette victoire déterminante n’est pour elles qu’un nouveau départ. Elle envoie un message fort à tous les citoyens, et plus particulièrement aux plus discriminés. Car s’il semble, pour l’instant, quasiment impossible de faire condamner les policiers aux comportements abusifs, la Justice a placé le curseur sur les véritables responsables du fossé entre la police et la population : les représentants de l’Etat. Ce sont bien eux qui décident de la condition de travail des policiers ainsi que des recours face à ces dysfonctionnements, problématiques pour tous. La répression dont font l'objet en continu les Rroms est elle aussi le fruit d'un antitsiganisme décomplexé, exprimé ouvertement par le "premier flic de France", aujourd'hui premier ministre, qui devra répondre devant la Cour d'Appel de Paris le 2 juillet 2015 pour ses propos comme les Roms "ne souhaitent pas s'intégrer pour des raisons culturelles", leur mode de vie et celle des Français sont "évidemment en confrontation" etc.

mercredi 3 juin 2015

Le Jour de la Sirène de Juin 2015 : C'est aujourd'hui de 17h à 18h sur radio FPP 106.3 et www.rfpp.net


Mercredi 3 juin 2015 de 17h à 18h

Le jour de la Sirène de Juin

(l'émission de La voix des Rroms et Radio.Graphie)FPP 106.3 en Île-de-France et www.rfpp.net partout dans le monde

reçoit

Clémence (association Rue et Cité) et 
Corina, habitante du bidonville menacé au 165 rue de Paris à Bobigny



et 

diffusera

un entretien avec Anina Ciuciu 


réalisé lors de

la Fête de l'Insurrection Gitane 


L'équipe reviendra en outre sur les actualités minoritaires du mois passé et du mois à venir

L'émission sera animée par les sons de
 l'unique DJ Tzigane de France
A.K.A
DJ RROM & ROLL




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mercredi 6 mai 2015

Mercredi 6 Mai 17h : #RromaniResistance, #May16 dans le Jour de la Sirène, sur Fréquence Paris Plurielle


A ne pas rater aujourd'hui 17h sur 106.3 ou www.rfpp.fr dans le monde entier

LE JOUR DE LA SIRÈNE


émission de La voix des Rroms et Radio.Graphie



L'équipe annoncera largement dans le détail

la 

FÊTE DE L'INSURRECTION DU GITANE
du 16 et 17 mai prochains à Saint-Denis

et reviendra sur le riche programme disponible 

sur

www.insurrection-gitane.com



Ainsi que sur sa signification :
La révolte du "camp des familles Tziganes" d'Auschwitz II-Birkenau le 16 mai 1944 


avec des lecture d'extraits de "La Nuit de Walpurgis" dans 


Editions Al Dante, toujours disponible sur 
http://www.insurrection-gitane.com/?product=livre-avava-ovava (15€)


Comme chaque semaine l'émission sera rythmée des sons de 
l'unique Dj Tzigane de France
DJ RROM & ROLL


mardi 5 mai 2015

LE SOULÈVEMENT DE LA VIE NUE : FÊTE DE L’INSURRECTION GITANE

A l’occasion du « International Rromani Resistance Day », événement européen contre le racisme anti-rrom et pour l’émancipation populaire, La voix des Rroms présente la Fête de l’Insurrection Gitane, les 16 et 17 mai 2015, sur le parvis de la Basilique de Saint-Denis (93), du samedi 19h au dimanche 19h.

Le 16 mai 1944, les Rroms et les Sinté emprisonnés à Birkenau sont avertis par un agent de liaison polonais appartenant au réseau clandestin de résistance du camp, de l’imminence de leur liquidation. Ils se révoltent et parviennent à repousser l’instant de leur assassinat.

La voix des Rroms sensibilise le public à cet événement historique depuis 2010, avec l’intention de déplacer la mémoire de l’«Holocauste» : depuis la figure funèbre  de  la « victime éternelle » à l’affirmation joyeuse du combat universel contre l’injustice et la sauvagerie d’Etat.  Grâce à ce travail de sensibilisation, le 16 mai 2014 la commission Helsinki du gouvernement des Etats-Unis  célébrait «l’effort héroïque » de ces hommes et femmes insurgés. Le 16 mai 2015, le « International Rromani Resistance Day » sera célébré dans une dizaine de villes d’Europe.

Le développement de ce type de démarche est particulièrement important à notre époque : l’extrême droite progresse partout en Europe et le Front National est devenu le « premier parti de France », cette France dans laquelle l’ONU dénonce la « banalisation des discours de haine ». Cette France où le 2 juillet prochain le Premier Ministre comparaîtra devant la Cour d’appel de Paris pour « incitation à la haine raciale », cité par La voix des Rroms.  

Dans ce contexte, la Fête de l’Insurrection Gitane est un grand manifeste contre le racisme structurel, les discriminations, et un acte d’affirmation d’une nouvelle identité populaire fondée sur la cohésion non hiérarchique du peuple en tant que multiplicité résistante, et portée par les femmes. Ainsi, outre des concerts et danses « tziganes », des jeux forains pour les enfants, l’événement  comptera d’importants temps d’interventions  mobilisant  des personnalités autour de thèmes comme « génocide et colonialisme », ou « femmes et révolte des minorités».  Le programme complet est disponible sur : www.insurrection-gitane.com.  

Une recension de l’édition 2014 de la Fête de l'Insurrection Gitane

#RromaniResistance     #May16       

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dimanche 8 mars 2015

La stratégie française pour l'inclusion des Rroms - devenons sérieux!

Sous la coordination de la Fondation du secrétariat de la décennie pour l’inclusion des Roms, une coalition d’associations françaises a publié un rapport sur la mise en œuvre de la stratégie nationale française pour l’inclusion des Roms. Sans surprise, le rapport pointe de nombreux problèmes et incohérences des politiques publiques. Il préconise aussi des améliorations à travers des recommandations adressées à la fois aux autorités et à la société civile.



Peu de gens le savent, mais comme l’ensemble des pays membres de l’Union européenne, la France dispose d’une stratégie nationale pour l’inclusion des Roms, intitulée « Une place égale dans la société française ». Elle a été adoptée dans le cadre de la communication de la Commission européenne du 5 avril 2011 et des conclusions du Conseil européen du 19 mai 2011. Cette stratégie nationale vise d’une part la population migrante originaire de Bulgarie et de Roumanie vivant en bidonville et d’autre part les dits « gens du voyage ». Sa mise en œuvre fait l’objet d’un suivi par la Commission européenne, à laquelle le gouvernement français envoie régulièrement des rapports sur ce sujet. La Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (DIHAL) coordonne le développement et la mise en œuvre de cette stratégie en coopération étroite avec le Secrétariat général aux affaires européennes. Ensemble, ces deux services de l’Etat, placés sous l’autorité du Premier ministre, constituent le point de contact national dans les relations entre la France et la Commission européenne.

Parallèlement à cette évaluation, le Secrétariat de la Décennie pour l’inclusion des Roms soutient l’observation par la société civile de la mise en œuvre des stratégies nationales dans les pays membres de l’Union européenne. C’est dans ce cadre qu’une coalition d’associations françaises, composée par les associations Rromeurope, La voix des Rroms, le Réseau Action Culture Education Droit (RACED) et Sang pour Sans, s’est vu confier par ce secrétariat la mission de rédiger un rapport sur la mise en œuvre de la stratégie française pour l’inclusion des Roms en 2012 et 2013. Après des mois de recherche, le rapport a été rédigé et publié, sur papier et sur le site de la Décennie en français et en anglais. Le rapport passe en revue la situation dans les quatre domaines du Cadre européen des stratégies nationales pour l’inclusion des Rroms (éducation, emploi, santé et logement), tant dans l’optique des politiques publiques que dans l’optique des mesures concrètes prises ou à prendre. Critique, le rapport de la coalition française de la société civile appelle à un changement de fond dans les politiques publiques. Il pointe nombre de confusions, de carences et d’incohérences dans l’action publique et fait une série de recommandations aux autorités nationales et locales, ainsi qu’à la société civile. Parmi celles-ci, on peut mentionner l’abrogation de la loi de 1969 sur les gens du voyage, l’établissement d’un dialogue réel et efficace entre les différents acteurs, la coordination des actions de ces derniers, ou encore la lutte contre l’antitsiganisme, un phénomène qui mine les quelques rares initiatives prises parfois à un niveau local.

Les associations rédactrices du rapport espèrent que celui-ci servira à éclairer l’action des autorités et des associations qui interviennent auprès de ces populations. Elles estiment qu’il en va non seulement de la réalisation des droits de ces dernières mais aussi d’une utilisation plus judicieuse des moyens engagés et d’autres, disponibles, tels des fonds européens.

dimanche 4 janvier 2015

Appel au silence pour toutes les Francesca de France

Le décès de deux bébés de quelques semaines à peine en cette période de changement des années a suscité des sentiments variés, notamment du fait qu’elles vivaient dans des situations très précaires.

Le maire de Champlan aurait refusé l’enterrement de la petite Maria Francesca sur la commune, qui selon les propos rapportés par les médias, réservait le cimetière à ceux qui payaient des impôts, par manque de place. Après le tollé que cela a suscité, le maire chevalier de la Légion d’Honneur, Christian Leclerc a démenti tout refus et prétend un « amalgame des informations ».

A la gare de Lille –Flandres, c’était une autre petite Francesca, elle aussi âgée de quelques semaines, qui a trouvé la mort. L’association AREAS avait signalé la situation vulnérable de cette famille aux fins d’un hébergement d’urgence, mais là encore, il n’y avait pas de place. Après le décès de son enfant, la famille a été hébergée. Un hébergement d’urgence très cher payé.

Les réactions sur le « bébé rom » de Champlan fusent dans les médias. Or, très peu de politiques méritent de s’exprimer sur le sujet, et par une pudeur très louable ils ne le font pas. Car si rien ne justifie le refus d’héberger une famille en détresse ou d’enterrer une victime de la politique du gouvernement vis-à-vis de ce qu’il appelle « le problème des populations roms », tout est là pour expliquer comment on en est arrivé à ce point. La déshumanisation des Rroms est l’œuvre commune de la totalité des partis politiques français, du PCF au Front National. Le maire de Saint-Denis, celui de Stains, celui de Bobigny, pourraient-ils honnêtement condamner l’éventuel refus d’enterrer un bébé « rom » alors qu’ils ont jeté et jettent à la rue des dizaines de bébés et leurs familles ? Ceci en défiant même des décisions de justice qui leur accordent un délai pour la mise en place de mesures d’accompagnement social ? Non, et ils ne l’ont pas fait. M. Valls, le premier de nos ministres, a-t-il le culot de s’exprimer sur twitter « Refuser la sépulture à un enfant en raison de son origine : une injure à sa mémoire, une injure à ce qu'est la France. » Quelle France, cette fois-ci monsieur Valls ? Ce ne serait plus celle dont les modes de vie diffèrent extrêmement avec ceux de « ces populations » et qui par conséquent, selon vous-mêmes « sont évidemment en confrontation » ? Ce ne serait plus celle où, selon vous, alors que vous étiez ministre de l’Intérieur, « il est illusoire de penser que l’on règlera le problème des populations roms à travers uniquement l’insertion » ?


Ça sent fortement le pourri dans le royaume de France, d’en haut en bas. Ces deux bébés y sont nées et y sont mortes avant de pouvoir s’en rendre compte. Pour le repos de leurs âmes et pour le respect de leurs familles, politiciens et consorts de tous bords et tous milieux, abstenez-vous de tout commentaire !

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lundi 22 décembre 2014

Le tribunal incompétent pour juger Valls - appel de La voix des Rroms

Par jugement du 19 décembre 2014, la 17ème chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Paris s’est déclaré incompétente pour juger les propos tenus par Manuel Valls sur les Rroms. La voix des Rroms a fait appel de cette décision qui pose des problèmes au-delà des Rroms. Elle estime en effet que cette décision donne carte blanche au racisme, dès lors qu’il provient du gouvernement.

Le tribunal a estimé que « Manuel Valls n’a pas émis une opinion comme homme politique dans le cadre d’un débat d’intérêt général mais a été invité par des journalistes à s’exprimer en sa qualité de ministre de l’intérieur sur un sujet en lien direct avec la conduite des affaires de l’Etat, de sorte que les faits qui lui sont reprochés ont bien été accomplis dans l’exercice de ses fonctions ministérielles ».

Entre autres propos, voici ce que le tribunal estime être « en lien direct avec la conduite des affaires de l’Etat » :

  1. « Il est illusoire de penser que l’on règle le problème des populations roms à travers uniquement l’insertion »
  2. « Ces populations ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation ».
  3. « Les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie ».

La république française ne reconnaissant pas de minorités ethniques, en quoi « le problème des populations roms » est-il lié à la « conduite des affaires de l’Etat » ? Sous prétexte de nommer tour à tour, en jonglant « ces populations » et « populations roms », un ministre peut-il échapper impunément propager un point de vue raciste en se couvrant de son portefeuille ministériel ? Le délit de provocation à la discrimination deviendra-t-il inapplicable aux politiques qui occupent un ministère ?

Pour La voix des Rroms la réponse est clairement « non ». Ce délit est encore plus grave lorsqu’il est exprimé par des membres du gouvernement. C’est pourquoi elle a interjeté appel de cette décision et reste mobilisée pour faire condamner ces propos par la justice française. A défaut, et après épuisement de toutes les voies de recours, elle saisira la Cour européenne des droits de l’Homme. 

lundi 3 novembre 2014

Le maire de Saint-Denis doit se joindre à notre combat pour la dignité et les droits de tous!

Les arrêtés municipaux mettant en demeure des familles démunies à quitter leurs habitations précaires pleuvent de toute part. A Bobigny, le préfet de la Seine-Saint-Denis a expulsé plus de 300 Roumains et Bulgares en exécution d'un arrêté du maire, pris formellement en raison de la dangerosité du site. Ceci alors même que le tribunal de grande instance avait rejeté la demande d'expulsion formée par la mairie en qualité de propriétaire du terrain.

Désormais, c'est le maire de Saint-Denis qui multiplie les arrêtés d'expulsion, toujours au prétexte de la dangerosité des sites d'après la police municipale, alors que des constats d'huissiers contredisent cette thèse et que le tribunal de grande instance a accordé, au moins pour un des deux sites, un délai de six mois aux habitants, le temps que les autorités mettent en oeuvre le dispositif d'accompagnement prévu par la circulaire du 26 août 2012 relative à l'anticipation de l'évacuation des "campements illicites".

Après que des habitants de ces sites aient occupé pendant quelques heures la mairie de Saint-Denis lundi 27 octobre, le maire s'est engagé à recevoir demain, 4 novembre à 8 heures 30, une délégation composé par La voix des Rroms et Rromeurope. 

Ces personnes doivent vivre. Pour cela, elles ont besoin d'un abri. Si l'Etat leur refuse ce droit, la ville, elle a le choix entre servir d'exécutant de la sale besogne qui consiste à jeter femmes, hommes et enfants à la rue ou s'associer au xombat de ces derniers pour faire respecter leur dignité. 

Aux côtés des habitants de ces sites, nous demandons au maire de Saint-Denis de:
1.     Retirer les arrêtés d’expulsion des familles occupant des lieux sans droit ni titre rue Charles Michels et rue Ambroise Croizat !
2.     S’engager formellement de ne plus prendre de tels arrêtés
3.    Inscrire à l’école les enfants habitant ces lieux, comme la loi l’exige

Les associations Rromeurope et La voix des Rroms ont fait le choix du combat pour la dignité et les droits de tous. Le maire de Saint-Denis a déjà prouvé qu'il peut le faire aussi. Nous attendons de lui la confirmation de cette position par une réponse positive à ces demandes légitimes et minimales.

Ci-dessous le tract que les habitants des sites concernés distribueront aux dyonisiens devant et aux alentours de la mairie en attendant l'issue de la réunion.



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jeudi 23 octobre 2014

Avant la réunion Mairie - Préfecture de région aujourd’hui à 18 heures, les Rroms de Bobigny, expulsés, réclament leurs droits légitimes : scolarisation, relogement et accès aux soins.




Logés dans un gymnase de la ville de Paris depuis deux jours, une soixantaine de Roms expulsés du bidonville des Coquetiers le 21 octobre ne se sont toujours pas vu proposer de solution pérenne de relogement. C’est pourtant une des obligations que fixe la circulaire du 26 août 2012.

L’expulsion a provoqué la déscolarisation de tous les enfants vivant sur le bidonville alors que celui-là même comptait un des plus hauts pourcentages d’enfants dans un parcours scolaire et était à ce titre là exemplaire.

Les Roms de Bobigny non relogés  et les associations qui les épaulent demandent donc simplement le respect par l’Etat de sa propre loi, à savoir la rescolarisation des enfants, le relogement  des expulsés et un accès aux soins pour tous.

Les autorités sont donc mises devant leur responsabilité à l’issue de cette réunion. Elles doivent y répondre avec d’autant plus de sérieux que la crise humanitaire en cours leur est imputable, a commencer par la mairie de Bobigny, mais également le gouvernement, par les politiques d’expulsion qu’il mène.

Signatures :
La voix des Rroms, Les Enfants du Canal, Mouvement Antiraciste Européen–EGAM, SOS Racisme, Entraides-Citoyennes, RESF93, MRAP 93, Collectif Bobigny, Convivances, l’ASEFRR,  Collectif de soutien aux Roms de Clichy-Sous-Bois, Collectif Romeurope Noisy-Le-Grand, Ligue des Droits de l'Homme, Alternative Libertaire, Ensemble !


Contact Presse : 
Elie Petit
Responsable de la Communication
Mouvement Antiraciste Européen – EGAM (European Grassroots Antiracist Movement)
www.egam.eu
+33.6.68.08.61.02
elie.petit@yahoo.fr





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