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jeudi 23 juin 2016

Déclaration d'indépendance du Mouvement du 16 Mai : #RromaniResistance

Texte prononcé sur scène en Français, Rromanes et anglais, à l’ouverture du bal politique de la Fête de l’Insurrection Gitane (www.insurrection-gitane.com) le dimanche 15 Mai 2016 sur le parvis de la Basilique de Saint-Denis.









"Nous, Rroms, sommes beaux.


Mais partout votre monde nous enlaidit.


Sur vos trottoirs, dans vos prisons, dans les bidonvilles que vos États nous font,


Votre monde nous enlaidit sauf dans vos rêves, dans vos cirques, sur vos scènes, ou dans vos films, 


Votre imagination est notre espace politique. Il n’y a que dans vos rêves que nous sommes libres.


Nous ne vous apparaissons jamais qu’avec un masque pour vous plaire ou nous soumettre.


Ce jeu est si vieux qu’à vous comme à nous il semble naturel.


Et même lorsque les Etats tentent de nous détruire, c’est toujours devant vos propres juges que vous les faites comparaitre. Et tous sont absous.


Et à la fin, dans vos tribunaux, même nos morts sont toujours présumés coupables.


Raymond Gurême, notre grand-père à tous, a survécu au « génocide des tziganes »
Il nous fait l’honneur, encore cette année, d’être avec nous à cette fête de l’insurrection gitane. Il est pour nous un exemple, un héros !


Lorsqu’à son âge, il est battu chez lui par des policiers, le procureur classe sa plainte et fait sur lui peser la suspicion : parce qu’étant ce qu’il est c’est bien qu’il a dû mérité ces coups de bâton.


Il y aussi tel grand historien de l’ « holocauste », Gunther Levy, ou tel haut fonctionnaire du Conseil de l’Europe qui formulent l’étrange hypothèse raciste que la cause de la violence qui nous est faite serait en nous.


Même lorsque les États tâchent de soigner le mal que vous voyez nous ronger la vie : la vieillesse au visage d’une jeune maman, l’infection du foi d’un fils qui meurt à 26 ans, les poumons de jeunes filles empoisonnées par le voisinage d’une usine de béton, le cadavre carbonisé d’un nourrisson dans la misère de vos villes, c’est avec l’idée que la source de ce mal est en nous, et que pour le soigner, il vous faudrait nous faire cesser d’être nous-mêmes. C’est ce qu’on appelle l’intégration, qui est une autre manière de nous détruire.


Il suffit de regarder : plus les politiques publiques d’intégration croissent en intensité, plus les nôtres souffrent partout en Europe. Mais désormais nous savons, ce n’est pas en nous qu’est la source du mal dont nous mourrons. Et à mesure que nos souffrances progressent, vos monstres politiques apparaissent : vos barbelés, vos polices des frontières, les camps de concentration en Grèce où vous gardez des réfugiés. Même la mer méditerranée qui vous a enfantés devient un charnier. Et soyons sûrs, mes frères et mes sœurs rroms, que ce dont meurent les enfants, les femmes et les hommes qui arrivent d’Afrique ou de Syrie, c’est du même mal que nous. Nous mourrons tous de cette Europe !

Aujourd'hui, en mémoire de la révolte des Femmes et des hommes qui se sont soulevés le 16 Mai 1944 dans les camps des « familles tizganes de Auschwitz II-Birkenau », nous, Hommes et femmes rroms vivants, déclarons la création du « Mouvement du 16 Mai »


Le « mouvement du 16 Mai » est une organisation politique rrom autonome, une médecine par quoi nous avons décidé de soigner nous mêmes le mal dont nous souffrons. Nous vous sommes grés de vos médecines mais elles nous ont jusqu’ici été un poison. Notre santé ne dépend que de nous. Nous savons désormais que ce n’est pas en vous imitant que nous irons mieux, car nous savons que vous aussi êtes malades.


Quand nous nous serons lavés de la laideur, soignés des cicatrices que votre racisme, votre violence, votre pitié ont marqués sur nos peaux, c’est vous qui voudrez nous ressembler, et pas seulement en portant nos jupes et nos chapeaux. Vous voudrez ressembler à ce que nous sommes et tels que vous ne nous avez jamais vus. De notre santé dépend aussi la votre. Car si nous sommes ceux qui souffrent, le mal est parmi vous.


C’est pourquoi le Mouvement du 16 Mai est une déclaration d’indépendance et une déclaration d’amour. La nuit du 2 Août 1944, quand quelques 3000 Femmes, hommes et Enfants Rroms ont été instantanément détruit par le gaz, l’instant d’avant, dans l’antichambre, un membre du réseau de résistance de Birkenau qui survivra a vu, et raconté ce qu’il décrit comme « un spectacle inhabituel qu’il n’avait encore jamais observé dans cette horreur: des hommes serraient passionnément leur femme dans un ultime étreinte, et donnaient ainsi adieu à l’être le plus cher qu’ils avaient au monde - comme à leur propre existence. »


Cet amour-là, c’est ce que nous appelons le « soulèvement de la vie nue », c’est l’acte politique à quoi nous voulons être fidèles, c’est la promesse à quoi nous voulons être tenus. C’est au cœur de cette nuit éternelle que le Mouvement du 16 Mai, la Fête de l’insurrection gitane et tout le mouvement international Rromani Resistance veut porter le présent. Depuis ce point irradiant la nuit d’intensité amoureuse, Nous, les Rroms, sommes désormais éternellement vivants et debout !"



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mercredi 15 juin 2016

Au Bourget, policiers et riverains sont-ils « tout permis » contre les Rroms ?

Le 13 juin dernier,  la police municipale du Bourget a procédé à l’expulsion brutale et probablement illégale d’une maison vide occupée par 7 hommes, femmes et enfants Rroms.  Les occupants étaient depuis des jours l’objet d’intimidations et menaces de leurs voisins. Alors que l’ONU s’inquiète des violences policières en France, La voix des Rroms s’alarme de la gravité de leurs conséquences sur la vie quotidienne des personnes les plus vulnérables. Le pôle « Déontologie de la sécurité » du Défenseur des Droits a été saisi.





Le 18 avril dernier La voix des Rroms était invitée à Genève pour témoigner devant le Comité contre la torture de l'ONU qui examinait la situation française, notamment sous l’aspect des violences policières.

Depuis, la réalité témoigne quotidiennement de l’intensité et de la banalité de cette violence en direction des Rroms migrants.

"une nouvelle expulsion particulièrement  violente" 


Ainsi, 7 hommes, femmes et enfants, anciens résidents du Bidonville du Samaritain, -dont l’expulsion brutale avait fait en Aout 2015, l’objet de condamnation fermes du Défenseur des Droits, et du Commissaire aux Droits de l'Homme de l'ONU- ont fait l’objet, le soir du 13 juin dernier, d’une nouvelle expulsion particulièrement  violente et dont la justice devra décider de la probable illégalité.

Depuis 10 jours, Costel, Rrom de nationalité roumaine, son fils, et une autre famille composée d’un couple, une grand-mère et deux enfants, s’étaient installés dans une maison vide au milieu de quartier pavillonnaire de classe moyenne blanche de la commune du Bourget, après avoir été victimes d’une nouvelle expulsion.

Lors de la première visite de la police nationale à leur nouveau logis, Costel et ses amis ont présenté une preuve de ce que leur occupation avait plus de 48 h d’ancienneté. Cette preuve a été reconnue par ces policiers du commissariat de La Courneuve. Elle garantissait donc qu’une éventuelle expulsion ne pourrait être que le fait d’une décision de justice, laissant ainsi  aux occupants  de la maison un certain  répit.  

Mais visiblement ce souci de la justice ne semblait pas être du goût de tous. En effet, les jours d’après, des voisins, au premier chef desquels un homme se présentant comme étant un gendarme à la retraite et disant être le propriétaire, sont venus avec l’intention de déloger Costel et ses amis par la force. Ces derniers témoignent avoir été l’objet de menaces de mort. Cette stratégie illégale d’intimidation  ne  fit qu’aller crescendo chaque jour.

« les papiers ce sera poubelle » 


Jusqu’au soir du 13 juin, ou des hommes de la police municipale du Bourget, qui n’est pas habilitée à procéder à des expulsions (hors exécution d'un arrêté municipal), sont venus mettre à exécution les menaces portées par les voisins des jours durant. Costel raconte avoir été giflé par un policier,  ainsi que son fils, menacés d’être "gazés", et sortis de force de la maison.  Les deux femmes arrivent alors et demandent d’entrer dans la maison pour récupérer leurs papiers. Ce à quoi un policier répond : « les papiers ce sera poubelle ».  Lorsque l’une d’entre elles lui présente la preuve de l’ancienneté de leur occupation et donc de la légalité de leur présence, ce policier la déchire devant elle. Il affirme par ce geste devant cette femme, qu’entre elle et la police, il n’est pas question de justice, mais de force, c’est-à-dire de violence !

Afin ne pas laisser impuni le comportement illégal et dangereux des forces de l’ordre, le Pôle juridique du Mouvement du 16 Mai, réseau d’organisations dont fait partie La voix des Rroms a saisi le pôle « Déontologie de la sécurité » du Défenseur des Droits qui  a ouvert un dossier. En outre, une plainte a été déposée contre le  gendarme à la retraite pour « menaces de mort ».  Ce sera à la justice de décider si  désormais en  France  la loi est faite par  seul le pouvoir  de la violence  qu’elle soit institutionnelle ou privée.



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samedi 17 mai 2014

U.S. Helsinki Commission Commemorates Romani Revolt at Auschwitz

U.S. Helsinki Commission Commemorates Romani Revolt at Auschwitz, Deportation of Hungarian Jews
                                                                                                                                          
70th Anniversary Highlights Intertwined Fate of Roma and Jews during the Holocaust

WASHINGTON—U.S. Senator Ben Cardin (MD), Chairman of the Commission on Security and Cooperation in Europe (U.S. Helsinki Commission) marked the 70th anniversary of the mass deportation of Hungary’s Jews and the Romani revolt at Auschwitz death camp in Nazi-occupied Poland.

“On May 16, 70 years ago, 6,000 Roma at Auschwitz used improvised weapons to resist efforts to transport them from their barracks to the gas chambers. Sadly, their desperate and heroic efforts only delayed their mass murder," said Chairman Cardin.

“I am appalled,” he continued, “when government officials, sometimes at the highest level, characterize Roma as criminals or ‘unadaptable’ using stereotypes that are reminiscent of Nazi racial theories. Remembering and teaching about Romani experiences during the Holocaust is critical in combating anti-Roma prejudices today.”

Approximately 3,000 of those who participated in the Romani revolt were sent to Buchenwald and Ravensbruck concentration camps as forced labor, where most of them died. On August 2-3, 1944, the so-called ‘Gypsy Family Camp’ was liquidated and the remaining 2,879 Romani men, women and children were sent to the gas chambers. Altogether, 23,000 Romani people from 11 countries were deported to Auschwitz and approximately 19,000 perished. Some died as a result of inhumane medical experiments by Dr. Joseph Mengele.

“This year also marks the 70th anniversary of the start of the final wave of Hungary’s war-time deportation of Jews,” noted Chairman Cardin. “Plans to empty the Romani camp at Auschwitz were, in fact, intended to make room for Jews arriving from Hungary.”

Anti-Semitic legislation was introduced in Hungary with the 1920 Numerus Clausus, which established limits on the number of Jewish university students. In 1941, more than 17,000 Jews were deported from Hungary to German-occupied Kamenets-Podolsk, where they were executed. Between May 15 and July 9, 1944, 437,402 Hungarian Jews were deported in the largest deportation of Jews to Auschwitz in the shortest period of time from any country. One of every three Jews who died at Auschwitz was from Hungary.

Cardin concluded, “I welcome the participation of Czech Prime Minister Sobotka in the memorial service held on May 10 at the site of the concentration camp for Roma at Lety. I urge the Czech Government to take steps to reflect the historic significance of this site for Romani survivors and their families everywhere.”

Lety was the site of one of two concentration camps for Roma in the war-time Czech Republic. The construction of a large pork processing plant on the site during the communist period has generated continuing criticism. The Helsinki Commission supported the transfer of microfilm copies of its archives – the only known complete surviving archives of a Romani concentration camp – to the U.S. Holocaust Memorial Museum in 2000.

On September 18, the U.S. Holocaust Memorial will hold a public symposium on new research regarding Roma and the Holocaust.

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The Commission on Security and Cooperation in Europe, also known as the U.S. Helsinki Commission, is an independent agency of the Federal Government charged with monitoring compliance with the Helsinki Accords and advancing comprehensive security through promotion of human rights, democracy, and economic, environmental and military cooperation in 57 countries. The Commission consists of nine members from the U.S. Senate, nine from the House of Representatives, and one member each from the Departments of State, Defense, and Commerce.



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