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samedi 5 septembre 2015

Aires d’accueil et sédentarisation


Texte paru dans Médiapart 
http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/250815/aires-d-accueil-et-sedentarisation
Lise Foisneaudoctorante en anthropologie à l’Université d’Aix-Marseille, Cécilia Demestre, habitante des aires d’accueil depuis 26 ans et Valentin Merlin, étudiant en sociologie et titulaire d'un livret de circulation considèrent que « l’actuel débat autour de la suppression du livret de circulation pour les gens du voyage et de l’obligation faite aux communes de plus de 5 000 habitants d’aménager une aire d’accueil cache la disparition programmée d’une culture et d’un mode de vie. »
Que cache l’actuel débat autour de la suppression du livret de circulation pour les gens du voyage et de l’obligation faite aux communes de plus de 5 000 habitants d’aménager une aire d’accueil ? La disparition programmée d’une culture et d’un mode de vie. 

Qu’est-ce qu’une aire d’accueil ?

Prenons l’exemple de la seule aire d’accueil de Marseille. Située dans la zone industrielle de Saint-Menet, entre l’autoroute, la voie ferrée et une centrale électrique, cette aire se trouve à 400 mètres de l’usine chimique nauséabonde Arkéma, site classé SEVESO. En dépit des mises en gardes répétées de l’association France Nature Environnement (FNE 13) qui constate « l'insuffisance des possibilités de confinement, [pour] à peine la moitié des personnes concernées, et ouvertes seulement lors des heures ouvrables », rien n’a été fait pour faire face à un accident ; et les conséquences de cette pollution pour la santé des habitants sont celles que l’on imagine.

L’architecture des lieux n’a rien à envier à son environnement : le terrain rectangulaire de l’aire d’accueil est entouré d’un grillage et, par endroit, de barbelés ; un unique accès au terrain ne permet pas d’évacuation d’urgence. Au centre, un bâtiment administratif muni de grilles de sécurité permet une surveillance des vingt-huit emplacements à 360°. De part et d’autre d’une voie goudronnée, chaque emplacement dispose de blocs sanitaires individuels : des toilettes à la turque et, en guise de douche, un pommeau qui pend au milieu d’un mètre carré de béton. Pour séjourner dans ce lieu, il faut déposer une caution de 60 euros et payer 2 euros par jour sans compter l’eau et l’électricité. 

Triste portrait de ce que les gens du voyage nomment sans hypocrisie un « terrain désigné ». Pour autant, l’aire d’accueil de Marseille est assez prisée. Pourquoi ? Son unique arbre permet de jouir d’un peu d’ombre et ses deux caniveaux permettent l’écoulement partiel des eaux. Autre raison de l’attractivité de l’aire de Marseille, son faible coût : on n’exige parfois jusqu’à 12 euros pour séjourner dans un lieu sans sanitaires et douches privatifs.

Ainsi, Dominique Raimbourg, le député rapporteur de la commission des lois, peut-il faire « le pari, […] que spontanément les aires d’accueil des gens du voyage ne seront occupées que par des gens du voyage ». Aucun risque que des touristes confondent une aire d’accueil avec un camping !
  
Une politique de sédentarisation

Ce qu’on ne dit pas, c’est que la loi Besson de juillet 2000 poursuit une politique ancienne de sédentarisation qui vise à obliger les gens du voyage à séjourner dans des lieux inhospitaliers. Pas de meilleure pédagogie pour faire comprendre que les voyageurs n’ont pas leur place en France. Et le message est parfaitement passé. Aussi, M. Raimbourg a-t-il raison d’affirmer que sur les 350 000 à 400 000 personnes de ce groupe, seul 100 000 voyagent et « les autres voyagent beaucoup moins, de moins en moins pour certains, et se sédentarisent ». Si la gauche peut se féliciter de la suppression du livret de circulation et de la réaffirmation de la loi Besson, on peut s’interroger sur l’effet réel de ces dispositions sur le mode de vie des gens du voyage.

L’article 13 de la Déclaration des droits de l’Homme stipule que « toute personne a le droit de circuler librement » à l’intérieur d’un État. Mais la politique de dissuasion du nomadisme remonte au moins au carnet anthropométrique de 1912. A l’époque, ces dispositions, moins subtiles, passaient par un harcèlement policier : le carnet anthropométrique devait être signé par les autorités à chaque fois qu’une roulotte arrivait sur un lieu et à chaque fois qu’elle en repartait. La loi de 1969 était, comme le fait remarquer M. Dominique Raimbourg, « plus humaine et plus douce » : les rapports quotidiens entre les gens du voyage et les forces de l’ordre étaient plus espacés puisqu’il fallait faire viser le carnet tous les trois mois.

Après une première offensive frontale du gouvernement français, il a été décidé de s’en prendre insidieusement, non plus aux personnes, mais aux lieux de vie. En 2000, la loi Besson impose aux communes de plus de 5 000 habitants de disposer d’une aire d’accueil : cette loi fut saluée par la gauche comme un progrès car elle était censée respecter les différents modes de vie des citoyens français, alors qu’elle entérine en fait l’interdiction faite aux voyageurs de stationner sur les parcelles communales. 

Les gouvernements français successifs procèdent à l’extinction d’un mode de vie qui est en trop profond désaccord avec le règne de la propriété privée et de la privatisation des espaces publics. Si les gens du voyage forment un « groupe social », comme le prétend Dominique Raimbourg, chacun sait que ce collectif a sa culture propre. Il s’agirait donc d’inventer un mot synonyme d’ « ethnocide » pour parler de la disparition d’un tel groupe.

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mercredi 21 janvier 2015

Justice 4 Raymond Gurême : Et la campagne repart de plus belle ! Signez la pétition : http://www.petitions24.net/solidarite_avec_raymond_gureme


Cher(e)s ami(e)s, 

Ce 12 janvier dernier, la Justice a signifié à Monsieur Raymond Gurême, résistant, déporté, survivant du "Génocide des Tziganes" le classement sans suite de sa plainte pour violences policières. (cf : http://www.depechestsiganes.fr/violences-policieres-classement-sans-suite-de-la-plainte-de-raymond-gureme-89-ans/

Pour un homme dont la vie est de bout en bout animée par  l'insoumission et le souci de la justice universelle, il va de soi que la lutte continue. Une nouvelle plainte avec constitution de partie civile est en cours : Signez cette pétition ! Elle sera envoyée le 27 janvier prochain, journée internationale de la mémoire de tous les génocides, à Madame Christiane Taubira, ministre de la Justice, et à Mr Jérôme Guedj, président du Conseil Général de l'Essonne !
http://www.petitions24.net/solidarite_avec_raymond_gureme

Une page facebook a été créée, afin de rassembler les actualités de cette campagne  ! :
​​
En vous remerciant


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lundi 17 novembre 2014

Avava-Ovava (Editions Al dante), tournée d'automne du 20 au 23 Novembre : Avignon, Saint-Etienne, Lyon

TOURNÉE D'AUTOMNE


Avignon . Saint-Etienne. Lyon


La voix des Rroms présente son livre et son action, avec Anina Ciuciu, Pierre Chopinaud, Valentin Merlin, Saimir Mile et Lise Foisneau


Avava-Ovava, Venant nous serons ! Un titre en langue Rromani, pour un livre qui surgit de la conscience du peuple Rrom. Venant, nous serons, car il est la pointe lancée en avant du surgissement d’un peuple inouï.
Poètes, juristes, historiens, voyageurs, 5 auteurs sont dans 5 textes installés à ce point de leur métamorphose. Il n’y a pas de fatalité sans mutation de ceux qu’elle emporte. Avava-Ovava, formule énigmatiquede « être » en langue des Rroms qui est le lieu de la rencontre du devenir et du retour. Le voyage et le tragique en sont lemotif fondateur, Avava- Ovava est écrit après que ses 5 auteurs soient revenus d’avoir vus les eaux d’Auschwitz-Birkenau où sont dissous les rroms morts du « camp des familles tziganes ». Avava-Ovava est traversé par des éclats de rire régénérateurs.
Narration, méditation, témoignage, il s’ouvre et descend dans l’Histoire, où s’affrontent des figures fantastiques,
comme sorties d’un fleuve d’Allemagne. Tel l’apprenti sorcier il exhume pour les exorciser les forces occultes qui, depuis l’imaginaire et par la loi, conduisent la violence publique contre « ceux qui n’ont pas de nom ».
Puis ilmet en accusation l’exhortation à lamémoire des crimes demasse en questionnant sa fonction. Qu’a t’on à fixer sur l’horreur les regards de la population ? Serait-ce pour l’aveugler au point de ne plus voir que ce peut être le bourreau qui place les yeux dans sa direction ?




Jeudi 20 Novembre à Avignon

19h

Centre Européen de la Poésie
(4, 6 rue Figuière)

Violences contre les Rroms d'hier et d'aujourd'hui

 Rencontres autour du livre Avava-Ovava (Editions Al Dante 2014)
avec les auteurs Pierre Chopinaud, Anina Ciuciu, Saimir Mile, Valentin Merlin, Lise Foisneau

Suivi d'un verre musical avec
DJ RROM & ROLL


*

Vendredi 21 Novembre à Saint-Etienne

15h

 Bourse du travail
(cours Victor Hugo)

Ouverture musicale
rencontres, lectures, politiques et poétiques autour du livre-manifeste Avava-Ovava (Editions Al Dante)
en présence des auteurs
modéré par Esmeralda Romanes

et  

20 h

LA GUEULE NOIRE
(16 rue du Mont, quartier de Bellevue)

rencontres, lectures, politiques et poétiques autour du livre-manifeste 
en présence des auteurs
Projection
Dîner musical




*

Dimanche 23 Novembre à Lyon

14h

Salon des Éditions Libertaires
(Maison des associations,  28 rue Denfert-Rochereau 69 004 Lyon

Violences contre les Rroms d'hier et d'aujourd'hui

 Rencontres autour du livre Avava-Ovava (Editions Al Dante 2014)
avec les auteurs Pierre Chopinaud, Anina Ciuciu, Saimir Mile, Valentin Merlin, Lise Foisneau

LES AUTEURS

ANINA CIUCIU: Jeune Romni de Roumanie (et depuis peu, française). Actuellement étudiante enmaster de droit à la Sorbonne. Elle a publié enmars
2013, aux éditions city, un livre intitulé Je suis tzigane et je le reste, qui vient d'être traduit et publié en Roumanie. Depuis avril 2014 : conseillère honorifique
du premierministre roumain pour la «problématique rrom».
LISE FOISNEAU:Membre du bureau de La Voix des Rroms, étudiante enmaster d'histoire à Sciences Po Paris, rédige actuellement unmémoire intitulé
La famille contre l'Etat. Anthropologie historique d'une famille tsigane dite étrangère dans l'espace national, du début du 20ème siècle aux années 1940.
Dans ce travail, ellemontre comment une famille tsigane, arrivée de Russie dans les années 1860, a réussi à préserver sa liberté et ses structures d'organisation
en dépit de contraintes administratives adoptées à son encontre.
PIERRE CHOPINAUD : Auteur, traducteur de la langue Rromani, coordinateur de La Voix des Rroms, a vécu, au plan de l’action et de l’esprit, parmi les
communautés Rroms dans plusieurs pays d’Europe.
VALENTINMERLIN: Étudiant en sociologie successivement à Aix-en-Provence, à Toulouse et à Strasbourg. A vécu plusieursmois au sein d’un des plus
grands et plus anciens bidonvilles Rroms de Seine-Saint-Denis. Il vit et agit actuellement au centre social autogéré dit l’Attieké, à Saint-Denis.
SAIMIRMILE : Rromde citoyenneté albanaise. Depuis 1996 il vit en France où il a étudié le droit international à la Sorbonne et la langue et civilisation
rromani à l'INALCO. Il préside l'association La voix des Rroms, etmène une large action, dans l'espace public français et international, comme dans le réel, de défense des droits et renversement des représentations.




AL DANTE
gestes & écritures indociles


Livre disponible (15 €, frais de port inclus)  : http://www.insurrection-gitane.com/?product=livre-avava-ovava et http://al-dante.org/












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vendredi 14 novembre 2014

Raymond Gurême, Baro Syntax contre les violences policières avec tous les insurgés des quartiers populaires : samedi 15 novembre, La Parole Errante, Montreuil.




MANOUCHES en Force !
Attention ce Samedi 15 Novembre, à la Parole Errante, Montreuil,
dans un contexte de mobilisation nationale contres les violences policières : la FAMILLE GURÊME et Baro Syntax seront présents aux côtés des insurgés des quartiers populaires.
Mais que fait la police ? VENEZ NOMBREUX.




14H-18H : Atelier d'écriture / Atelier Graff / Initiation à la Boxe anglaise




18H : Discussion avec des familles victimes de crimes policiers autour du livre "Permis de tuer - Chronique de l'impunité policière" (Editions Syllepse)





20H : Concert Rap
  • Première Ligne (93 Indépendant)
  • Dino (Killabizz) (75018)
  • L'Uzine (93) & Nodja (Perpignan-94)
  • Awax et Oliver (95)
  • Rety Bonap (95)
  • Baro Syntax (93)









Stands, bouffe et boissons disponibles sur place...
Entrée à prix libre
Tous les bénéfices seront reversés aux familles et aideront à l'organisation des mobilisations





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mardi 11 novembre 2014

Pour que justice soit faite, SIGNEZ ! : R.Gurême, Manouche, résistant, déporté, chevalier des arts et des lettres, victime de violences policières.


Dans un contexte d'intensification des violences policières contre les minorités racisés et tous les porteurs du changement, La Voix des Rroms souhaite attirer l'attention sur l'agression dont a été victime Mr. Raymond Gurême, citoyen, manouche, interné, résistant, déporté, chevalier des arts et des lettres.




Afin que Justice soit faite et que la République protège tous les citoyens contre les excès structurels de la Police, Signez la pétition !



Le 23 Septembre dernier Raymond Gurême, 89 ans, a été molesté, battu et blessé, par des agents de la force publique, au domicile dont il est propriétaire, dans l'Essonne.

Manouche, fils de forain et forain lui-même, Raymond Gurême a été arrêté en 1941 par la police française et interné avec les siens au camp de concentration pour "nomades" de Lynas-Monthléry, dans l'Essonne. De cet enclos d'abandon au bord de la mort, il s'est enfui.

Résistant, Raymond Gurême est arrêté par les forces d'occupation et déporté dans un camp disciplinaire en Allemagne Nazie d'où à nouveau il s'échappe avec la complicité de cheminots français. Fin Août 1944 il participe à la Libération de Paris.

Dans les années 60, il s'installe à Saint-Germain-les-Arpajons, en face de la colline où était "son" camp de concentration, pour y fonder une famille.

Depuis, les tensions avec les forces de l'ordre sont continues : interpellations abusives, contrôles au faciès, insultes racistes, menaces, violences, intimidations.

En 2011, il raconte son histoire dans un livre "Interdit aux nomades", aux Editions Calmann-Lévy

En Août dernier Raymond Gurême est à Cracovie et Auschwitz-Birkenau pour témoigner, avec d'autres survivants du "Génocide des tziganes" devant le mouvement européen de la jeunesse Rrom.

Le 23 septembre, un gendarme d'une trentaine d'années, entre dans son domicile, sans justification, et faisant face à la résistance du vieil homme, le jette dehors, le frappe à coups de pieds et matraque télescopique. Quatre de ses fils et filles s'interposant sont violentés, interpellés, et condamnés.

Une plainte est en cours, ainsi qu'une mobilisation internationale auprès des autorités françaises pour que justice soit faite et la police mise face à ses responsabilités.

Résister à la violence politique actuelle est le plus sûr hommage à ceux qui,  par ce qu'ils ont fait ou par ce qu'ils étaient, ont eu à en souffrir et en mourir. 

SIGNEZ LA PÉTITION 
qui sera adressée au gouvernement de la République Française






Un rassemblement a lieu le 30 Novembre à 15H à la gare de Brétigny s/Orge, où arrivaient les déportés avant d'être internés au camp de concentration  de Linas
(en présence de Raymond Gurême et de sa famille)


Plus d'infos :
http://www.depechestsiganes.fr/raymond-gureme-89-ans-rescape-des-camps-victime-de-violences-lors-dune-intervention-policiere/

Contact : raymond.gureme@gmail.com







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mercredi 10 juillet 2013

Invitation publique à F. Hollande à la commémoration du génocide des tsiganes

Le 24 juin dernier, La voix des Rroms envoyait au président de la République française, M. François Hollande, une invitation solennelle à la commémoration du génocide des tsiganes le 2 août 2013 à Auschwitz. Organisée par le réseau européen de jeunesse ternYpe, dont fait partie La voix des Rroms, cette commémoration a lieu à la date anniversaire de la liquidation par les nazis de 2500 tsiganes dans la nuit du 2 au 3 août 1944 à Auschwitz - Birkenau.

Nous souhaitions publier cette lettre d'invitation à un organe de presse nationale.
  • Nous l'avons proposée au Monde, qui l'a refusée en raison du nombre important des tribunes prévues à publier.
  • Nous l'avons proposée à Libération, qui ne nous a pas répondu, ce qui après 3 jours équivaut refus, aux termes du message automatique de confirmation de réception de notre courriel.
  • Nous l'avons proposée au Figaro, qui n'a pas répondu non plus et ne l'a pas publié.
C'est clair, il y a une autre actualité sur les Rroms, plus payante médiatiquement et électoralement. Elle est rythmé par des propos d'un Jean-Marie Le Pen et d'un Christian Estrosi. Par les réactions d'un Manuel Valls aussi, dont l'action contredit le discours, bien que le discours reste débile et donc non convaincant, tant il est empreint d'ignorance, si ce n'est de mauvaise foi.

Nous n'avons pas droit à la parole publique, sauf si c'est pour réagir à ces propos-là, pour dire quasi sur commande que nous sommes indignés, choqués, et autres adjectifs à la mode. Non, nous ne le sommes pas! Non, nous n'avons pas des nausées, sauf pour quelques femmes enceintes, et c'est dû à leur grossesse, à la vie qu'elle portent en elles et qu'elle donneront bientôt. Elles mettront au monde les enfants qui enterreront l'ignorance crasse et la médiocrité qui couvrent des manœuvres politiciennes mortifères, si nous n'y arrivons pas avant.

Non, nous ne sommes pas indignés, ni choqués! Ces sentiments bon marchés ne sont pas des nôtres. Nous sommes révoltés, comme des millions de nos frères humains au-delà des races, des langues, des couleurs de peau, des religions ou de leur absence, des habitats ou de leur absence, des emplois ou de leurs absence et cette liste-là pourrait s'allonger bien plus.

Nous commémorerons le Samudaripen, le génocide qui fit 500.000 morts parmi nos anciens, en restant debout et la tête haute. Nous le ferons malgré les refus ou le silence méprisant de ceux qui, gérant de l'argent public ou privé, ne nous ont pas accordé un seul centime pour couvrir les frais du voyage pour ce groupe de jeunes qui souhaite se rendre à Auschwitz. Nous le ferons grâce à la solidarité des hommes et des femmes qui ont répondu et qui continuent à répondre présents à notre appel à la solidarité. Car la dignité ne s'achète pas.

Nous avons voulu que les Français prennent connaissance des termes dans lesquels nous avons invité le président Hollande à nous rejoindre dans cette commémoration, termes qui traduisent une fois de plus la dignité qui est la nôtre. Les médias sollicités n'ont pas voulu publier notre lettre. Il est vrai, elle fait tache entre les discours des Le Pen, Estrosi & Co.

Eh bien, nous vous la livrons avec nos moyens, limités, mais les nôtres. Pour télécharger la lettre de La voix des Rroms à François Hollande, cliquez ici.



mercredi 4 août 2010

Pour l'égalité de traitement des Rroms et "gens du voyage" en France

La voix des Rroms a lancé aujourd’hui une pétition en ligne pour demander l’égalité de traitement des Rroms et “gens du voyage”. Cette initiative concerne, au-delà des Rroms, des Gitans et des Manouches, la population française dans son ensemble. Dans ces temps marqués par la répression croissante, par le renforcement du contrôle social un peu partout (transports, lieux publics, travail etc.), ceux qu’on appelle “Fils du Vent” veulent préciser ce que l’expression veut dire: nous sommes les Fils de la Liberté, mais celle-ci est notre mère commune, parce que nous sommes tous Frères! Lançons-nous tous ensemble dans un élan de rafraîchissement de ces mots gravés dans les bâtiments publics, pour qu’ils ne restent pas à l’état de simples mots.  


Liberté, Egalité, Fraternité doivent (re)devenir les piliers de notre vie commune!

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samedi 24 juillet 2010

Déclaration de Paix du Collectif des Associations Tsiganes

Le Président de la République a déclaré la guerre aux gens du voyage et aux Rroms. Les Tziganes entendent répondre par une déclaration de paix pour éviter une explosion sociale. 

L’organisation le 28 juillet d’une réunion à l’Elysée sur les « problèmes » posés par les Tziganes est une première depuis la Libération.

Comme trop souvent dans leur histoire, les Tziganes sont une fois de plus les boucs-émissaires privilégiés d’une classe dirigeante empêtrée dans les scandales politico-financiers.

Si Nicolas Sarkozy devait réitérer sa déclaration de guerre, le Collectif des Associations Tziganes serait amené à diligenter des actions judiciaires pour provocation à la haine raciale et à demander aux parlementaires de s’interroger sur la nécessité de réunir la Haute Cour.

La prégnance du racisme anti-tzigane dans la société française est telle que la confirmation le 1er juillet 2010 par la Cour d’appel de Paris de la condamnation de France Télévisions pour provocation à la haine raciale en raison du contenu d’une émission C dans l’air intitulée : « Délinquance : la route des Roms » est passée totalement inaperçue.

Alors que la France a fait l’objet de maintes condamnations par les instances européennes et risque de se retrouver au ban de l’Europe, aucun effort n’est fait par les pouvoirs publics pour lutter contre la multiplication des actes et des propos racistes dirigés contre les Tziganes.

Le 18 juillet 2010, la France a enfin reconnu officiellement le drame de l’internement et de la déportation des Tziganes de 1940 à 1946 par le biais d’un discours prononcé par le secrétaire d’Etat aux anciens combattants.

Dix jours plus tard, Nicolas Sarkozy prend l’initiative d’une politique de nature raciale qui, si elle venait à être mise en œuvre, risquerait fort de constituer une nouvelle page noire de l’histoire de France tant il est vrai que Les Tziganes, au delà des profondes différences qui existent entre Rroms et gens du voyage, sont soumis en France à un véritable régime d’apartheid en raison d’une législation d’exception indigne d’un pays démocratique.

Le Collectif des Associations Tziganes demande à être reçu par le chef de l’Etat pour évoquer les problèmes que posent les propos racistes de certains parmi les ministres et les parlementaires de l’UMP.

Le Collectif des Associations Tziganes demande l’abrogation de toutes les lois discriminatoires et une action résolue au plus haut niveau de l’Etat pour lutter contre le racisme anti-tzigane.

Pour la sauvegarde des valeurs universelles qui ont fait la grandeur de la France, le Collectif des Associations Tziganes lance un appel en reprenant les mots exacts utilisés il y a vingt-cinq ans par Georges Guingouin, premier maquisard de France, libérateur de Limoges, dans son appel lancé à l’occasion du 41ème anniversaire de la bataille du Mont Gargan :

« En 1985, j’en appelle aux hommes et aux femmes à l’âme généreuse pour que dans un sursaut moral, une nouvelle Résistance commence afin que la France reste le pays des Droits de l’Homme. La flamme de la Liberté ne doit pas s’éteindre ! ».

Le Collectif des Associations Tziganes organise une conférence de presse le mercredi 28 juillet 2010 à 11h à la Chope des Puces 122 rue des Rosiers à Saint-Ouen.

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mardi 29 juin 2010

La catégorie des "gens du voyage" en question devant le Conseil constitutionnel

Aujourd'hui s'est tenue l'audience du Conseil constitutionnel sur la question prioritaire de constitutionnalité des articles 9 et 9-1 de la loi sur les "gens du voyage". Ces articles, insérés par une loi de 2005, permettent l'expulsion des "gens du voyage" des terrains autres que ceux désignés. Ceci, sur simple décision préfectorale et sans examen préalable d'un juge. L'affaire a été mise en délibéré et la décision sera annoncée le 9 juillet 2010 à 10 heures sur le site du Conseil constitutionnel. Ci-dessous, le lien vidéo de l'audience:


Conseil Constitutionnel - Affaire n° 2010-13 QPC

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lundi 15 mars 2010

Le rapport sur la lutte contre le racisme et le communautarisme - extrait sur les Rroms

 Le rapport, rédigé par Patrick Lozès et Michel Wieviorka, a fait l'objet de quelques polémiques. En ce qui nous concerne, ce passage nous semble plutôt positif. Vous remarquerez que les infos de notre blog sont reprises. Dommage qu'on réécrive le mot "Rroms", mais enfin...

PROPOSITION N°32
INTEGRER PLEINEMENT LES ROMS DANS LA COMMUNAUTE NATIONALE

Les Roms sont un peuple d'origine indienne, dont les ancêtres sont venus de la moyenne vallée du Gange, en Inde du Nord, il y a environ 800 ans. Ils sont aujourd'hui dispersés dans le monde entier, principalement sur le continent européen, où on compterait environ 12 millions de Roms. Les Roms, au sens large, se subdivisent principalement en Roms dits "Orientaux" (85% du total), en Sintés (souvent appelés « Manouches » en France, près de 4%) et en Kalés (ou « Gitans », environ 10%), sans compter divers groupes de moindre importance numérique. Au niveau européen, ils sont aujourd'hui sédentaires à 96%. Les Roms sont un peuple sans territoire, qui n'a jamais eu de revendications territoriales, mais qui est lié par une origine, une culture et une langue communes. Ils sont environ un demi-million en France.

Depuis 2006, des « Villages d’insertion pour les Roms » ont été créés sur les communes d’Aubervilliers, de Saint-Denis, de Bagnolet, de Saint-Ouen et de Montreuil. Il s’agit de Maîtrises d’oeuvre urbaine et sociale (MOUS), c’est-à-dire des conventions passées entre les municipalités et la préfecture de la Seine-Saint-Denis. Ces dispositifs sont fortement critiqués par les associations de défense des droits de l’homme. Sans reconnaissance du droit de travailler en France, les Roms placés dans ces centres ne peuvent, en effet, recevoir personne chez eux, pas même leurs familles. D’après les élus locaux, au total, 75% du budget de ces « villages d’insertion » serait alloué au gardiennage. Dans les faits, ces camps ressemblent davantage à des camps de rétention administrative qu’à des « villages d’insertion ». Nous proposons qu’un moratoire soit institué sur la construction de nouveaux « villages d’insertion » pour les Roms et qu’une mission d’évaluation soit constituée dans les plus brefs délais pour évaluer les dispositifs existants et statuer sur leur existence.
Nous proposons, également, que l’Etat fasse respecter la loi Besson du 31 mai 1990, modifiée du 5 juillet 2000, qui impose que toute commune de plus de 5 000 habitants doit prévoir des "aires de stationnement" pour les gens du voyage, qui sont alors tenus de déclarer une "commune de rattachement", qui n'est pas cependant nécessairement leur commune de résidence. Nous constatons un non-respect généralisé de cette loi par les municipalités. La loi prévoit que le préfet peut se substituer aux communes défaillantes. Cette mesure coercitive n’a jamais été mise en oeuvre depuis 1990. Nous demandons qu’elle soit, enfin, appliquée.

Nous proposons, également, que l’habitat caravane fasse, dans les plus brefs délais, l’objet d’une reconnaissance juridique. L’absence de reconnaissance juridique de l’habitat caravane dans les Plans Locaux d’Urbanisme (PLU) élaborés par les communes empêchent, en effet, l’installation durable de caravanes sur des terrains privés, mettant ainsi les familles dans des situations d’occupation précaire, en les exposant à un risque d’expulsion. D’importantes difficultés de régularisation foncière sont également rencontrées par des familles propriétaires de terrains en zone agricole ou en zones non constructibles, qui se trouvent confinées dans des conditions de vie très difficiles, avec une absence de raccordements aux réseaux d’eau et d’électricité, des terrains dangereux, situés loin des équipements et des services publics.

Il est incohérent de la part des pouvoirs publics de demander, d’une part, que les Roms se sédentarisent et s’intègrent à la communauté nationale, tout en les réduisant, d’autre part, par un refus d’appliquer la loi ou par des dispositions juridiques inadaptées, à une précarité et à un isolement toujours plus grands. Au lieu d’imposer des solutions depuis le sommet, qui sont souvent inadaptées aux besoins de ces populations, nous recommandons que le Ministère de l’Intérieur organise une grande Conférence nationale sur la question des Roms, pour régler, d’une manière durable et équitable, les principaux problèmes auxquelles ces personnes sont confrontées dans leur vie de tous les jours.

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