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lundi 29 juin 2015

Manuel Carlos VALLS devant la Cour d'appel de Paris

La Voix des Rroms a fait citer M. Manuel Valls devant la Cour d'appel de Paris du chef de provocation à la haine raciale contre les Rroms. Cette procédure concerne des propos que Manuel Valls a tenu en 2013, lorsqu'il était ministre de l'intérieur. En première instance, le tribunal s'était déclaré incompétent. L'audience se déroulera le 2 juillet à 13h30 à la Cour d'appel de Paris (pôle 2, chambre 7).

En première instance, les juges se sont déclarés incompétents, jugeant que Manuel Valls s'exprimait en tant que ministre sur une politique du gouvernement et que, par conséquent, il ne pouvait être poursuivi que devant la Cour de justice de la République.

La Voix des Rroms estime cependant que la République française, sauf à renier ses principes fondateurs, ne peut tolérer des politiques menées sur une base raciale et donc, qu'en parlant de manière générale et méprisante d'un groupe ethnique, M. Valls ne pouvait en aucun cas avoir agi dans le cadre de ses fonctions gouvernementales. En effet, M. Valls a affirmé notamment : "Il y a évidemment des solutions d'intégration mais elles ne concernent que quelques familles, c'est illusoire de penser qu'on règle le problème des populations roms à travers uniquement l'insertion". Si ses propos ne sont pas ceux d’un simple citoyen, mais ceux d'un ministre, alors il s’agit d’une faute grave de l’Etat, d'une violation du principe d'égalité.

Ces propos, comme d'autres que M. Valls a répétés à plusieurs reprises, participent de la stigmatisation à grande échelle des Rroms et de la montée de l'antitsiganisme qu'ont constaté plusieurs acteurs, nationaux et internationaux, parmi lesquels l'ONU. C'est pourquoi La voix des Rroms est déterminée à poursuivre son action aussi longtemps qu'il faudra devant la justice, afin que cesse le racisme structurel et la fragmentation de la société en segments dressés les uns contre les autres.

Télécharger ici la citation directe, contenant l'ensemble des propos poursuivis.



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mardi 5 mai 2015

LE SOULÈVEMENT DE LA VIE NUE : FÊTE DE L’INSURRECTION GITANE

A l’occasion du « International Rromani Resistance Day », événement européen contre le racisme anti-rrom et pour l’émancipation populaire, La voix des Rroms présente la Fête de l’Insurrection Gitane, les 16 et 17 mai 2015, sur le parvis de la Basilique de Saint-Denis (93), du samedi 19h au dimanche 19h.

Le 16 mai 1944, les Rroms et les Sinté emprisonnés à Birkenau sont avertis par un agent de liaison polonais appartenant au réseau clandestin de résistance du camp, de l’imminence de leur liquidation. Ils se révoltent et parviennent à repousser l’instant de leur assassinat.

La voix des Rroms sensibilise le public à cet événement historique depuis 2010, avec l’intention de déplacer la mémoire de l’«Holocauste» : depuis la figure funèbre  de  la « victime éternelle » à l’affirmation joyeuse du combat universel contre l’injustice et la sauvagerie d’Etat.  Grâce à ce travail de sensibilisation, le 16 mai 2014 la commission Helsinki du gouvernement des Etats-Unis  célébrait «l’effort héroïque » de ces hommes et femmes insurgés. Le 16 mai 2015, le « International Rromani Resistance Day » sera célébré dans une dizaine de villes d’Europe.

Le développement de ce type de démarche est particulièrement important à notre époque : l’extrême droite progresse partout en Europe et le Front National est devenu le « premier parti de France », cette France dans laquelle l’ONU dénonce la « banalisation des discours de haine ». Cette France où le 2 juillet prochain le Premier Ministre comparaîtra devant la Cour d’appel de Paris pour « incitation à la haine raciale », cité par La voix des Rroms.  

Dans ce contexte, la Fête de l’Insurrection Gitane est un grand manifeste contre le racisme structurel, les discriminations, et un acte d’affirmation d’une nouvelle identité populaire fondée sur la cohésion non hiérarchique du peuple en tant que multiplicité résistante, et portée par les femmes. Ainsi, outre des concerts et danses « tziganes », des jeux forains pour les enfants, l’événement  comptera d’importants temps d’interventions  mobilisant  des personnalités autour de thèmes comme « génocide et colonialisme », ou « femmes et révolte des minorités».  Le programme complet est disponible sur : www.insurrection-gitane.com.  

Une recension de l’édition 2014 de la Fête de l'Insurrection Gitane

#RromaniResistance     #May16       

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dimanche 8 mars 2015

La stratégie française pour l'inclusion des Rroms - devenons sérieux!

Sous la coordination de la Fondation du secrétariat de la décennie pour l’inclusion des Roms, une coalition d’associations françaises a publié un rapport sur la mise en œuvre de la stratégie nationale française pour l’inclusion des Roms. Sans surprise, le rapport pointe de nombreux problèmes et incohérences des politiques publiques. Il préconise aussi des améliorations à travers des recommandations adressées à la fois aux autorités et à la société civile.



Peu de gens le savent, mais comme l’ensemble des pays membres de l’Union européenne, la France dispose d’une stratégie nationale pour l’inclusion des Roms, intitulée « Une place égale dans la société française ». Elle a été adoptée dans le cadre de la communication de la Commission européenne du 5 avril 2011 et des conclusions du Conseil européen du 19 mai 2011. Cette stratégie nationale vise d’une part la population migrante originaire de Bulgarie et de Roumanie vivant en bidonville et d’autre part les dits « gens du voyage ». Sa mise en œuvre fait l’objet d’un suivi par la Commission européenne, à laquelle le gouvernement français envoie régulièrement des rapports sur ce sujet. La Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (DIHAL) coordonne le développement et la mise en œuvre de cette stratégie en coopération étroite avec le Secrétariat général aux affaires européennes. Ensemble, ces deux services de l’Etat, placés sous l’autorité du Premier ministre, constituent le point de contact national dans les relations entre la France et la Commission européenne.

Parallèlement à cette évaluation, le Secrétariat de la Décennie pour l’inclusion des Roms soutient l’observation par la société civile de la mise en œuvre des stratégies nationales dans les pays membres de l’Union européenne. C’est dans ce cadre qu’une coalition d’associations françaises, composée par les associations Rromeurope, La voix des Rroms, le Réseau Action Culture Education Droit (RACED) et Sang pour Sans, s’est vu confier par ce secrétariat la mission de rédiger un rapport sur la mise en œuvre de la stratégie française pour l’inclusion des Roms en 2012 et 2013. Après des mois de recherche, le rapport a été rédigé et publié, sur papier et sur le site de la Décennie en français et en anglais. Le rapport passe en revue la situation dans les quatre domaines du Cadre européen des stratégies nationales pour l’inclusion des Rroms (éducation, emploi, santé et logement), tant dans l’optique des politiques publiques que dans l’optique des mesures concrètes prises ou à prendre. Critique, le rapport de la coalition française de la société civile appelle à un changement de fond dans les politiques publiques. Il pointe nombre de confusions, de carences et d’incohérences dans l’action publique et fait une série de recommandations aux autorités nationales et locales, ainsi qu’à la société civile. Parmi celles-ci, on peut mentionner l’abrogation de la loi de 1969 sur les gens du voyage, l’établissement d’un dialogue réel et efficace entre les différents acteurs, la coordination des actions de ces derniers, ou encore la lutte contre l’antitsiganisme, un phénomène qui mine les quelques rares initiatives prises parfois à un niveau local.

Les associations rédactrices du rapport espèrent que celui-ci servira à éclairer l’action des autorités et des associations qui interviennent auprès de ces populations. Elles estiment qu’il en va non seulement de la réalisation des droits de ces dernières mais aussi d’une utilisation plus judicieuse des moyens engagés et d’autres, disponibles, tels des fonds européens.

dimanche 4 janvier 2015

Appel au silence pour toutes les Francesca de France

Le décès de deux bébés de quelques semaines à peine en cette période de changement des années a suscité des sentiments variés, notamment du fait qu’elles vivaient dans des situations très précaires.

Le maire de Champlan aurait refusé l’enterrement de la petite Maria Francesca sur la commune, qui selon les propos rapportés par les médias, réservait le cimetière à ceux qui payaient des impôts, par manque de place. Après le tollé que cela a suscité, le maire chevalier de la Légion d’Honneur, Christian Leclerc a démenti tout refus et prétend un « amalgame des informations ».

A la gare de Lille –Flandres, c’était une autre petite Francesca, elle aussi âgée de quelques semaines, qui a trouvé la mort. L’association AREAS avait signalé la situation vulnérable de cette famille aux fins d’un hébergement d’urgence, mais là encore, il n’y avait pas de place. Après le décès de son enfant, la famille a été hébergée. Un hébergement d’urgence très cher payé.

Les réactions sur le « bébé rom » de Champlan fusent dans les médias. Or, très peu de politiques méritent de s’exprimer sur le sujet, et par une pudeur très louable ils ne le font pas. Car si rien ne justifie le refus d’héberger une famille en détresse ou d’enterrer une victime de la politique du gouvernement vis-à-vis de ce qu’il appelle « le problème des populations roms », tout est là pour expliquer comment on en est arrivé à ce point. La déshumanisation des Rroms est l’œuvre commune de la totalité des partis politiques français, du PCF au Front National. Le maire de Saint-Denis, celui de Stains, celui de Bobigny, pourraient-ils honnêtement condamner l’éventuel refus d’enterrer un bébé « rom » alors qu’ils ont jeté et jettent à la rue des dizaines de bébés et leurs familles ? Ceci en défiant même des décisions de justice qui leur accordent un délai pour la mise en place de mesures d’accompagnement social ? Non, et ils ne l’ont pas fait. M. Valls, le premier de nos ministres, a-t-il le culot de s’exprimer sur twitter « Refuser la sépulture à un enfant en raison de son origine : une injure à sa mémoire, une injure à ce qu'est la France. » Quelle France, cette fois-ci monsieur Valls ? Ce ne serait plus celle dont les modes de vie diffèrent extrêmement avec ceux de « ces populations » et qui par conséquent, selon vous-mêmes « sont évidemment en confrontation » ? Ce ne serait plus celle où, selon vous, alors que vous étiez ministre de l’Intérieur, « il est illusoire de penser que l’on règlera le problème des populations roms à travers uniquement l’insertion » ?


Ça sent fortement le pourri dans le royaume de France, d’en haut en bas. Ces deux bébés y sont nées et y sont mortes avant de pouvoir s’en rendre compte. Pour le repos de leurs âmes et pour le respect de leurs familles, politiciens et consorts de tous bords et tous milieux, abstenez-vous de tout commentaire !

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lundi 22 décembre 2014

Le tribunal incompétent pour juger Valls - appel de La voix des Rroms

Par jugement du 19 décembre 2014, la 17ème chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Paris s’est déclaré incompétente pour juger les propos tenus par Manuel Valls sur les Rroms. La voix des Rroms a fait appel de cette décision qui pose des problèmes au-delà des Rroms. Elle estime en effet que cette décision donne carte blanche au racisme, dès lors qu’il provient du gouvernement.

Le tribunal a estimé que « Manuel Valls n’a pas émis une opinion comme homme politique dans le cadre d’un débat d’intérêt général mais a été invité par des journalistes à s’exprimer en sa qualité de ministre de l’intérieur sur un sujet en lien direct avec la conduite des affaires de l’Etat, de sorte que les faits qui lui sont reprochés ont bien été accomplis dans l’exercice de ses fonctions ministérielles ».

Entre autres propos, voici ce que le tribunal estime être « en lien direct avec la conduite des affaires de l’Etat » :

  1. « Il est illusoire de penser que l’on règle le problème des populations roms à travers uniquement l’insertion »
  2. « Ces populations ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation ».
  3. « Les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie ».

La république française ne reconnaissant pas de minorités ethniques, en quoi « le problème des populations roms » est-il lié à la « conduite des affaires de l’Etat » ? Sous prétexte de nommer tour à tour, en jonglant « ces populations » et « populations roms », un ministre peut-il échapper impunément propager un point de vue raciste en se couvrant de son portefeuille ministériel ? Le délit de provocation à la discrimination deviendra-t-il inapplicable aux politiques qui occupent un ministère ?

Pour La voix des Rroms la réponse est clairement « non ». Ce délit est encore plus grave lorsqu’il est exprimé par des membres du gouvernement. C’est pourquoi elle a interjeté appel de cette décision et reste mobilisée pour faire condamner ces propos par la justice française. A défaut, et après épuisement de toutes les voies de recours, elle saisira la Cour européenne des droits de l’Homme. 

vendredi 5 décembre 2014

Pourquoi Valls doit être jugé par le tribunal de droit commun

Ce jeudi 4 décembre à 14 heures s’est tenue la première audience du procès pour incitation à la haine raciale que La voix des Rroms a lancé contre Manuel Valls.  Cette première audience portait uniquement sur la compétence du tribunal pour juger cette affaire, l’avocat du prévenu ayant soulevé que, - en tant que ministre et dans l’exercice de ses fonctions, - M. Valls était justiciable uniquement devant la Cour de Justice de la République. En 20 ans d’existence, cette “cour”, composée de 12 parlementaires et de 3 magistrats, n’a prononcé que 4 condamnations. Candidat, François Hollande a promis de la supprimer. Notre avocat, maître Henri Braun, a commencé sa plaidoirie en disant au tribunal: “Je dois faire un aveu: je n’ai pas confiance en la justice … de la Cour de justice de la République". Effectivement, il y a de quoi…

Toujours est-il qu’il faut convaincre le Tribunal de grande instance de Paris, juridiction de droit commun, qu’il est compétent car les faits que nous reprochons à Manuel Valls n’ont pas été commis dans le cadre de ses fonctions de ministre de l’Intérieur (qu’il avait alors), telles que définies par le décret de sa nomination. Ce n’est effectivement pas en tant que ministre de l’intérieur qu’il ait pu dire entre autres:

· “C’est illusoire de penser qu’on règlera le problème des populations roms à travers uniquement l’insertion”
· Ces populations ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation”, ou encore
“les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie

En effet, la République ne reconnaissant pas les minorités ethniques, aucun de ses ministres ne peut prétendre en avoir la charge, même partiellement. Ainsi donc, lorsque Manuel Valls parle des Rroms, il ne peut le faire en tant que ministre, mais uniquement en tant qu’homme politique, exprimant une opinion politique et non pas une politique gouvernementale, car il ne peut y avoir de politique gouvernementale sur une population qui n’est pas reconnue en tant que telle par la loi. Il en irait autrement s’il visait expressément les “habitants roumains et bulgares de bidonvilles” p. ex., puisque l’aménagement du territoire et l’immigration font partie des attributions du ministre de l’Intérieur.

Ainsi donc, pour résumer, les arguments afin qu’il soit jugé par le tribunal de droit commun ont été utilisé de la manière la plus optimale. Logiquement, ils devraient orienter le tribunal à se déclarer compétent et donc à juger Manuel Valls au mois de mai 2015. Reste à savoir si la décision du tribunal, attendue pour le 19 décembre, suivra la logique juridique qui devrait s’imposer à chaque décision de justice. Quoi qu’il en soit, La voix des Rroms n’a pas l’intention de lâcher cette affaire, car elle est importante. Si elle ne trouve pas de solution satisfaisante devant la justice française, elle risque bien de finir à Strasbourg et dans quelques années seulement, mais nous n’abandonnerons pas.

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mercredi 11 juin 2014

La voix des Rroms à Radio grenouille, Marseille

Lors de notre passage à Marseille, nous étions entre autres invités par l'émission "Temps libre" de Radio grenouille, où nous avons présenté le livre Avàva Ovàva et avons parlé aussi de notre action. 


Et nous avons été très touchés par cette description poétique qu'a fait Hugo de La voix des Rroms:

Les Rroms ont une voix. Une voix qui en contient beaucoup d'autres, plusieurs millions. Et ça s'appelle la Voix des Rroms, avec deux r, comme dans Révolution.

Cette voix est grave, elle s'accorde à la situation. Féminine ou masculine, elle ne s'aventure pas dans les aigus. Briser les vitres ne suffit pas. Les notes profondes, c'est mieux. Ça fait trembler la terre. Et de cette mélopée d'outre-tombe naissent des harmoniques qui font chanter le cristal des bourgeois.

Cette voix est au moins bilingue : français et rromani. Car ce n'est pas celle d'une association légèrement bienveillante. Ce n'est pas la voix chétive d'un bénévole franco-français évoquant les Rroms par le prisme de la victimisation. Ce n'est pas un haut-parleur. Non ! C'est une voix qui parle haut. Et fort. C'est la Voix des Rroms. Avec deux r, comme dans Résonance.

Cette voix n'est pas hilare. Au contraire, elle se lézarde de colère. Car elle cause de politique. Elle est militante. Elle lutte comme elle respire. Elle inspire... et elle expire. Elle s'inspire... et elle s'exprime. Et il y a plusieurs arcs dans ces cordes vocales. Je pense à vous, Saimir Mile, vous qui n'hésitez pas à répondre aux attaques violentes avec des mots violents. Parce qu'il n'y a pas de raison. Les racistes n'ont pas le monopole de l'insulte ! Ça, c'est la Voix des Rroms. Avec deux r, comme dans Riposte.

Je pense aussi à vous, Anina Ciuciu, vous qui êtes obligée de répéter dans tous les médias que vous n'êtes pas une exception et que les Rroms sont capables d'étudier et de travailler. Je pense à votre voix qui doit s'enrouer à force de crier au milieu des sourds. Cette voix qu'ils voient mais qu'ils n'entendent pas. Quel dommage, elle est pourtant si belle, la Voix des Rroms, avec deux r, comme dans Rumeur.

La Voix des Rroms s'enroue parfois. Mais jamais ne tousse ni ne s'enrhume, elle reste saine dans ce monde malade. Elle ne s'essouffle pas, elle ne manque pas d'air. Heureusement, car le marathon cosmique des révoltes se mesure en années-lumières. 

Et puis, cette voix est jeune. Adolescente. Elle mue sans cesse. Elle module sur les registres de la lutte. Elle n'est jamais tout à fait la même. Elle s'enrichit de nouvelles intonations.  Petit à petit, elle devient. Elle devient la Voix des Rroms, avec deux r, comme dans Recommencement.

C'est une voix de l'époque, une voix de l'humanité, une voix terrestre. Avec deux r. Comme Rroms.




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samedi 17 mai 2014

U.S. Helsinki Commission Commemorates Romani Revolt at Auschwitz

U.S. Helsinki Commission Commemorates Romani Revolt at Auschwitz, Deportation of Hungarian Jews
                                                                                                                                          
70th Anniversary Highlights Intertwined Fate of Roma and Jews during the Holocaust

WASHINGTON—U.S. Senator Ben Cardin (MD), Chairman of the Commission on Security and Cooperation in Europe (U.S. Helsinki Commission) marked the 70th anniversary of the mass deportation of Hungary’s Jews and the Romani revolt at Auschwitz death camp in Nazi-occupied Poland.

“On May 16, 70 years ago, 6,000 Roma at Auschwitz used improvised weapons to resist efforts to transport them from their barracks to the gas chambers. Sadly, their desperate and heroic efforts only delayed their mass murder," said Chairman Cardin.

“I am appalled,” he continued, “when government officials, sometimes at the highest level, characterize Roma as criminals or ‘unadaptable’ using stereotypes that are reminiscent of Nazi racial theories. Remembering and teaching about Romani experiences during the Holocaust is critical in combating anti-Roma prejudices today.”

Approximately 3,000 of those who participated in the Romani revolt were sent to Buchenwald and Ravensbruck concentration camps as forced labor, where most of them died. On August 2-3, 1944, the so-called ‘Gypsy Family Camp’ was liquidated and the remaining 2,879 Romani men, women and children were sent to the gas chambers. Altogether, 23,000 Romani people from 11 countries were deported to Auschwitz and approximately 19,000 perished. Some died as a result of inhumane medical experiments by Dr. Joseph Mengele.

“This year also marks the 70th anniversary of the start of the final wave of Hungary’s war-time deportation of Jews,” noted Chairman Cardin. “Plans to empty the Romani camp at Auschwitz were, in fact, intended to make room for Jews arriving from Hungary.”

Anti-Semitic legislation was introduced in Hungary with the 1920 Numerus Clausus, which established limits on the number of Jewish university students. In 1941, more than 17,000 Jews were deported from Hungary to German-occupied Kamenets-Podolsk, where they were executed. Between May 15 and July 9, 1944, 437,402 Hungarian Jews were deported in the largest deportation of Jews to Auschwitz in the shortest period of time from any country. One of every three Jews who died at Auschwitz was from Hungary.

Cardin concluded, “I welcome the participation of Czech Prime Minister Sobotka in the memorial service held on May 10 at the site of the concentration camp for Roma at Lety. I urge the Czech Government to take steps to reflect the historic significance of this site for Romani survivors and their families everywhere.”

Lety was the site of one of two concentration camps for Roma in the war-time Czech Republic. The construction of a large pork processing plant on the site during the communist period has generated continuing criticism. The Helsinki Commission supported the transfer of microfilm copies of its archives – the only known complete surviving archives of a Romani concentration camp – to the U.S. Holocaust Memorial Museum in 2000.

On September 18, the U.S. Holocaust Memorial will hold a public symposium on new research regarding Roma and the Holocaust.

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The Commission on Security and Cooperation in Europe, also known as the U.S. Helsinki Commission, is an independent agency of the Federal Government charged with monitoring compliance with the Helsinki Accords and advancing comprehensive security through promotion of human rights, democracy, and economic, environmental and military cooperation in 57 countries. The Commission consists of nine members from the U.S. Senate, nine from the House of Representatives, and one member each from the Departments of State, Defense, and Commerce.



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samedi 12 octobre 2013

Violence anti-rrom à Saint-Rémy lès Chevreuse



C’est l’histoire d’une famille, celle de Gheorghita, sa femme Tatiana et leur fille Gabrielle 7 ans. Ils sont venus de Roumanie en France comme des centaines de milliers de leurs compatriotes. Sans abri, ils ont trouvé une maison abandonnée à Saint-Rémy lès Chevreuse, dans le département des Yvelines. La maison est coquette, mais la cour était bien sale, avec plein de détritus jonchant le sol. Evidemment, personne ne s’occupait de cette maison depuis des années. Gheorghita et sa femme n’ont pas épargné leurs efforts pour rendre à cette maison son vrai caractère, depuis deux semaines qu’ils y ont fait leur nid. Ils ont tout nettoyé, dedans comme dehors, et ont meublé peu et avec un grand goût. Ils ne sont pas chez eux, mais ils sont chez eux quand même. Sans droit, ni titre, ils y sont avec leur cœur et leurs rêves, ils ont donné vie à ce lieu resté mort et ils s’y sentent chez eux.
Mercredi dernier, le 9 octobre, une bénévole de La voix des Rroms les avait accompagné à la mairie, où Gheorghita et Tatiana voulaient inscrire leur petite Gabrielle à l’école. La mairie a refusé, se mettant ouvertement hors la loi. La dame qui les a reçus a expliqué que le maire s’opposait à l’inscription de Gabriela à l’école car sa famille squattait et qu’elle devait être expulsée. Ceci alors qu’aucune décision d’expulsion n’a été prise et qu’aucune demande d’expulsion n’a même été enregistrée. Cela n’a pas découragé la famille, ni nous. Ils sont retournés hier encore, toujours à la mairie, avec la même demande, pour rencontrer cette fois-ci le maire en personne. Il a refusé catégoriquement d’inscrire Gabrielle à l’école.

Ce vendredi matin vers 11 heures, un groupe de gendarmes et deux personnes en civil, se disant propriétaires de la maison, se sont rendus dans cette maison. Tatiana et Gabrielle étaient seules. Ils leur ont intimé l’ordre de quitter immédiatement les lieux. Tatiana a appelé La voix des Rroms. Nous avons parlé aux gendarmes, et leur avons expliqué que leur expulsion ne pouvait intervenir qu’en vertu d’une décision de justice. Aussitôt, une équipe de La voix des Rroms partait sur les lieux. Quelques minutes plus tard, nous appelions la gendarmerie de Chevreuse, qui nous a confirmé qu’il s’agissait d’une affaire civile et que le propriétaire entamerait une procédure pour obtenir l’expulsion des occupants. 


Arrivés sur les lieux, nous constations que tout avait été cassé dans la maison, les vitres des portes et fenêtres, les meubles ont été renversés, des boissons avaient été versées sur les matelas pour qu’ils ne puissent plus servir, les couvertures et des vêtements avaient été jetés dans la cour, comme de la nourriture… choses que le chef de la gendarmerie ne nous avait pas dit. 

La porte-fenêtre cassée par "le propriétaire"
Couvertures, vêtements et autres affaires jetées dehors sous le regard des gendarmes
Tatiana nous dit que le « propriétaire » avait tout cassé, en présence des gendarmes. Lorsqu’elle leur a demandé de le faire arrêter, ils ont répondu qu’il avait le droit de casser sa propre maison. Y compris les affaires des occupants ? Nous n’avons pas la réponse. Mais nous l’obtiendrons. 


Voilà à quoi ressemble la cuisine après le passage des furieux








La famille déposera une plainte pour violences et destruction de biens. Nous resterons à ses côtés aussi longtemps que nécessaire pour que sa dignité et ses droits soient respectés. Elle reste sur les lieux, qu’elle remettra en l’état petit à petit. La vie aura raison de la mort, des morts et de tous les actes mortifères, d’où qu’ils viennent. 

Tout a été renversé dans la chambre
La petite famille nettoie après le "tsunami"

mardi 8 octobre 2013

La voix des Rroms alerte l'ONU

La Voix des Rroms a reçu le Représentant Régional pour l’Europe du Commissaire aux Droits de l’Homme de l’ONU. Dans les prochains jours, elle entend saisir le Rapporteur Spécial de l’ONU pour les formes contemporaines du racisme, en lui demandant de faire un appel urgent envers la France.

Le  10 Septembre dernier, les membres de La Voix des Rroms, en partenariat avec le Réseau Européen des Organisations rroms, dit ERGO, recevait le Représentant Régional pour l’Europe du Haut Commissaire aux Droits de l’Homme de l’ONU, M. Jan Jarab.

M. Jarab rencontrait également la veille le préfet Alain Regnier, (Délégué interministériel à l’hébergement et à l’accès au logement des personnes sans abri ou mal logés), ainsi que le Défenseur des Droits, M. Dominique Baudis, afin de mesurer les efforts entrepris par le gouvernement français en vue de « l’intégration » des Rroms migrants vivant en bidonville.

Le 9 septembre, la Haut Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, Navanethem Pillay, a exprimé ses soucis concernant la politique des évacuations forcées dans son discours au Conseil des Droits de l’Homme à Genève. Elle a également évoqué les résultats du rapport du Défenseur des Droits sur la mise en œuvre de la circulaire du Gouvernement d’aout 2012 (concernant les évacuations forcées), invitant le Gouvernement de suivre les recommandations du Défenseur.

L‘équipe de La Voix des Rroms a ainsi conduit un jour durant M. Jarab vers plusieurs sites où l’association s’engage pour des Rroms migrants en région parisienne.


IVRY : le courage des solutions pratiques

Le premier site fut Ivry, dans le 94, ou l’association de travailleurs sociaux engagés et bénévoles R.A.C.E.D, partenaire de La Voix des Rroms, construit, contre vents et marées, et surtout contre l’adversité des autorités municipales et préfectorales, des solutions de vie pratiques et pragmatiques, avec un groupe de Rroms et non-Rroms migrants de Roumanie.  Il s’agit en effet là-bas d’un large terrain situé en arrière de la cité populaire Gagarine, où les militants bénévoles ont construit depuis plusieurs années un lien de fraternité avec l’ensemble des populations. Ainsi, auto-structuré par ses propres habitants avec l’assistance amicale des militants le site comprend des habitations auto-construites, un lieu de culte et une salle polyvalente à vocation culturelle. 

Les habitants de la rue Truillot à Ivry discutent avec Jan Jarab

Afin d’anticiper la possibilité d’une destruction prochaine par les autorités publiques de ce qui a été entrepris et construit, les hommes et femmes de RACED ont pris possession d’un immeuble inoccupé de la commune où vivent désormais Rroms et non-Rroms, Français et étrangers, adultes et enfants. Ici, les habitants, ainsi que les militants ont pu longuement échanger avec M. Jarab qui les a écoutés avec intérêt, en tirant de ces échanges des renseignements précis sur la réalité de la situation.

Les membres de lassociation R.A.C.E.D, partenaire de La voix des Rroms, expliquent à M. Jarab le fonctionnement de limmeuble occupé

Saint-Ouen : le « village d’exclusion »

Puis ce fût Saint-Ouen, et ce qu’il reste du pseudo « village d’insertion » de la Rue de Clichy. Là en pleine zone de friches, isolés de toute vie urbaine et sociale par des hectares de terrains vagues clôturés, et dans le voisinage de la plus grande usine d’incinération de déchets du département, des femmes, des hommes et des enfants ont décidé de rester dans les caravanes et bungalows, d’où la Municipalité leur avait donné l’ordre de partir, après qu’elle n’ait pas renouvelé le contrat qui la liait à l’entreprise d’insertion qui gérait de la vie des gens.
En effet après cinq ans de gestion grotesque, soumettant les hommes et les femmes à une réglementation qui ressemble à l’assignation à résidence ou au semi-internement, le gestionnaire, qui ne s’est pas vu renouveler les fonds, a mis la clef sous la porte, et les autorités entrepris d’obtenir de la justice qu’elle force les hommes et les femmes à quitter sur le champ leur semblant de maison pour retourner aux hasards de la rue.

Les membres des associations La voix des Rroms et Rromeurope ainsi que des habitants, décrivent à M. Jarab la situation au « village d’insertion »

Là, nos partenaires de l’association  RROMEUROPE, qui sont intervenus avec La voix des Rroms pour empêcher la lâche opération des décideurs, ont pu également s’entretenir avec M. Jarab.
Afin de forcer les hommes, les femmes et les enfants à quitter leur habitation, les autorités ont coupé l’électricité sur le site. Ainsi à l’entrée prochaine de l’hiver, ils sont sans chauffage ni lumière, ce qui inquiète particulièrement les mères quant à la santé et au suivi de la scolarité de leurs enfants.


Saint-Denis : le camp ADOMA du Fort de l’Est.

Les membres de la Voix des Rroms ont conduit M. Jarab ensuite au pseudo- « village d’insertion » du « Fort de l’Est » administré par l’ancienne SONACOTRA (Adoma) sur un site propriété du Ministère de la Défense situé sous les remparts du camp d’entraînement militaire dit Fort de l’Est à Saint-Denis.
Peu auparavant, ce site avait été visité, sous la conduite des gestionnaires eux-mêmes et des autorités locales, par M. Laszlo Andor, Commissaire Européen. Les membres de La Voix des Rroms ont contesté le rapport positif fait par M. Andor.
Là, le délégué régional pour l’Europe du Commissaire au Droits de l’Homme a pu vérifier par lui-même les descriptions faites par  La Voix des Rroms. Accompagné entre autres par un jeune membre de l’association résident du dit dispositif, M. Jarab s’en est vu refuser l’accès par les gardiens au prétexte que : « ici c’est chez Adoma », et que en vertu de sa réglementation autoritaire, nul autre que les « hébergés » n’était autorisé à pénétrer dans l’enceinte.


Saint-Denis : le Hanul, l’attente d’un avenir

Avant de reprendre le train pour Bruxelles, M. Jarab a visité le site dit « terrain Voltaire » où sont installés les hommes et les femmes qui occupaient jusqu’en 2010 le quartier du « Hanul ».
L’expulsion du Hanul à l’été 2010 a marqué la première opération très spectaculaire et très médiatisée de la séquence politico-médiatique, dite l’ « expulsion des Rroms par Nicolas Sarkozy », qui avait immédiatement succédé au Discours de Grenoble. Opération hypocrite et indigne contre laquelle l’ensemble de la classe politique de gauche s’était entièrement levée de concert avec la Commissaire aux  Droits de l’Homme de la Commission Européenne, Viviane Reding, les instances du Vatican, et déjà l'ONU (Le Comité contre la Discrimination Raciale – CERD).

Dans ce contexte, La Voix des Rroms était parvenue à convaincre les autorités locales, opposées à la politique du gouvernement d’exprimer par les faits et pour l’exemple cette opposition en protégeant les hommes, les femmes et les enfants du Hanul, de la rue. Un terrain fût alors mis à disposition par la mairie, puis un second, puis un troisième, ce dernier fourni par l’Etat grâce à l’action de la ville de Saint-Denis et de la Communauté « Plaine Commune ».
Trois ans après, ce projet est en suspens, les hommes et les femmes vivent cependant protégés des expulsions.

Jan Jarab a remarqué qu’ « il semble qu’il y avait là la base pour construire un travail social et politique nouveau, visant une vraie insertion dans la société, dans les emplois normales, le logement normal». 

Ne manque pour cela qu’un nombre de forces vives elles-mêmes dégagées des préjugés et des vielles méthodes qui ont jusqu’ici conduit les actions politiques les moins mal intentionnées, ainsi qu’une véritable volonté politique, c’est-à-dire du courage.


Conclusion :

Le 27 septembre dernier, Jan Jarab était de retour à Paris, pour participer, à l’Assemblée Nationale, à une journée organisée par la DIHAL et le préfet Alain Regnier, en présence du Défenseur des Droits Dominique Baudis. Cette journée visait à faire « le bilan de l’application de la circulaire du 26 Août 2012, concernant l’accompagnement de l’évacuation des campements illicites ».

Dans son discours pendant la journée, M. Jarab faisait remarquer alors qu’il est « inacceptable de dire que les Roms ne sont pas capables de l’intégration, quand on ne les a pas donné une vrai opportunité de s’intégrer. Je ne pense pas que les Roms préfèrent vivre dans un bidonville et collectionner les déchets s’ils ont l’opportunité d’avoir un logement normal et un travail normal.”

A la fin de cette journée qui rassemblait acteurs institutionnels et membres de la société civile, tous ont pu constater l’absence de résultat quant à l’action entreprise à l’initiative du premier ministre Jean-Marc Ayrault. La situation sur le terrain s'aggrave du fait de la politique d’évacuations de masse conduite par le ministre de l’Intérieur dans le plus grand mépris de la circulaire qu’il a aussi signée et dans le mépris de ses collègues du gouvernement et de son supérieur hiérarchique immédiat M. Jean Marc Ayrault.
Cette journée du 27 septembre s’est tenue par ailleurs dans un contexte d’une nouvelle poussée hystérique  d’antitziganisme au sein de la classe politique, largement provoquée par le Ministre de l’Intérieur, entretenue et excitée par l’ensemble des médias de masse, et diffusée ainsi, à la façon d’un poison dans l’ensemble de l’imaginaire public.
Que l’instrumentalisation du racisme antitzigane par la classe politique affaiblisse ou renforce les partis d’extrême droite  n’est pas une question.

L’instrumentalisation du racisme dégrade l’ensemble de la société française en faisant croître en son sein l’ignorance et la haine. L’instrumentalisation du racisme éloigne ceux qui gouvernent de leur mission fondamentale qui est, dans une période de difficultés économiques et sociales, de maintenir la cohésion entre tous et d’assurer à chacun les droits humains fondamentaux que sont l’accès au logement, à l’éducation des enfants, au travail, et à la santé pour tous.


La Voix des Rroms attend du système international de protection des droits de l’Homme une  pression constante, suivant ses moyens, en direction de la classe dirigeante de la République Française, afin que cesse dans les plus brefs délais le mécanisme d’exclusion radicale, d’un groupe racialement caractérisé, de la sphère des droits humains sur le territoire de France.

Dans les prochains jours, La Voix des Rroms entend donc saisir le Rapporteur Spécial de l’ONU pour les formes contemporaines du racisme, en lui demandant de faire un appel urgent envers la France.

La classe dirigeante française doit  se ressaisir et s’occuper de sa mission fondamentale : intégrer chacun aux droits humains universels, quelle que soit sa race, sa religion ou son genre. 

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jeudi 3 octobre 2013

Manuel, souviens-t-en...

"Quand on est de gauche, on n’a pas la matraque en guise de cœur. C’est un Français d’origine manouche qui t’écrit et qui écrit au Français de fraîche date que tu es. C’est un fils de «brigadiste» qui se rappelle à toi. Souviens-t’en: «Celui qui n’a pas de mémoire n’a pas d’avenir. "

Par Jean-Claude Lefort, Député honoraire, Fils de Manouche.

Manuel, tu as déclaré hier soir, sur BFMTV, que la situation était très différente pour toi, relativement à celle des Roms, car ta famille espagnole était venue en France pour fuir le franquisme.

Tu as été naturalisé français en 1982. Franco est mort en 1975. Sept ans avant ta naturalisation. Quand tu es devenu français, il n’y avait donc plus de dictature en Espagne. Tu avais donc « vocation », selon tes mots, à retourner dans ton pays de naissance, en Espagne. Tu ne l’as pas fait et je comprends parfaitement, de même que je comprends totalement ton souhait de devenir français. Cela sans l’ombre d’un doute.

Tu avais «vocation» à retourner à Barcelone, en Espagne où tu es né, pour reprendre tes propos qui concernaient uniquement les Roms. Celui qui t’écrit, en ce moment, est un Français d’origine manouche par son père. Mon père, manouche et français, est allé en 1936 en Espagne pour combattre le franquisme, les armes à la main, dans les Brigades internationales. Pour la liberté de ton pays de naissance, et donc celle de ta famille. Il en est mort, Manuel. Des suites des blessures infligées par les franquistes sur le front de la Jarama, en 1937. Je ne te demande aucun remerciement, ni certainement pas la moindre compassion. Je la récuse par avance. Je suis honoré en vérité qu’il ait fait ce choix, quand bien même il a privé ma famille de sa présence alors que je n’avais que neuf ans et ma sœur, dix-huit.

La guerre mondiale est venue. Et les camps nazis se sont aussi ouverts aux Tziganes. Tu le sais. Mais un nombre énorme de Manouches, de Gitans et d’Espagnols se sont engagés dans la Résistance sur le sol français. Ton père aurait pu en être. Il en avait l’âge puisque il est né en 1923. Georges Séguy et d’autres sont entrés en résistance à seize ans. Je ne lui reproche aucunement de ne pas l’avoir fait, bien évidemment. Mais je te demande le respect absolu pour celles et ceux qui se sont engagés dans la Résistance contre le franquisme, puis ensuite contre le nazisme et le fascisme. Contre ceux qui avaient fait Guernica. Et pourtant, à te suivre, ils avaient «vocation» à retourner ou à rester dans leur pays d’origine, ces «étrangers, et nos frères pourtant»…

Manuel, «on» a accueilli la Roumanie et la Bulgarie dans l’Union européenne alors que ces pays ne respectaient pas, et ne respectent toujours pas, un des fondamentaux pour devenir ou être membre de l’Union européenne: le respect des minorités nationales. Sensible à cette question pour des raisons évidentes, je m’en étais fortement inquiété à l’époque. En tant que député, je suis allé à Bruxelles, auprès de la Commission, pour prouver et dire que ces pays ne respectaient pas cette clause fondamentale. On m’a souri au nez, figure-toi.

Et aujourd’hui, dans ces pays, la situation des Roms s’est encore aggravée. Pas améliorée, je dis bien «aggravée». Et ils ont «vocation» à rester dans leurs pays ou à y revenir? C’est donc, pour toi, une espèce humaine particulière qui pourrait, elle, supporter les brimades, les discriminations et les humiliations de toutes sortes? Ces pays d’origine ne sont pas des dictatures, c’est certain. Mais ce ne sont pas des démocraties pleines et entières pour autant. Alors toi, l’Espagnol devenu français, tu ne comprends pas? Fuir son pays, tu ne comprends pas? Toi, tu ne comprends pas que personne n’a «vocation» à rester ou revenir dans son pays? Sauf si tu es adepte de conceptions très spéciales, à savoir que ce qui vaudrait pour un Roumain ne vaudrait pas pour un Espagnol. Tu sais pourtant que le mot «race» va disparaître de nos lois. À juste titre car il n’y a pas de races, juste une espèce humaine. Et les Roms en sont.

La fermeté doit s’exercer là où se trouvent les responsabilités. Pas sur de pauvres individus qui n’en peuvent plus. Savoir accueillir et savoir faire respecter nos lois ne sont pas deux concepts antagoniques. Mais quand on est de gauche, on n’a pas la matraque en guise de cœur. C’est un Français d’origine manouche qui t’écrit et qui écrit au Français de fraîche date que tu es. C’est un fils de «brigadiste» qui se rappelle à toi. Souviens-t’en: «Celui qui n’a pas de mémoire n’a pas d’avenir.»

Pour l’heure, Manuel, j’ai la nausée. Tes propos me font gerber, même pire. Nos pères auraient donc fait tout ça pour rien ou pour «ça»?

Ils sont morts pour la France, Manuel. Pour que vive la France. Inclus «ces étrangers, et nos frères pourtant».

Jean-Claude Lefort

mardi 24 septembre 2013

Valls: démission et formation civique!

M. Manuel Carlos Valls a grandement besoin d’une formation civique comme celle à laquelle est soumise la délivrance d’un titre de séjour pour les personnes étrangères. En effet, bien que Français depuis 1982, M. Valls ne semble pas encore avoir assimilé correctement les principes et les valeurs fondamentales de la République dont il est ministre de l’Intérieur. Il en a largement fait la preuve en soutenant encore aujourd’hui que les Rroms «ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation» avec les populations locales.

La voix des Rroms tient à rappeler qu’environ 97% des Rroms vivant en France sont citoyens français et que, par conséquent, en tant que Rroms, ils n’ont pas « vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie.», comme le prétend M. Valls avec un populisme dégoûtant pour tout citoyen. Concernant les Rroms roumains ou bulgares, ces derniers n’ont pas à être désignés distinctement et traités différemment de leurs concitoyens non-rroms.

La situation de quelques 15.000 Rroms de citoyenneté roumaine ou bulgare qui survivent dans des bidonvilles n’est pas un « problème rom », comme se plaisent à la dire les autorités. Elle est la conséquence logique d’une politique xénophobe et populiste initiée par l’ancien ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy et poursuivie jusqu’aujourd’hui. Cette exclusion, partie intégrante de la crise du logement, qui touche presque 4 millions de personnes en France, est sciemment entretenue à des fins de manipulations électoralistes.

Une personne qui met en danger la paix sociale comme le fait M. Valls avec ce discours huntingtonien n’a pas sa place au gouvernement. C’est pourquoi La voix des Rroms demande sa démission de M. Valls et son inscription à une formation civique avec un programme sur au moins les premières phrases de la constitution française : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. ». Obligatoire pour tous les étrangers sollicitant un titre de séjour, et dans une stricte exigence d’égalité, une telle formation devrait aussi être accessible à un ministre en voie de reconversion.


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mercredi 10 juillet 2013

Invitation publique à F. Hollande à la commémoration du génocide des tsiganes

Le 24 juin dernier, La voix des Rroms envoyait au président de la République française, M. François Hollande, une invitation solennelle à la commémoration du génocide des tsiganes le 2 août 2013 à Auschwitz. Organisée par le réseau européen de jeunesse ternYpe, dont fait partie La voix des Rroms, cette commémoration a lieu à la date anniversaire de la liquidation par les nazis de 2500 tsiganes dans la nuit du 2 au 3 août 1944 à Auschwitz - Birkenau.

Nous souhaitions publier cette lettre d'invitation à un organe de presse nationale.
  • Nous l'avons proposée au Monde, qui l'a refusée en raison du nombre important des tribunes prévues à publier.
  • Nous l'avons proposée à Libération, qui ne nous a pas répondu, ce qui après 3 jours équivaut refus, aux termes du message automatique de confirmation de réception de notre courriel.
  • Nous l'avons proposée au Figaro, qui n'a pas répondu non plus et ne l'a pas publié.
C'est clair, il y a une autre actualité sur les Rroms, plus payante médiatiquement et électoralement. Elle est rythmé par des propos d'un Jean-Marie Le Pen et d'un Christian Estrosi. Par les réactions d'un Manuel Valls aussi, dont l'action contredit le discours, bien que le discours reste débile et donc non convaincant, tant il est empreint d'ignorance, si ce n'est de mauvaise foi.

Nous n'avons pas droit à la parole publique, sauf si c'est pour réagir à ces propos-là, pour dire quasi sur commande que nous sommes indignés, choqués, et autres adjectifs à la mode. Non, nous ne le sommes pas! Non, nous n'avons pas des nausées, sauf pour quelques femmes enceintes, et c'est dû à leur grossesse, à la vie qu'elle portent en elles et qu'elle donneront bientôt. Elles mettront au monde les enfants qui enterreront l'ignorance crasse et la médiocrité qui couvrent des manœuvres politiciennes mortifères, si nous n'y arrivons pas avant.

Non, nous ne sommes pas indignés, ni choqués! Ces sentiments bon marchés ne sont pas des nôtres. Nous sommes révoltés, comme des millions de nos frères humains au-delà des races, des langues, des couleurs de peau, des religions ou de leur absence, des habitats ou de leur absence, des emplois ou de leurs absence et cette liste-là pourrait s'allonger bien plus.

Nous commémorerons le Samudaripen, le génocide qui fit 500.000 morts parmi nos anciens, en restant debout et la tête haute. Nous le ferons malgré les refus ou le silence méprisant de ceux qui, gérant de l'argent public ou privé, ne nous ont pas accordé un seul centime pour couvrir les frais du voyage pour ce groupe de jeunes qui souhaite se rendre à Auschwitz. Nous le ferons grâce à la solidarité des hommes et des femmes qui ont répondu et qui continuent à répondre présents à notre appel à la solidarité. Car la dignité ne s'achète pas.

Nous avons voulu que les Français prennent connaissance des termes dans lesquels nous avons invité le président Hollande à nous rejoindre dans cette commémoration, termes qui traduisent une fois de plus la dignité qui est la nôtre. Les médias sollicités n'ont pas voulu publier notre lettre. Il est vrai, elle fait tache entre les discours des Le Pen, Estrosi & Co.

Eh bien, nous vous la livrons avec nos moyens, limités, mais les nôtres. Pour télécharger la lettre de La voix des Rroms à François Hollande, cliquez ici.



vendredi 5 juillet 2013

Quand Jean-Marie Le Pen dit vrai

Présentant la candidate FN pour les municipales en la personne de Mme. Marie-Christine Arnautu, dont le nom de famille est d'origine turque, langue dans laquelle il veut dire l'"albanais", mais qui est passé par la langue roumaine pour prendre l'article défini postposé "ul" dans sa forme populaire "u", Jean-Marie Le Pen a fait le constat d'une présence "urticante et odorante". M. Le Pen n'a pas tort, il règne en effet une ambiance puante, créée et entretenue par la classe politique française, et sur laquelle le Front national surfe joyeusement et avec de plus en plus de succès dans les urnes. Cette ambiance-là est le fait d'élus de tous bords, du PCF à l'UMP en passant évidemment par des élus ou candidats PS et EELV. 

Lorsque, pour des raisons électoralistes, Samia Ghali dit comprendre l'expulsion et l'incendie des habitations de Rroms par des personnes privées, elle ne dit pas autre chose que M. Le Pen, elle manque juste de lyrisme par rapport à lui. 
Lorsque M. Valls dit que les Rroms "ne souhaitent pas s'intégrer, pour des raisons culturelles ou parce qu’ils sont entre les mains de réseaux versés dans la mendicité ou la prostitution, il ne dit pas autre chose non plus. 
Quand la direction du parti au pouvoir ne daigne pas répondre à la demande des associations La voix des Rroms et Rromeurope de prendre position vis-à-vis de telles déclarations, cela prouve bien qu'elle cautionne le maintien de cette ambiance urticante et puante. 
Quand une ministre de l'écologie est limogée car elle refuse la rigueur voulue par des lobbies proche du pouvoir, pendant qu'un ministre du budget est remercié et couvert d'éloges alors qu'il est mis en examen pour fraude fiscale, c'est effectivement puant.

Les Rroms ne sont finalement rien dans ce contexte-là. C'est l'image de "tous pourris" ou celle de "UMPS", si bien manipulées par le FN qui se trouve réalisé par tous ces comportements. On ne saurait reprocher particulièrement au gouvernement ou au parti socialiste de ne pas respecter leur idéologie ou leurs promesses. On peut en revanche leur reprocher de ne pas être suffisamment intelligents pour comprendre que leurs calculs électoralistes sont mauvais. Ils se rendront compte le lendemain des municipales, mais il sera alors trop tard pour réagir. 

La voix des Rroms ne fera pas à Jean-Marie Le Pen le cadeau d'un procès, qu'il cherche désespérément pour renforcer l'image de celui qui dit la vérité et qui, pour cette raison-là, est attaqué de partout. Elle demande à toutes les organisations antiracistes d'en faire de même, et de la joindre dans les actions qu'elle envisage dans un avenir proche contre les propos de Manuel Valls. 


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dimanche 30 juin 2013

Appel à la solidarité pour la mémoire du Samudaripen - le génocide des tsiganes

Cher lecteur,
Chère lectrice,

Du 30 Juillet au 4 Août prochains, L'association La Voix des Rroms, association intensément engagée depuis sa création en 2005 dans la lutte contre le racisme, participera avec une vingtaine de jeunes Rroms et non-Rroms de France à une rencontre internationale autour du souvenir du Génocide des Tsiganes. Cette rencontre aura lieu à Cracovie et Auschwitz, et rassemblera 400 jeunes venus de nombreux pays d'Europe. 

Ce projet nous paraît hautement nécessaire dans le contexte actuel de progression spectaculaire du racisme en discours et en actes : incendies volontaires d'habitations en France, agressions physiques en Slovaquie, Meurtres en Hongrie, Incitation publique au Génocide en Grèce, Expulsions de masse en Allemagne.

Si nous sommes déjà soutenus un peu par le Fonds Européen pour la jeunesse, il nous reste encore à boucler le financement du transport de ce groupe de jeunes. 

Or de façon incompréhensible, et nous n'avons pas le temps jusqu'ici de formuler des explications, l'ensemble des organismes et institutions privées et publiques en charge de ce type d'initiative en France, n'a pas souhaité encourager cette initiative, ce qui revient exactement à la décourager. 

Mais il va de soi, tant elle est nécessaire que nous la réaliserons, et c'est pourquoi nous faisons appel au soutien de la société civile et de tous les citoyens concernés afin d'arriver à notre fin : construire un solide rempart au déferlement de l'ignorance, de la confusion et de la haine raciale en France et en Europe, afin de ne pas voir arriver à l'avenir ce que nous ne voulons plus jamais voir.

Vous pouvez aider en participant à la cagnotte que nous faisons passer parmi vous tous et en diffusant ce lien autour de vous. 

N.B. Le paiement en ligne sur le site est sécurisé. Cependant, si vous le préférez, vous pouvez aussi envoyer un chèque à l'ordre de La voix des Rroms et l'envoyer à notre adresse 50, rue des Tournelles, 75003 Paris.

Merci d'avance pour votre soutien!




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