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mercredi 5 août 2015

Plus de 1400 militants et sympathisants expriment leur indignation au Maire PC de La Courneuve


Plus de 1400 militants et sympathisants expriment leur indignation au Maire PC de La Courneuve  


Depuis dimanche soir, plus de 1400 militants communistes et sympathisants de gauche de toutes la France dénoncent violemment une trahison des valeurs du Parti Communiste par le Maire de La Courneuve Gille Poux, sur le sitewww.Change.org. Ils sont signataires de la pétition de Jozef (www.change.org/samaritain), 17 ans, qui implore le Maire de renoncer à l’expulsiondu bidonville du Samaritain prévue le 12 août prochain et d’accepter le projet inédit d’amélioration des conditions de vies et de renforcement d’insertion sociale et économique des résidents proposé par la Fondation Abbé Pierre, Médecins du Monde, la DIHAL, des architects et des dizaines d’associations.[1]

Les commentaires sont sans appel. Venant de toutes la France, la déception, l’éffroi, le dégout, la colère se fait sentir par d’anciens élus, militants PC, chercheurs, acteurs de l’insertion sociale et simple citoyens attérés par cette décision. Certains signataires appellent à la raison, d’autres à la démission, considérant qu’un communiste capable d’agir de la sorte ne vaut pas mieux qu’un élu Front National.


Parmi les personnalités s’associant à cette dénonciation, la Sénatrice EELV Esther Benbassa, du Président du Collectif Citoyens Kamel Djellal, l’universitaire Didier Fassin, et Anina Ciuciu, écrivaine et future magistrate qui a elle-même grandi en bidonville en Roumanie. Lundi 3 août, cette dernière exprimait son émotion sur l’émission D’ailleurs et d’ici (France Inter) : « C’est un cas emblématique du refus de trouve des solutions. Monsieur Poux refuse tout (...). Je suis très inquiète et très choquée car la Courneuve est un fief communiste depuis très longtemps, et on perd la tradition de solidarité qu’on connaît »[2]

Sans rien coûter à la Ville, ce projet sans précédent soutenu par Plaine Commune et le Préfet à l’Egalité des Chance de Seine-Saint-Denis a purement et simplement été rejeté par le Maire qui a ordonné une expulsion à la place, avant de partir en vacances.

Sous le choc, les 80 familles du plus ancien bidonville de France qui s’étend sur trois ruelles aménagées en baraques et une Eglise auto-construites disent être passés « du rêve au cauchemar ». Jozef, médiateur social en service civique qui rêve de devenir soignant, a lancé la pétition comme dernier appel à la solidarité. « Peut-être qu’avec vos voix, nous pourrons nous faire entendre », conclut la pétition.




[1] Cf. projet et soutiens détaillés dans le dossier de presse joint

mardi 11 septembre 2012

Que cherchent Valls et Cazeneuve à Bucarest ?



Un jour avant de s'envoler pour Bucarest avec le ministre délégué aux affaires européennes, M. Valls enfonce le clou et s'enfonce dans le mensonge et la diffamation. Pour lui, les Rroms roumains qui se trouvent en France seraient pourchassés de leur pays et discriminés. Discriminés, oui, parfois. Pourchassés, non. D'ailleurs, moins de 15.000 parmi les 2,5 millions de Rroms que compte la Roumanie se trouvent en France dans une situation précaire, montée de toutes pièces par la loi française qui leur interdit dans les faits de travailler.

Si la France ne veut pas accueillir plus de « damnés de la Terre », que n'intervient-elle pas en Hongrie pour essayer de stopper la violence raciste contre les Rroms ? C'est là que des miliciens en uniforme défilent pour provoquer et intimider les Rroms, c'est là qu'ils mettent le feu à leurs maisons et même en tuent avec des armes à feu.

D'après nos informations, le gouvernement roumain avait souhaité inscrire à l'ordre du jour des discussions la francophonie, mais cela a été refusé par Paris. Le gouvernement français semble intéressé uniquement par la question de 15 000 Roumains, pour certains Rroms, exilés en France. On y aurait presque cru, si on était un peu plus bêtes. 

Quel est le véritable objet de cette visite? En 2010, Eric Besson et Pierre Lellouche, les ministres d'alors avec les attributions des ministres d'aujourd'hui, se rendaient eux aussi à Bucarest tambours battants pour discuter de la «question rrom». L'agenda caché était alors la vente de centrales nucléaires. L'échec de cette vente projetée a suscité l'ire de la France et son refus persistant à l'entrée de la Roumanie dans l'espace Schengen. «On a le droit de faire des affaires», disait M. Jacques Myard lors d'un débat télévisé au président de La voix des Rroms qui évoquait cet agenda caché sous le prétexte de l'«invasion rrom». 

Incontestablement, la France a le droit de faire des affaires. Toutefois, ce droit n'autorise ni le dénigrement injuste de pays souverains, ni l'utilisation d'un peuple comme balle de tennis. La voix des Rroms dénonce énergiquement l'instrumentalisation des Rroms et invite le gouvernement roumain à faire preuve de dignité face à ces manœuvres honteuses. Un pays qui met à l'écart ses Rroms depuis 6 siècles et qui leur applique un régime discriminatoire en tant que «gens du voyage» devrait être plus humble que ça.



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vendredi 7 septembre 2012

APPEL A LA CONSCIENCE CITOYENNE



Le doute dont on pouvait faire bénéficier le gouvernement Ayrault semble effrité déjà. La réunion interministérielle, suivie d'une réception du collectif Romeurope puis d'une circulaire interministérielle donnant des directives aux préfets confirme la volonté du gouvernement : priorité aux expulsions. Le reste n'étant que mensonge et maquillage, nous lançons cet appel à toutes les associations.

  1. Si le gouvernement cherchait réellement des solutions, il aurait commencé par la levée pure et simple des restrictions à l'accès au travail pour les Roumains et les Bulgares. Il n'a pas voulu le faire.
  2. Si le gouvernement jugeait que les installations informelles de quelques 20.000 personnes en France, parmi lesquelles des Rroms, étaient inacceptables et devaient disparaître, il se serait attaqué au problème du logement, et non pas à leurs occupants, comme c'est le cas.
  3. L'urgence dont le gouvernement se prévaut dure depuis plus de 20 ans. Le mandat des gouvernants actuels expire dans un peu moins de cinq ans. Avec une réelle politique volontariste, novatrice et courageuse, les divers problèmes que rencontrent les personnes en question trouveraient une solution dans moins de trois ans. Il suffirait pour cela vouloir un vrai changement, à commencer par les mentalités et les schémas de pensée et d'action. Or le gouvernement refuse de procéder à un tel changement et persiste dans les impasses.
  4. La concertation avec les acteurs locaux que le gouvernement a annoncé est un leurre. La politique des expulsions cherche juste un alibi. Le collectif de défense des Rroms à Marseille l'a compris et il menace de boycotter la « table ronde » annoncée par la préfecture le 12 septembre.

La voix des Rroms appelle toutes les associations qui interviennent en soutien aux Rroms, ainsi qu'à toutes celles qui pourraient être sollicitées, à faire preuve de prudence et de détermination dans les buts nobles que chacune de ces associations s'assigne.
Refusons la collaboration avec des politiques désastreuses et destructrices de l'humain et de sa dignité !
La chasse aux Rroms et aux pauvres que le système assimile à eux doit prendre fin une bonne fois pour toutes !
Ne soyons pas aujourd'hui des alibis d'une politique condamnable pour que l'histoire de demain ne nous range pas du mauvais côté !

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mardi 28 août 2012

La valse du changement


Dans mon pays d’Hollande
Il est des roses bleues
Elles dansent sans cesse la Valls
En basculant peu à peu

Une Valls comme à Vienne
A droite, à pas de Guéant
La Valls « ferme et humaine »
Des hérauts du changement


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jeudi 23 août 2012

Lettre ouverte à la Commission européenne et au Premier ministre français

Monsieur le Président Barroso,
Madame la vice-Présidente Reding,
Monsieur le Premier ministre Ayrault,


Au nom de l'association La voix des Rroms, une association très présente auprès des Rroms migrants roumains et bulgares en France, je m'adresse publiquement à vous afin d'attirer votre attention sur quelques points relatifs au traitement de cette population.

Comme en 2010, les expulsions médiatiques de Rroms ont suscité la réaction de la Commission européenne qui a remis la France sous surveillance. Je tiens ici à saluer la vigilance et la promptitude de la Commission.

Comme en 2010, cette mise sous surveillance n'a pas abouti à des sanctions, ce que sincèrement je ne souhaite pas. Dans une Europe civilisée ce ne sont pas les sanctions qui doivent impulser le respect des droits humains. Je vous avoue cependant que, pour avoir fourni personnellement, avec d'autres, des preuves suffisantes de la violation des règles européennes lors d'expulsions en 2010, j'ai été déçu qu'elles n'aient pas été prises en compte dans l'évaluation de la Commission.

Qu'importe, le changement politique intervenu en mai dernier en France et l'engagement de M. Hollande nous donnaient de l'espoir que la situation allait changer. Malheureusement, ce n'est pas encore le cas et les conditions comme les termes dans lesquels la question est posée ne présagent pas dans l'immédiat d'améliorations substantielles. C'est pourquoi je vous écris cette lettre ouverte, espérant ainsi contribuer à une réorientation sur certains points.

D'abord, le maintien de l'obligation d'une autorisation de travail préalable pour les Roumains et les Bulgares restera un problème y compris après la suppression de la taxe due par les employeurs et l'élargissement de la liste des métiers dits «ouverts». Ceci parce que souvent ces migrants vivent dans de grandes agglomérations, où les services des étrangers dans les préfectures sont débordés et donc, le traitement des dossiers est trop long par rapport à leur durée de séjour autorisée et surtout par rapport aux besoins des employeurs à embaucher rapidement dans des secteurs tels que le bâtiment, l'hôtellerie ou l'agriculture. Ainsi donc, je me joins aux souhaits de la Commission de voir ces les mesures transitoires supprimées le plus tôt possible.

Ensuite, s'agissant de «l'encadrement des conditions dans lesquelles les camps sont démantelés », sur lequel la Commission se dit prête à soutenir le gouvernement français, nous vous invitons, gouvernement et Commission, à la plus grande prudence. En effet, des fonds régionaux européens ont pu financer des « villages d'insertion » en France, dont M. Bailly, porte-parole a dit « Reste maintenant à voir le fruit de ces engagements ». Connaissant de près le mode opératoire des « villages d'insertion », nous en avons un bilan négatif qui se base sur des faits facilement vérifiables. Nous en rapportons publiquement sur un blog : http://villagedinsertion.blogspot.com . D'autres acteurs associatifs, dont le collectif Romeurope, après une période de divergence sur cette évaluation, fait aujourd'hui le même constat d’inefficacité.
D'autres méthodes sont testées actuellement, qui associent pleinement la population concernée, comme dans la ville de Saint-Denis en région parisienne. Une délégation composée de parlementaires européens et de fonctionnaires de la Commission européenne a visité ce projet lors d'une visite en 2011 et a pu constater que l'implication directe des personnes concernées faisait la différence en termes de coûts mais surtout en termes de réussite, car les personnes s'approprient le projet. Aussi, une telle méthode constitue une prévention du racisme, dans la mesure où les Rroms ne sont pas présentés comme des profiteurs de politiques sociales et donc de l'argent du contribuable, mais bien comme des acteurs de leur intégration. Nous et nos partenaires institutionnels et associatifs nous tenons prêts à nous associer à la réflexion et au travail commun qui devrait permettre la normalisation des conditions de vie de cette petite partie des Rroms en France tout en évitant sa stigmatisation ou sa mise sous tutelle par telle ou telle catégorie de professionnels du travail social.

Enfin, je note la volonté du gouvernement français d'inscrire à l'ordre du jour du prochain conseil de l'Union européenne la question des Rroms et je souhaite qu'elle y soit posée dans des termes différents de ceux du deuxième sommet européen sur les Rroms, qui par ailleurs s'est révélé d'un résultat plus que médiocre, au grand dam des promoteurs de politiques sécuritaires. Nous avons participé aux travaux de RANELPI en 2000 et souhaitons toujours l'adoption par l'Union de la proposition d'un statut-cadre des Rroms dans l'Union européenne. Cette proposition, qui concentre l'expérience de plusieurs dizaines de spécialistes et d'activistes à travers une quinzaine d'Etats européens reste à ce jour le programme le plus complet en la matière. Nous vous invitons vivement à l'examiner et à l'adopter dans la forme la plus appropriée afin qu'il serve de guide à l'action de l'Union européenne et de ses Etats membres.

Nous restons convaincus que, au niveau français comme au niveau européen, rien de positif ne se fera sur nous, sans nous. C'est pourquoi vous assurons de notre volonté de dialoguer et de contribuer à la recherche de solution justes et dignes aux problèmes qui se posent pour un certain nombre d'entre nous. Prêts à assumer notre part de responsabilité dans ces processus, nous vous demandons de nous y associer en égalité avec les autres acteurs.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, Madame la vice-Présidente, Monsieur le Premier ministre, l'expression de ma très haute considération.




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dimanche 12 août 2012

Le fabuleux destin de M. Valls par Irma la Bohémienne



Après les nombreuses réactions qu’a suscité la reprise de la politique de Sarkozy-Hortefeux par M. Valls, le ministère de l’Intérieur tente de se démarquer de l’UMP. Il le fait mal, et il faut dire que l’exercice n’est pas aisé :

« Il a été mis fin à la politique du chiffre » dit le ministère, ce qui est vrai. Mais l’absence d’annonce d’objectifs chiffrés change-t-il quelque chose à la reprise intensive des expulsions en grande pompe et en présence de journalistes ?

«Contrairement à la politique menée par le précédent gouvernement, aucune population n’est ciblée pour elle-même, il n’y a plus de 'politique ethnique' en France». Ceci n’est pas sans rappeler la fameuse circulaire Hortefeux du 5 août 2010, illégale parce qu’elle désignait nommément les Rroms, retirée après les menaces de la Commission européenne et remise en circulation de manière légale après lui avoir enlevé le mot « roms », une fois que la cible était bien claire à l’esprit des préfets. Alors, certes Valls n’est pas Hortefeux du 5 août 2010, car il n’utilise pas le mot « roms » mais l’expression « population dites roms ». Quelle nuance !

«Des élus de gauche comme de droite réclament (leur) évacuation, face à la demande pressante et légitime des populations, comme notamment à Villeneuve-d’Ascq, à Lille et à Lyon», a noté l’Intérieur à l’AFP. Que ce gouvernement est à l’écoute du peuple. Tenez, la prochaine annonce sera certainement le référendum tant demandé pour l’adoption du pacte budgétaire européen, parole de socialiste ! Et dans la foulée, on soumet aussi à référendum le rétablissement de la peine de mort, tant pis pour Badinter !
Pour info, à Lyon, des voisins de Rroms menacés d’expulsion vendredi avaient suspendu à leurs fenêtres des pancartes sur lesquelles était écrit : « Laissez-nous vivre ensemble » et « laissez nos voisins tranquilles ». Entre Valls et les témoins lyonnais, il y en a un qui ment.

Le ministère se défend de toute « stigmatisation » dans sa façon d’aborder la question des Rroms. Mais alors pourquoi le ministre a-t-il menti en parlant d’« une situation de confrontation entre les populations des quartiers populaires et les populations dites roms » en Seine-Saint-Denis pour justifier ses « démantèlements »? Si ce n’est pas de la stigmatisation, c’est un peu pire… c’est tenter de susciter des tensions lorsqu’il n’y en a pas. Cela ne vous rappelle-t-il pas l’été 2010 ? A nous, si !

L’exercice de communication auquel se livre M. Valls n’est pas difficile. Il est tout simplement impossible. Sa politique ressemble à celle de MM. Hortefeux et  Guéant comme deux gouttes d’eau. Il ne lui reste donc qu’à l’assumer pleinement, mais peut-il vraiment le faire? Quelle sera l'issue de cette affaire?

Nous avons consulté Madame Irma pour vous M. Valls, et savez-vous ce qu’elle dit ?
Après le soutien plein et entier de la branche droitière de l’UMP qui vous est déjà acquis, bientôt vous vous rallierez jusqu'aux ultra-gauchistes de l’UMP, et en 2017 vous serez le candidat UMP à la présidentielle ! Nous lui avons demandé si vous seriez élu, mais elle n’a pas voulu nous répondre. Elle a dit qu’il faut un peu de temps encore pour que Eric Besson digère déjà ça, avant d’annoncer le reste. Alors, patience…
 
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vendredi 10 août 2012

A Villeneuve d’Ascq, les Rroms scandent : « Hortefeux, reviens !»



Ce n’est pas vrai, mais ça aurait très bien pu l’être. En effet, lorsqu’en juillet 2010 le P.S. critiquait durement Hortefeux, ce dernier a prouvé que les expulsions à Lille étaient demandées par Mme. Aubry, présidente de Lille métropole et première secrétaire du PS. Elle s’était alors engagée à ne plus demander d’expulsion. Il s’en est suivi un moratoire qui a duré jusqu’au… CHANGEMENT promis en termes précis par le candidat socialiste et désormais président, M. Hollande. Hollande président, les expulsions reprennent de plus belle ! Alors, simple exercice de logique : c’est finalement Hortefeux qui a permis une période de paix à ces Rroms, une fois de plus pris dans les pièges politiciens. Finalement, pour les Rroms, le PS ne serait-il pas meilleur en opposition?

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jeudi 9 août 2012

Message à toutes les rédactions

Chers journalistes,

La voix des Rroms tient à saluer vos efforts pour informer la population au sujet des Rroms. Vous avez été nombreux ces derniers jours à essayer de nous joindre, pour nous demander des détails sur des expulsions annoncées par le ministère de l’intérieur. C’est pourquoi nous vous adressons ce message :

Pas plus que sous gouvernement Fillon, nous ne sommes au courant des expulsions à venir, que le gouvernement Ayrault, par la bouche de M. Valls, persiste à désigner du vocabulaire de Hortefureur : DEMANTELEMENTS.

Nous nous refusons de participer aux jeux de M. Valls en commentant plus que de raison ses annonces. Encore une fois, M. Guéant a déclaré que s’il devait choisir lui-même le « socialiste » qui devait lui succéder place Beauvau, il aurait choisi M. Valls. M. Guéant peut dormir tranquille, la valse continue au même rythme.

Les Rroms ne sont absolument pas un enjeu pour aucun gouvernement. Tout au plus sont-ils une carte que les gouvernements successifs jouent avec le cynisme qui les caractérise plus ou moins. M. Valls a trouvé bon de se servir de quelques 10.000 Rroms pour faire parler de lui. Il a été prêt pour ceci à s’opposer frontalement au président de la République en foulant aux pieds les engagements que ce dernier avait pris. Il a trouvé bon pour ceci de mentir en disant qu’il y avait des tensions entre Rroms et habitants de quartiers populaires en Seine-Saint-Denis, chose que nous démentons formellement.

En conclusion, et tout en respectant la liberté de votre profession, nous demandons à toutes les rédactions de ne pas surestimer l’esbroufe de M. Valls. Ses annonces ne sont intéressantes que confrontées avec le point de vue actuel du Premier ministre, du président de la République ou encore des organes dirigeantes du parti socialiste. Est-ce parce que ces déclarations aident à oublier la crise que le gouvernement acquiesce ?

Il est vrai qu’on doit à un socialiste fameux (surnommé tonton) la formule « les promesses électorales n’engagent que ceux qui y croient », mais si « le changement c’est maintenant », alors qu’on change ! Et si cela implique de changer de ministre de l’intérieur, et bien qu’on le fasse. La politique exige de l’audace. Le changement, nous avons été nombreux à l’attendre. Pourtant, rien n’a l’air de changer, mais ce n'est pas ce qui nous déçoit le plus; le pire, c'est que le gouvernement précédent défendait clairement ses convictions, y compris les plus sinistres, avec bien plus d'audace...






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jeudi 26 juillet 2012

Inquiète pour le gouvernement, La voix des Rroms lui souhaite courage

Nous sommes presque deux ans après, jour pour jour, de l’annonce d’une réunion interministérielle par N. Sarkozy, censée mettre en œuvre un plan de guerre contre la délinquance et les comportements de « certains parmi les gens du voyage et les Roms ». C’était le 21 juillet 2010, suite au meurtre de Luigi Duquenet, un jeune Gitan, par un gendarme. C’était aussi le moment où une certaine affaire Woerth – Bettencourt faisait des vagues. Le sujet des Rroms a beaucoup servi de fumigène dans cette ambiance hautement sensible pour le gouvernement précédent.

Deux ans après, le gouvernement a changé et l’actuel président a promis le changement. Pour maintenant. Tout est une question de définition des mots « changement » et « maintenant ». Car « maintenant », c’est toujours, et toujours, ça peut durer plus ou moins. Les récentes déclarations de M. Valls c’est presque maintenant, mais on a du mal à y voir quelque changement en ce qui concerne le traitement des Rroms. En effet, le ministre se dit obligé de poursuivre les expulsions des Rroms, au point même d’imiter non seulement les méthodes, mais aussi le vocabulaire de M. Hortefeux. M. Valls ne parle pas d’expulsions, mais de « démantèlements », un mot qui évoque plutôt des réseaux et qui n’avait pas été choisi au hasard par Hortefeux. D’ailleurs, faut-il le rappeler, à cette période là, M. Hortefeux avait repris la fameuse formule de Charles Maurras « la France n’est pas un terrain vague », pour justifier les « démantèlements des camps ». Heureusement, M. Valls ne va pas aussi loin.

Pourtant, le candidat Hollande avait promis qu’il n’y aurait pas d’expulsion sans solutions de relogement. Exit déjà cet engagement, par le fait du ministre de l’intérieur ?

Le candidat Hollande avait aussi promis que le nouveau gouvernement ouvrirait l’accès au travail aux ressortissants roumains et bulgares. Valls annonce déjà une couleur totalement différente, en déclarant « Je ne suis pas sûr qu'on règlera uniquement le problème par la question de l'accès au travail ». Est-on donc partis pour le maintien des mesures transitoires qui excluent de fait les Roumains et les Bulgares du droit au travail ?

Alors oui, nous autres, Rroms, sommes inquiets… pour le gouvernement. Car, au fond, ni le communiqué de l’Elysée du 21 juillet 2010, ni l’état major de la guerre contre les tsiganes réuni une semaine plus tard à l’Elysée, ni le discours de Grenoble n’ont apporté de grands changements dans la vie des Rroms. Les expulsions se sont tout simplement poursuivies, baptisées désormais « démantèlements » par quelqu’un qui citait Maurras. Elles sont peut être devenues un peu plus intenses et violentes qu’auparavant, c’est tout. Le problème c’est que, à chaque fois qu’on parle de nous, qu’on nous montre de doigt, c’est surtout pour cacher d’autres problèmes qui ne nous concernent pas, du genre… Woerth, Bettencourt, Karachi…. Lesquels, cette fois-ci ???? Peut-être rien de très grave, juste une divergence passagère. Rappelez-vous : Claude Guéant, prédécesseur de M. Valls a déclaré suite à la nomination de ce dernier place Beauvau que, si c’était à lui de choisir, il aurait choisi … Manuel Valls !

Courage, gouvernement Ayrault ! Vous pouvez vous en sortir ! Nous, on s’en sort depuis 700 ans envers et contre tout. C’est juste une question de valeurs à respecter, et ce n’est pas très compliqué.


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vendredi 10 septembre 2010

Y a-t-il un psychiatre dans l’avion ?


Mythomanie, mégalomanie, complexe de supériorité et autisme, ce sont les mots qui résument la politique française à l’égard des Rroms :

Mythomanie 
Parce qu’il est désormais connu par tout le monde que les expulsions de Rroms roumains vers la Roumanie, pratique courante depuis des années, ne servent à rien si ce n’est à gaspiller de l’argent du contribuable. Pour la seule période janvier 2006 – décembre 2008, en tenant compte des sources gouvernementales et de l’évaluation des coûts d’une expulsion par le sénat, cette démagogie a couté près de 600.000.000 d’euros (détail ici : http://www.blogg.org/blog-44189-date-2009-01.html ), soit quasiment trois fois plus que le pactole que l’Etat remettra à Bernard Tapie.

Mégalomanie 
Parce que les représentants de l’Etat français font fi de toutes les condamnations par des autorités internationales : Conseil de l’Europe, Union européenne, Organisation des Nations Unies, le Vatican. Au lieu de se conformer aux règles internationales relatives aux droits de l’Homme et des libertés fondamentales, l’Etat français cherche à amortir au coup par coup les tensions que suscite son comportement irresponsable. Malheureusement, certaines de ces autorités internationales cèdent aux pressions françaises pour des raisons inavouées publiquement. 

Complexe de supériorité ...
... qui s’affiche clairement dans les relations entre la France et le Roumanie. Hélas, la position du gouvernement roumain se révèle mouvante devant une France qui réveille ses relents colonialistes. Un « nouveau plan d’inclusion sociale » en Roumanie ? Pour quoi faire ? De tels plans sont en place depuis des années en Roumanie et leur inefficacité tient en très grande partie à l’électoralisme aveugle des responsables locaux chargés de les mettre en œuvre, alors que l’électoralisme aveugle de l’Etat français pousse celui-ci à renforcer les discriminations inscrites dans la loi française depuis quasiment un siècle (l’institution d’un régime spécifique pour les Rroms de France date de 1912 et est toujours en vigueur).
Autisme 
Parce que, bien que concentrant sur son sol la plupart des ressources du savoir pouvant servir de base à de nouvelles politiques sur les Rroms, notamment dans le cadre des Etudes tsiganes et de la chaire de langue et de civilisation rromani à l’INALCO, la France reste sourde devant les propositions faites depuis des années. A titre d’exemple, on peut citer le projet d’un statut-cadre des Rroms dans l’Union européenne http://www.rroma-europa.eu, diffusé lors du premier Sommet européen sur les Rroms le 16 septembre 2008 à Bruxelles. Lors de ce sommet, la France s’était engagée à supprimer les discriminations prévues par sa loi à l’égard des Rroms. Encore un mensonge, et nous revenons à la mythomanie.

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