LES RROMS DEBOUT ET ACTEURS! Oui, parce que nous ne sommes pas forcément ce que les autres voient en nous. C'est en partant de ce constat qu'un groupe de copains, Rroms, étudiants ou universitaires, créaient l'association "La voix des Rroms" au printemps 2005. Depuis, nous avons fait de la route. Notre ancien blog est toujours accessible à l'adresse http://lesrroms.blogg.org
Vous y trouverez des infos générales sur les Rroms ainsi que des actualités jusqu'au 4 octobre 2009.
Dans un article paru à l’Humanité du 29 décembre, M. Malik Salemkour, vice-président de la Ligue des Droits de l’Homme, s’exprime sur les "villages d’insertion" en ces termes :
« Ils sont clairement discutables, autant l’accompagnement social d’insertion par le travail et logement est une bonne chose, autant il y a lieu de s’interroger sur sa logique ethnique puisque, dans ces villages, il n’y a que des Roms. »
M. Salemkour est bien inspiré à s’interroger sur cette "logique ethnique", mais s’interroge-t-il en tant que porte parole de la LDH, promotrice de l’universalité des droits de l’Homme, ou bien en tant que directeur général de Sopi Communication, Agence de communication globale spécialisée dans le marketing ethnique et la communication multiculturelle?
Difficile à dire...
Nous précisons enfin que la "communication multiculturelle" est différente de la "communication interculturelle".
Dans un article publié au journal l’Humanité le 24 décembre 2009, on lit entre autres :
Une fois expulsées, toutes ces personnes, de toute façon, « errent jusqu’à trouver un nouveau lieu, s’insurge Malik Salemkour, de la Ligue des droits de l’homme. Si encore ces expulsions avaient pour but de mettre ces personnes dans un dispositif pour les prendre en charge… Mais ce n’est pas ça : elles sont là pour faire du chiffre et ne font que provoquer un déplacement inutile ».
Nous ne disserterons pas sur la confusion entre les expulsions des bidonvilles et les renvois des personnes dans leurs pays d’origine, seuls ces derniers étant comptabilisés dans les statistiques de l’immigration, mais signalons seulement qu’un tel amalgame nuit à la crédibilité des propos tenus, ce qui est regrettable. Plus inquiétant encore est le flou qui entoure l’expression « un dispositif pour les prendre en charge ». Lequel ?
Depuis 2006, de tels dispositifs existent sur les communes d’Aubervilliers, de Saint-Denis, de Bagnolet, de Saint-Ouen et de Montreuil. Il s’agit de MOUS (Maîtrise d’Oeuvre Urbaine et Sociale), des conventions passées entre les municipalités et la préfecture de la Seine-Saint-Denis. Récemment, des initiatives similaires sont signalées dans d’autres grandes villes de province. Appelés depuis 2007 « villages d’insertion pour les Roms », ces projets sont fortement critiqués par l’association La voix des Rroms, qui a lancé aussi une campagne de dénonciation de ces pratiques sur la plateforme Facebook. Sans reconnaissance du droit de travailler en France, les Rroms placés dans ces centres ne peuvent recevoir personne chez eux, ni même leurs familles. La gazette des communes relayait récemment l’information d’un élu montreuillois selon lequel 75% du budget de ces « villages d’insertion » est alloué à leur gardiennage. En 2009, la part dévolue au gardiennage des administrations pénitentiaires en France n’a été que de 35,9%, soit plus de deux fois inférieure ! L’opacité totale dans laquelle se déroulent ces MOUS est, elle aussi, une violation du droit des contribuables à être informés de l’utilisation de l’argent public.
Dans ces conditions, La voix des Rroms demande :
Une prise de position publique de toutes les associations signataires (pour la plupart membres du collectif Romeurope) du communiqué auquel fait référence l’article du 24 décembre 2009 concernant les « villages d’insertion pour les Roms »
Une évaluation immédiate de ces MOUS par une ou plusieurs entités indépendantes, incluant, au-delà de l’aspect financier, les effets réels de ces projets sur le groupe cible (les Rroms inscrits dans les « villages d’insertion »)
L’arrêt immédiat des répliques de ce genre de projets qui, nonobstant les résultats d’une éventuelle évaluation indépendante, sert d’alibi aux responsables politiques qui traquent les 98% de la population concernée qui ne s’inscrivent pas dans de tels dispositifs.
Mme. Voynet a publié ce 24 décembre 2009 une tribune au Politis, intitulée « Solidarité et responsabilité ». La sénatrice-maire y essaie de répondre aux critiques récentes sur le traitement des Rroms sur la commune de Montreuil.
Bien que la répétition soit la mère de la pédagogie, nous ne nous répéterons pas. D’abord parce que « pédagogie » vient du grec ancien παῖς, gén. παιδός, « enfant » et nous ne voulons pas infantiliser une élue du peuple. Ensuite, parce que, même en surmontant notre humilité, rien ne présage une capacité d’écoute supérieure à celle dont l’équipe a fait preuve lors de nos précédents contacts. Rassurez-vous cependant, nos contacts ont été très cordiaux jusqu’à ce que cette équipe comprenne que nous étions pour des initiatives innovantes et alternatives au business social qui prend pour matière première des Rroms.
Tout simplement, nous citons ici ce passage de sa tribune :
« Considérant qu’il convient d’adapter les parts de responsabilité à chaque échelon, Europe, Etat, Région, commune, j’ai donc écrit au Premier ministre pour demander instamment à l’Etat de mettre en place une enveloppe budgétaire spécifique attribuée aux municipalités ; de déployer des moyens logistiques lourds, notamment pour des hébergements temporaires ; le soutien aux ONG intervenant ; l’arrêt des expulsions sans proposition de solutions alternatives ».
Ouf... voilà qu’on est rassurés ! Procédons dans l’ordre
Une enveloppe budgétaire spécifique attribuée aux municipalités. Pour quoi faire ? M. Monteagle, chargé du « dossier rrom » jusqu’à il y a quelques jours, dénonçait les 75% du budget des « villages d’insertion » au gardiennage, mettant un point d’honneur à Montreuil qui ne le fait pas. Alors, si l’Etat ouvrait sa bourse, à Montreuil, au mieux ce serait pour des cabanes en bois où résideraient des Rroms qui n’ont toujours pas le droit te travailler en France.
Déployer des moyens logistiques lourds, notamment pour des hébergements temporaires. C’est-à-dire des casernes désaffectées, p. ex., pour que les Rroms ne meurent pas de froid. C’est louable, même si le mot « temporaire » pose problème.
Le soutien aux ONG intervenant. Là, rien à dire ! Elles interviennent les ONG, et ceci dans une transparence TOTAL(E) (pardon pour le jeu de mots, mais il est trop beau, n’est-ce pas ?). Puis, elles interviennent où, dans quoi et comment, ces ONG ? Prenons p.ex. ce que Mme. Voynet appelle « alphabétisation », et qui en fait est l’apprentissage du français. Trouvant à juste titre cher la facture de 2000 euros pour 8 cours collectif de français par une association, M. Monteagle nous demandait en été 2008 une solution alternative. Ce fut chose faite : nous proposions des cours sans limitation de temps, avec l’appui du rromani et du roumain, pour deux groupes distincts (enfants et adultes) et tout ceci pour 1000 euros. Nous avons accepté même un paiement différé, en 2009, demandant seulement une salle. Pendant que M. Monteagle "cherchait la salle", nous apprenions que la proposition de la première association avait été retenue et la série de 8 cours avait commencé, pour le prix modique de 250 Euros la séance. Un japonais propose des cours de japonais pour moins cher que ça... Alors, du soutien aux ONG, il faut, parce qu'ainsi elles peuvent faire 8 cours de français pour 3000 euros au lieu de 2000.
L’arrêt des expulsions sans proposition de solutions alternatives. Bien joué ! C’est-à-dire qu’avant d’expulser, l’Etat proposera aux Rroms roumains des solutions alternatives. On ne voit pas bien lesquelles, mais il nous est loisible de deviner qu’il s’agit de solution de relogement... dans des casernes désaffectées p. ex. ... et... de manière temporaire.
Si on n’est pas avancés avec tout ça... Mais que demande le peuple ?
Ah, le peuple... c’est qu’il est exigeant le peuple, voire culotté!
Par exemple, Mme. Voynet, est sénatrice. Elle peut donc interpeller le gouvernement avec cette casquette aussi. Elle n’est pas sans savoir que le véritable problème de ces Rroms roumains et l’empêchement de travailler en France, par une circulaire du 22 décembre 2006. Cette circulaire, intégrée au CESEDA, a été rédigée par le gouvernement, et non pas par la volonté du peuple, plus ou moins bien représentée au parlement français où Mme. Voynet siège aussi. Alors, comment ne lui vient-il pas à l’esprit de demander l’abrogation de cette circulaire et l’alignement du statut des Roumains et des Bulgares sur celui des autres ressortissants de l’Union européenne ? Mme. Voynet, ancienne ministre et députée européenne, elle devrait pouvoir faire ça, non ? Parce que les disparités de fait entre les Rroms roumains et le reste de la population viennent en très grande partie de cette disparité en droit entre les Roumains et les Bulgares d'un côté, et les autres Européens de l'autre. Et demander l'effacement de cette disparité de droit, relève de la politique.
Alternativement, Mme. Voynet a choisi de faire du fundraising pour sa municipalité et pour les associations qui s’occupent si bien de leur matière première* !
*Il s'agit des Rroms roumains "pris en charge", évidemment.
Que 2010 soit une année pleine de santé, de bonheur et de prospérité pour tous, Rroms et Gadjé confondus!
Papa Noël, si tu existes, manifeste-toi!
en donnant de la force et du courage à tous ceux qui se battent au quotidien pour un avenir meilleur
en donnant de la force et du courage à tous les Rroms et tous les Gadjé à qui on rend la vie dure par tout un arsenal de lois, décrets, circulaires, pratiques administratives et policières.
en donnant de la force et du courage plus particulièrement aux sans-papiers et autres sans-droits, comme ces Rroms campés dans des "villages d'insertion" ou des "aires d'accueil".
en donnant de la force et du courage aux politiques pour qu'ils fassent de la vraie politique et non plus du poujadisme bon marché
en obstruant les efforts de tous ceux qui cherchent à maintenir dans un état d'objet et de matière première des êtres humains, qu'il s'agisse de dictateurs, de caciques, de trafiquants d'êtres humains, ou de "bonnes âmes" en mal de conversion depuis la décolonisation formelle
Voilà un tour rapide des cadeaux que chacun est en droit de recevoir du Père Noël!
Mme. Voynet demande de l'argent et des bâtiments à l'Etat, les associations de l'establishment demandent l'arrêt des expulsions sans solution de relogement, mais personne parmi les gens bien ne veut attaquer la racine du mal. Y aurait-il une entente entre la gauche et les associations de "soutien" pour la généralisation des camps d'internement qu'elles appellent béatement "villages d'insertion"? La déclaration de Médecins du Monde cet été, totalement favorable à cette "solution", le laisse croire. L'implication, au moins indirecte, d'autres associations citées dans l'article, aussi. Alors, tous à l'unisson pour proposer comme solution l'enfermement?
Avec de tels "soutiens", avons-nous vraiment besoin d'ennemis?
Nous relayons ici un autre communiqué envoyé ce jour à la presse, mais qui, comme le précédent, passera à la trappe. Évidemment, il y a de l'actualité plus "intéressante", du genre la santé de Johny Halliday ou l'accident du RER C. Si les médias nous traitent comme des imbéciles, qu'ils apprennent que les imbéciles c'est eux! Voilà un vœu pour 2010!
COMMUNIQUE
Dans l'opacité qui entoure les "villages d'insertion pour les Roms", uneinformation inquiétante a été relayée dans la Gazette des communes. 75% dubudget de ces projets, prétendus "d'insertion", est en fait consacré augardiennage. A titre de comparaison, les prisons ne consacrent augardiennage que 35,9% de leur budget en 2009, soit plus de deux fois moinsque les "villages d'insertion". Après cette révélation, est-il encorepermis de se poser la question du but recherché avec ces projets menés essentiellement dans le département de la Seine-Saint-Denis, mais qui onttendance à se propager ailleurs en France?
La Voix des Rroms demande l'arrêt immédiat de ces Maitrises d'Oeuvre Urbaine et Sociale (MOUS) qui, par leur dispositif et leur montage financier, ressemblent à des quartiers pénitentiaires de haute sécurité. Elle a interpellé le Premier Ministre ainsi quel'ensemble des députés français, pour demander l'application du droitcommun et notamment l'accès au travail pour les ressortissants de laRoumanie et de la Bulgarie, pays d'où viennent les Rroms concernés par cesMOUS. En outre, La voix des Rroms se propose à contribuer à une campagnepublique de sensibilisation pour tordre le cou aux préjugés qui causent desdiscriminations dont souffrent les Rroms, français et étrangers, en France.
Dans un courrier adressé au gouvernement à l'ensemble des députés français ainsi qu'à la sénatrice-maire de Montreuil Mme. Dominique Voynet, l’association « La voix des Rroms » demande un changement radical du traitement des « Rroms migrants ». Cette demande fait suite à l’ouverture d’un dialogue annoncé par François Fillon entre le Secrétaire d’Etat au logement et la sénatrice-maire de Montreuil, qui demande des moyens supplémentaires. Estimant que l’échec n’est pas du au moyens financiers, mais à la manière d’utiliser ceux-ci, « La voix des Rroms » demande un changement de la réglementation et des modes opératoires.
Le 17 décembre, la sénatrice-maire de Montreuil Mme. Voynet, a demandé au gouvernement des moyens supplémentaires, s’estimant « débordée » par l'afflux de nouvelles familles rroms. Ceci alors que l’élu en charge du dossier rrom à Montreuil, M. Alain Monteagle, reconnaissait quelques jours auparavant qu’il n’y avait pas d’appel d’air sur la ville. Quoi qu’il en soit de la question de savoir lequel des deux se trompe, M. Fillon a chargé le Secrétaire d’Etat au logement d’entamer un dialogue avec l’édile de Montreuil et peut-être avec d’autres élus locaux.
Le véritable problème à résoudre, à savoir l’accès au travail, n’est cependant pas mentionné dans cet échange. Les ressortissants bulgares et roumains, bien que citoyens européens, ne peuvent travailler légalement en France que s’ils obtiennent une autorisation préalable de travail par la préfecture. La procédure instituée par une circulaire de décembre 2006 est une succession de barrières, à laquelle s’ajoute le délai trop long du traitement des demandes (entre 3 et 9 mois).
Il semble que pouvoir et opposition, pour des motifs vraisemblablement différents, s’accommodent de cette situation, à l’origine de tous les problèmes de logement, d’accès à la santé, à la scolarisation etc. qui en découlent et contre lesquels certains responsables politiques se complaisent à « s’indigner » sans jamais s’attaquer à leur véritable cause. Les « villages d’insertion pour les Roms », qui poussent dans le 93 et se propagent ailleurs, seulement dans des municipalités de gauche, sont présentés comme une « solution ». Ce n’est pas l’avis de M. Monteagle, qui dénonce la part budgétaire trop importante consacrée au gardiennage. Effectivement le gardiennage de ces « villages » ingurgite 75% du budget alors que la garde des établissements pénitentiaires ne coûte que 35,9% de leur budget.
Ce 21 décembre, La voix des Rroms a proposé dans son courrier à M. Fillon la levée des mesures qui restreignent l’accès à un emploi pour les ressortissants bulgares et roumains. Par ailleurs, estimant que cette seule mesure ne suffirait pas, en raison notamment des discriminations dont souffrent les Rroms, elle s’est proposée de contribuer à une campagne visant à tordre le cou aux stéréotypes qui causent ces discriminations.
Aujourd'hui à à16 heures, plus d'une vingtaine de Rroms parmi ceux qui occupent une maison vide à Montreuil, étaient présents à l'audience du Tribunal d'Instance. Le propriétaire de l'immeuble n'en avait assigné que deux, mais ils ont souhaité être là aussi, avec leurs enfants.
Déjà hier, sept demandes d'aide juridictionnelle avaient été déposées, afin de pouvoir payer l'avocat.
Aujourd'hui, seuls les Rroms, La voix des Rroms et quelques amis montreuillois se sont présentés à l'audience, attestations de dépôt des demandes d'aide juridictionnelle en main.
L'avocate du propriétaire s'est opposée au report que les intéressés demandaient, le temps qu'il soit statué sur leurs demandes d'aide juridictionnelle, qualifiant ceci de "manœuvre dilatoire". Le fait pour quelqu'un qui n'a pas les moyens de se défendre en justice et de demander à ce que les frais soient pris en charge, serait donc une tricherie pour gagner du temps en reportant le procès. Or, a-t-on le droit d'être à armes égales devant le juge? La réponse est évidemment OUI. Et quand on n'a pas les mêmes armes que son adversaire, a-t-on le droit de demander au moins un écart moindre entre les armes respectives? La réponse est encore OUI. Se faire représenter par un avocat dans une procédure où on ne comprend rien, c'est tout de même fondamental, non? Imaginez-vous devant un juge islandais p. ex., dans un procès qui vous oppose à un Islandais représenté par un avocat. Seriez-vous à l'aise? Certainement pas.
Enfin, tout est bien qui finit bien... L'audience a été tout de même reportée pour le 16 février, en attendant les réponses quant à la demande d'aide juridictionnelle. Cela ne veut pas dire que tout est réglé, mais qu'au moins, à cette date là, les Rroms auront un avocat.
La peste colonialiste se propage et se montre au grand jour! Cela annonce peut-être des temps bien plus dures. Les "ghettos tsiganes" que les gouvernants locaux appellent "villages de Roms", à l'intérieur des territoires des villes mais bien distingués de celles-ci, ça ne vous dit pas quelque chose? Les discours d'"habitants" relayés dans cet article sont ouvertement racistes et colonialistes. Il s'agirait de réapprendre à des Rroms le "vivre ensemble". A notre tour, nous posons une question aux Français: Combien d'entre vous ont bu un café chez vos voisins lors des 3 derniers mois? Si vous y répondez sincèrement, vous comprendrez que, question "vivre ensemble", les Rroms n'ont pas de leçons à recevoir. Car le "vivre ensemble" ce n'est pas payer ses factures d'eau et d'électricité quand on n'a ni l'eau ni l'électricité, ce n'est pas non plus sortir ses poubelles quand il n'y a ni container ni ramassage d'ordures (nous parlons ici de ce qui se passe souvent en Ile-de-France, en supposant qu'ailleurs ça ne doit pas être bien différent). Le "vivre ensemble" ça veut dire ENSEMBLE! En l'occurrence, avec les Rroms, qui sont bien absents dans les discussions. NON AU COLONIALISME! NON A LA REDUCTION D'UN PEUPLE A L'ETAT D'OBJET PAR LES POLITIQUES ET LES PROFESSIONNELS DU SOCIAL! NON A LA CREATION DE GHETTOS DONT L'HISTOIRE A MONTRE LES CONSEQUENCES IL N'Y A PAS SI LONGTEMPS!
Un article de Politis sur la situation des Rroms à Montreuil et notamment leur dernière expulsion a étrangement disparu. C'est un lecteur de notre blog qui, désireux de le partager avec des amis, nous l'a signalé. En le recherchant sur internet, le lien trouvé renvoie à la fameuse erreur 404 - page introuvable. Loin de nous l'idée que des pressions politiques pourraient être à l'origine de cette étrange disparition, et nous vous demandons aussi, chers lecteurs, de chasser de votre esprit tout doute. Cependant, nous trouverions dommage que vous n'ayez pas accès à cet article, puisqu'il n'y en a pas eu beaucoup sur le sujet. Le voici donc, en deux images que vous pouvez télécharger en cliquant dessus.
Cet article, pourtant récent, de Politis, n'est plus accessible sur le site. On le trouve sur google, mais quand on clique dessus on tombe sur une page d'erreur 404, article introuvable. Loin de nous l'idée que des pressions politiques sur la rédaction de Politis seraient à l'origine de ce phénomène étrange, nous vous demandons aussi de ne pas vous imaginer de telles choses. Si vous voulez en prendre connaissance, il vous suffit de cliquer sur ce lien.
Un article du Monde en ligne au sujet des Rroms à Montreuil.
Il est intéressant de lire le commentaire de Patrick P. Alors que l'article ne relate aucune critique à l'égard de la mairie de Montreuil (ce qui est du seulement au traitement du sujet par la journaliste), M. Patrick P. écrit: "On aurait pu attendre de la Voix des Roms plus de discernement dans ses attaques contre la mairie." Quelle perspicacité ce lecteur!
En revanche, question discernement, nous l'avons totalement épuisé: Quelques semaines après l'arrivée au pouvoir des Verts à Montreuil, nous leur avons fait des propositions concrètes quant à leur politique à l'égard des Rroms. Les responsables municipaux les ont saluées, puis ont tout fait pour bloquer la moindre initiative allant dans le sens de ce que nous avions pourtant défini ensemble. En coulisse, ils ont fait le choix inverse de ce qu'ils disaient. Alors, de quel discernement parle M. Patrick P. ? La paranoïa n'a jamais été un bon outil de gouvernance. L'hypocrisie non plus. Puis, si une collectivité se sent attaquée et menacée par une association qui ne fonctionne que grâce à l'engagement bénévole de ses membres... c'est qu'elle va vraiment mal. Soignez-là, M. Patrick P., au lieu de jouer sur une victimisation hilarante. A force, cela devient pathétique!
Qu'est-ce que cette "prise en charge de 300 Rroms" dont vous parlez? Le fait de ne pas les expulser? Est-ce une raison pour vous remercier? Car à part ça, ces malheureux-chanceux n'ont toujours pas l'autorisation de travailler par la préfecture, le partenaire de la ville dans la MOUS. Alors, comment ne pas se rappeler le fable du chien et du loup? De trottoirs en terrains vagues, le parcours de familles roms à Montreuil
Un article du Monde en ligne au sujet des Rroms à Montreuil. Il est intéressant de lire le commentaire de Patrick P. Alors que l'article ne relate aucune critique à l'égard de la mairie de Montreuil (ce qui est du seulement au traitement du sujet par la journaliste), M. Patrick P. écrit: "On aurait pu attendre de la Voix des Roms plus de discernement dans ses attaques contre la mairie." Quelle perspicacité ce lecteur! En revanche, question discernement, nous l'avons totalement épuisé: Quelques semaines après l'arrivée au pouvoir des Verts à Montreuil, nous leur avons fait des propositions concrètes quant à leur politique à l'égard des Rroms. Les responsables municipaux les ont saluées, puis ont tout fait pour bloquer la moindre initiative allant dans le sens de ce que nous avions pourtant défini ensemble. En coulisse, ils ont fait le choix inverse de ce qu'ils disaient. Alors, de quel discernement parle M. Patrick P. ? Le paranoïa n'a jamais été un bon outil de gouvernance. L'hypocrisie non plus. Puis, si une collectivité se sent attaquée et menacée par une association qui ne fonctionne que grâce à l'engagement bénévole de ses membres... c'est qu'elle va vraiment mal. Soignez-là, M. Patrick P., au lieu de jouer sur une victimisation hilarante. A force, cela devient pathétique! Qu'est-ce que cette "prise en charge de 300 Rroms" dont vous parlez? Le fait de ne pas les expulser? Est-ce une raison pour vous remercier? Car à part ça, ces malheureux-chanceux n'ont toujours pas l'autorisation de travailler par la préfecture, le partenaire de la ville dans la MOUS. Alors, comment ne pas se rappeler le fable du chien et du loup?
Les familles rroms poussées à l'errance à Montreuil occupent depuis unesemaine une propriété privée inoccupée au 83, avenue du Président Wilson.C'est la seule solidarité et l'humanité qui anime les montreuillois qui a permis cette solution de relogement, comme nous l'avons expliqué sur ce site. En signe de remerciement, ces familles avaient prévu une rencontre festive avec un repas préparé par elles, fête à laquelle elles souhaitent inviter tous ceux qui ont été à leurs côtés pendant les dernières semaines qu'elles ont passées sous la pluie, dehors.
La mairie, non seulement n'a pas répondu à cette situation d'urgence, mais l'a rendue encore plus difficile avec des expulsions successives, se retranchant derrière la MOUS (maîtrise d'œuvre urbaine et sociale) qu'elle met en place pour 348 Rroms. Cette MOUS, comme d'autres qui prennent la
forme de "villages d'insertion" dans le département, mérite qu'on se penche dessus, qu'on en discute et qu'on en débatte.
Par ailleurs, le propriétaire de l'immeuble occupé par ces Rroms a entamé une procédure d'expulsion en référé d'heure à heure, ce qui veut dire que très rapidement, une audience aura lieu au tribunal d'instance de Montreuil, lors de laquelle les familles doivent se faire représenter et défendre par un
avocat.
Dans ces conditions, nous avons décidé de joindre nos propositions et nous vous invitons à une
REUNION PUBLIQUE - FÊTE DE SOUTIEN sur le thème "A quoi servent les "villages d'insertion"?" LUNDI 14 décembre à 18h30 à La Parole Errante 9, rue François Debergue 93100 Montreuil Métro "Croix de Chavaux", ligne 9.
Tony Gatlif et Rona Hartner nous rejoindront lundi soir pour cette rencontre.
Nous commencerons avec une projection, puis avec des prises de parole sur le sujet, et enfin avec un repas solidaire et une fête. Les bénéfices de la soirée serviront à couvrir les frais d'avocat engagé pour défendre l'habitat et la dignité de ces familles.
VENEZ NOMBREUX POUR VOUS INFORMER, ÉCHANGER ET PARTAGER UN MOMENT CONVIVIAL.
Devant la traque insensé de la mairie, les montreuillois se sont organisés. Désormais, ces familles traquées depuis plus de trois semaines ont un endroit pour rester: 83, avenue du Président Wilson à Montreuil. C'est un exemple parmi tant d'autres de la cruauté de la spéculation immobilière: une très belle maison, type années 30, qui restait vide depuis des années. Tout a été fait pour qu'elle ne soit pas squattée: escalier, installations, toit, ont subi des dégradations volontaires. Cela fait de la peine de voir ce genre de construction, comme il n'y en a plus, mis dans cet état pour que les sans abris continuent à rester dehors.
Depuis quelques jours qu'ils sont là, les Rroms s'organisent. Nous avons fait un atelier avec les petits sous une tente dans le jardin. La petite "école" sous cette tente, voilà une idée qui a plu aux enfants. Ils en redemandent chaque jour. Sur la porte, nous avons exposé leurs dessins.
Reste cependant que l'état dans lequel on a mis cette maison ne permet pas de rester dedans. Alors tout le monde reste dans le jardin, sous des tentes. Mais cela ne saurait durer. Et c'est grâce à des amis montreuillois que les travaux de mise en sécurité ont commencé. De vrais professionnels de ce domaine. Voici une photo prise pendant les travaux:
Ce sont des amis montreuillois qu'on voit sur le toit en train de travailler. Ils souhaitent rester cependant anonymes, et nous respectons leur souhait. Avec des gens comme ça, et avec tous les montreuillois que nous avons croisés pendant ces trois semaines bien difficiles, mais avec tellement de chaleur humaine malgré le froid, comment ne pas oublier le discours officiel de la ville, qui se dit menacée par des habitants en raison de son action en faveur des Rroms?
Ne soyons pas partiaux! Nous avons rencontré aussi des grincheux, mais cela ne représente qu'une infime minorité. De plus, même parmi les grincheux, la plupart ont changé d'avis au bout de 3-4 minutes d'échange et de discussion, le temps d'informer sur la situation réelle de "ces gens là". Ils finissent par poser des questions, écouter les réponses, comprendre et enfin partir avec le sourire et avec un "bon courage".
Alors, cette mairie qui se dit courageuse de continuer son "engagement à l'égard des Rroms" malgré les menaces et les insultes de nombreux montreuillois, est-elle plus faible qu'une petite association et quelques citoyens que seule l'humanité et le sens de la justice unit? Parce que si nous réussissons là où elle semble échouer et là où elle dit devoir s'entêter pour continuer son "action en faveur des Rroms", c'est ce qu'on est portés à penser. A moins qu'il y ait autre chose... et on croit bien que c'est le cas.
Nous relayons ici un courrier envoyé à Mme. Voynet par un collectif de montreuillois ayant assisté à l'expulsion des Rroms du trottoir de la rue Gutenberg ce 4 décembre:
Madame la Sénatrice et Maire de Montreuil,
Nous sommes très choqués en tant qu'humains que vous ayez oser signer l'arrêté "Opération de nettoyage et désinfection" du 3 décembre 2009.
On croit rêver ! De plus cet arrêté vous à permis d'expulser plusieurs familles de Rroms de la rue Etienne Marcel le 4 décembre 2009, sous couvert de santé et de sécurité publique.
Madame le Maire, votre action n'a rien d'humanitaire, il ne s'agit pour vous, que d'un nettoyage et d'une désinfection d'un lieu de vie.
Madame le Maire, n'invoquez pas des propos populistes qui auraient été émis par la nouvelle population bcbg de Montreuil, il n'y a pas 300 Rroms accueillis sur notre commune, il s'agit ou d'une désinformation, ou d'intox. Un silence de votre part sur ce sujet cautionnerait un mensonge par omission envers vos administrés (Une MOUSS, ou parcage sous contrôle de familles qui sont et seront considérés, comme des citoyens européens de seconde zone, en violation de la Constitution et de la Déclaration universelle des droits de
l'homme.
Madame, nous tenons à vous suggérer, pour plus d'efficacité d'élimination de la "vermine" l'emploi du gaz Zyklon B, de sinistre mémoire. Votre signature au bas de cet arrêté est surprenant de la part d'une élue "écologiste", il est très étonnant de votre part que la considération d'êtres humains est moins d'importance, que la propreté des caniveaux de la ville de Montreuil.
En tant que Maire, vous êtes, la seule et unique interlocutrice des personnes dormant sur nos trottoirs, et de la mise en danger de jeunes mineurs.
Ce n'est pas en pourchassant et en déplaçant la misère qu'on la fait disparaître !
Nous faisons partager ici un e-mail qu'on vient de recevoir et qui est vraiment inquiétant. Nous vous invitons tous à soutenir cette famille qui risque d'être renvoyée de force en Serbie, où la santé et la sécurité de ses membres seront en danger:
Bonjour,
J’ai ouvert et lu avec attention les informations de votre blog car je fais des recherches automatiques (google) sur les mots : Rrom, Kosovo, Novi Pazar , etc …Ceci dans le but d’être le plus au courant possible de ce qui se passe actuellement ici et là bas.
A mon petit niveau, je protège depuis 2005 une jeune famille Rrom originaire de Novi Pazar, qui comme beaucoup de Rromsa demandé l’asile en France et actuellementen Obligation à Quitter le Territoire Français. Je vous fais partager son sort résumé dans la pétition : http://www.educationsansfrontieres.org/article17856.html
Il me semble que nous ayons les mêmesidées sur les problèmes des Rroms.Alors si vous pouviez signer et par votre réseau faire signer cette pétition, ça me rapprocherait de mon but, prouverà la Préfecture du Rhône qu’on ne peut être insensible quand on sait que le sort d’une petite fille de neuf ans, est tributaire d’une politique aveugle à la matérialité des personnes.
Bien sûr, je suis très attachéeà cette famille, mais pas que.Je me suis rapprochée de RESF69, et je participe à ses actions. Je suis souvent inquiète du peu de signatures que déclenchent la mise en ligne d’une pétition dans le Rhône (de 300 à 400), alors je lance mes bouteilles à la mer…
Depuis le 16 septembre, on en a vu des choses à Montreuil, mais là, Mme. Voynet a fait VRAIMENT fort! Ce vendredi 4 décembre, la police est venue déloger les Rroms du trottoir de la rue Guttenberg, précisément à l'endroit visé par cet arrêté. Pour "nettoyer" et "désinfecter", c'est bien vert tout ça. Tous les Rroms traqués par la ville depuis 18 jours ont occupé ce vendredi soir une maison vide au 83, avenue du président Wilson à Montreuil (métro Croix de Chavaux). Tous les soutiens sont les bienvenus à cet endroit.
Nous venons de découvrir une autre vidéo de l'interpellation de Mme. Voynet au sujet des Rroms expulsés. Elle donne sa parole d'honneur que c'est un particulier qui a demandé l'expulsion du 16 novembre. Croyons-là sur parole d'honneur, même si des riverains attestent sur l'honneur que la mairie avait affiché un avertissement sur le terrain, à l'intention du propriétaire, disant que si celui-ci n'engageait pas de procédure d'expulsion, c'était la mairie qui le ferait. Alors, parole pour parole... il y en a une qui est fausse. Quoi qu'il en soit, ce matin-là, le 25 novembre, ce sont bien des responsables de la mairie qui ont demandé à la police, en notre présence, d'expulser les Rroms du terrain qu'ils avaient occupé la veille rue du Progrès, un terrain appartenant à la ville. Là, on veut bien croire Mme. Voynet, mais pas plus que ce qu'on a vu nous-mêmes!
Dix-septième nuit dehors pour les Rroms expulsés à Montreuil. Les seigneurs verts de la ville campent sur leur position: 300 Rroms dans un "village d'insertion" à Montreuil, ça suffit. Les responsables départementaux des Verts les soutiennent, regrettant que La voix des Rroms "donne l'impression d'essayer de mettre en difficulté l'unique collectivité volontariste dans ce dossier, en produisant un spectacle déroutant aux propres soutiens de la cause qu'elle dit défendre, là même où elle a reçu une des réponses les plus honorables". Alors même que la vision de la direction du parti des Verts dans le 93 semble ignorer la réalité des "villages d'insertion", que nous avons toujours dénoncé, nous tenons à préciser que nous ne cherchons pas à mettre en difficulté qui que ce soit. Que ce soit clair pour vous, lecteurs! Nous cherchons à mettre une dizaine de familles dans des conditions de vie autres que la rue, c'est tout! Du moins c'est notre objectif de l'instant, parce que cette situation intolérable a trop duré. Quant à la ville de Montreuil, elle semble ne pas avoir besoin d'aide pour se mettre en difficulté, comme l'a montré la réunion publique de ce mercredi 2 décembre.
Cette réunion a eu lieu à La Parole Errante, lieu culturel de la ville, créé par Armand Gatti, écrivain, dramaturge et résistant. Des montreuillois ont parlé. Ce n'est pas le discours de la mairie qu'on a entendu de leur bouche. "Ils ont eu le pouvoir parce que les gens en avaient marre de Brard (ancien maire), ils ont fait semblant d'être différents une période, et maintenant ils font pareil. Mais il faut qu'ils comprennent: la ville ne leur appartient pas", - disait un jeune en colère, - "la ville appartient à nous tous".
A quelques centaines de mètres de là, des militants verts du 93 se réunissaient au sujet du sommet de Copenhague sur le changement climatique. Un petit groupe de Rroms s'est rendu devant l'entrée du théâtre où se tenait la réunion et a distribué des tracts aux participants. Ces militants verts étaient sans voix en lisant le tract, relatant l'historique de ces familles depuis le 16 novembre. Certains ont même demandé plusieurs exemplaires pour diffuser à d'autres réunions. C'étaient bien des Verts.
Qui a dit qu'on ne parle pas de corde à la maison d'un pendu?
Un élu de Montreuil parlera dans quelques minutes à Rosny-sous-Bois, ville voisine, de l'accueil des Rroms. Alors que les Rroms expulsés à Montreuil se préparent à passer leur 16ème nuit dehors avec leurs enfants. Si ce n'est pas ça le paroxysme de l'hypocrisie, du cynisme et du culot...
Euh... non, d'autres ont fait plus fort. Dans les camps de la mort, les nazis faisaient jouer de la musique Rroms avant de les mettre dans les crématoires, en disant aux autres internés: "vous voyez comment ils sont heureux les zigueuner?"
La photographe exposante à cet événement, qui n'était pas au courant de l'actualité montreuilloise, s'est rendue à Rosny avec un membre de La voix des Rroms pour participer au débat. L'indisponibilité opposée par les organisateurs à une véritable discussion l'a obligée alors de désinstaller l'exposition sur le champ. Il est dommage de constater que certains refusent de voir la réalité et ne cherchent qu'à se rassurer dans leurs illusions...